LES REVES
Mais d'autres fois que de tendresses!
Nous sommes ce que nous étions; Et je retrouve leurs caresses, Et la mort n'a plus d'aiguillons.
Ohl venez, revenez sans trêve!
Si c'est un mensonge, il est doux; Et puisque la vie est un rêve, Que je rêve au moins avec vous !
Loi GTl^'K.'DE ^FF^I%.E
11 1ER soir, nous étions assis sur la terrasse,
D'où le vaste horizon qu'un seul coup d'oeil embrasse
Se déroule d'Alger jusqu'au cap Matifou
Et s'étend sur la mer pour finir Dieu sait où!
Le soleil se couchait derrière la colline
Où le vert Mustapha s'échelonne et s'incline,
Avec ses grands massifs d'arbres et de villas,
Vers la mer aux flots teints de pourpre et de lilas.
L'air était frais et pur; l'invisible rosée
Descendait lentement sur la terre apaisée;
De doux parfums montaient de partout. Je me pri:;
A rêver tristement à tous mes morts chéris;
J'évoquai leur image, et dans l'heure indécise
Il me semblait la voir à mes côtés assise.
LA GRAXDE AFFAIRE 311
Tout à coup, dissipant ma chère illusion, 7un d'entre nous posa tout haut la question : A.U fond, quelle est la grande affaire dans ce monde? A-lIons, et qu'à son tour chacun de nous réponde !
Le premier dit : Le but important ici-bas Et le seul, c'est la gloire et ses nobles combats. — Le second répliqua : La gloire est peu de chose ! L'affaire est de savoir et de chercher la cause Et le pourquoi de tout. — Le troisième à son tour, Dit en haussant l'épaule : Eh ! non pas, c'est l'amour !
Je me taisais. — Et vous, n'avez-vous rien à dire ? Me cria-t-on. Alors, avec un doux sourire, Je leur dis simplement sans honte et sans remords : Pour moi, la grande affaire, est de revoir mes morts !
^[usl^pha.
312 RAYONS DHI VER