A CL AUDE- JULES GRENIER
Ce fond de l'air si pur, si profond et si fin, Cette teinte rosée et lentement pâlie Que l'on ne voit pas même aux couchants d'Italie! Oh! comme cette x\frique et toutes ses beautés, Cher frère, nous auraient ravis et transportés! Hélas 1 tu n'es plus là; je parle en vain dans l'ombre, Et d'une ombre ! La mort, la mort aveugle et sombre, Qui t'a pris sur mon cœur pour te mettre au linceul. Me voile les splendeurs d'un monde où je suis seul.
J!ge
308 RAYONS d'hiver
LES %ÊVES
JL/A nuit, souvent je vois en rêve Les bien-aimés que j'ai perdus :
Ah! c'est vous! et je me soulève Comme un blessé, les bras tendus.
Mais en vain ! leur ombre légère Échappe à mon embrassement ; Tarfois même elle est mensongère; Ce n'est pas eux entièrement.
C'est bien leurs traits; mais il me semble Qu'une autre âme habite la leur :
Ils ne m'aiment plus, et je tremble.
Et ma joie est une douleur.