‹ uvres de Édouard GrenierChapitre 87 sur 128 · LA TEMPETE · texte numérisé non relu

LA TEMPETE

L^ TE^CTÊTE

1 L pleut; le ciel, la mer, tout est gris, tout se fond. Pourtant on voit encor les montagnes du fond, Sous ce voile de pluie ondulant à la brise. Dessiner le profil de leur ligne indécise; La mer blafarde étend sa nappe d'un ton dur. Où le jaune fangeux a remplacé l'azur ; Les navires du port, agités par la houle, Balancent lourdement leur grand corps noir qui roule ; Bientôt le vent du nord accourt en soulevant Chaque flot qui se creuse en un sillon mouvant : Toute la mer n'est plus qu'une aflreuse mêlée Où la vague se tord furieuse, affolée.

Et, se brisant enfin sur le môle aux murs bruns, Rejaillit en fusée et retombe en embruns.

Soudain tout s'assombrit encor; dans les nuées L'éclair fait tout à coup de rapides trouées, Et le tonnerre, enfin roulant en longs échos, Achève la terreur de ce sombre chaos.

Alger.

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