‹ uvres de Édouard GrenierChapitre 91 sur 128 · LE PIS ALLER · texte numérisé non relu

LE PIS ALLER

Remplissons-la sans la troubler.

L'amitié nous est légitime, Et nous pouvons jouir sans crime De ce sublime pis aller.

320 RAYOXS D HIVER

SOIIIS ^ 'BLI'D^H

0\jK le chemin qui mène à l'Oued-el-Kébir,

Au coucher du soleil souvent j'aime à venir.

Je regarde le ciel, et je pense à ce rêve

Q.u'on appelle la vie et qui pour moi s'achève,

Et dont les flots mouvants sont plus changeants encor

Q.ue ces teintes du ciel et ces nuages d'or.

Je me dis : A quoi bon tant d'espérances vaines,

Tant de larmes de sang, tant d'efforts et de peines?

Pour aboutir à quoi ? Vieillir et rester seul.

Enfin dormir les bras croisés dans un linceul 1

Et puis après ? Toujours ce problème terrible

Où l'homme agite Dieu pour le passer au crible,

Et, s'arrêtant au bord de l'abîme béant,

Recule avec horreur devant le noir néant.

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