‹ uvres de Édouard GrenierChapitre 96 sur 128 · INSAISISSABLE · texte numérisé non relu

INSAISISSABLE

l'H^S^ISISS^ULE

J'ai tenté quelquefois de traduire en mes vers Cette mer si changeante, aux flots toujours divers ; Mais en vain. Car la mer est plus mobile encore Que le nuage errant au ciel qui le colore. Elle est insaisissable ! Et le vol des oiseaux Se suit plutôt des yeux que le miroir des eaux. Que de fois, comme un peintre attentif et sincère. Ai- je voulu fixer cet ondoyant mystère 1 Il m'échappait toujours. Xi le ciel ni le vent Ne m'expliquent pourquoi, sur l'abîme mouvant, Ou voit ces longs sillons où la vague endormie Sur le golfe agité fait comme une accalmie; Ou pourquoi, sous un ciel de l'éther le plus pur, La mer roule assombrie et sans reflet d'azur.

356 RAYONS d'hiver

Obéit-elle donc à des forces secrètes?

Ou ses flots dont notre œil n'aperçoit que les crêtes,

Subissent-ils la loi de courants inconnus?

Des fleuves sous-marins. dans son sein contenus

Surgiraient-ils d'en bas pour troubler sa surface?

O mer! quel est ton rôle ici-bas dans l'espace?

Pourquoi tant t'agiter? qui donc règle ton cours?

O mer! comme tes flots ressemblent à nos jours 1

Alger.

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