‹ uvres de Édouard GrenierChapitre 97 sur 128 · L^ VIE ET L^ V>CE · texte numérisé non relu

L^ VIE ET L^ V>CE

Lu A mer est semblable à la vie :

Chaque jour nous pousse à la mort:

Et l'onde par l'onde suivie Comme nous vient mourir au bord.

La vie à la mer est pareille :

Elle a ses courants et ses flots, Ses jours que la joie ensoleille, ' Et ses tempêtes de sanglots.

Et toutes deux sont un mystère Que les hommes sondent en vain, Un mot qu'épelle encor la terre De l'énigme du plan divin.

338 RAYONS d'hiver

T^iLE oiUTlOXE

-Cntouré de vapeurs, pâle et tout languissant, Le soleil, ce matin, comme un convalescent, Se lève avec lenteur, et la mer sans écume. Plate, se couvre au fond d'un long voile de brume. Des nuages dans l'air montent silencieux. Et d'une molle ouate ont tapissé les cieux. A voir cette mer calme et la lumière pâle Qui tombe de ce ciel couvert, teinté d'opale. On se croirait en Suisse, au bord d'un lac charmant Quand la lune blanchit au loin le flot dormant. Tout est flou, vaporeux, de teinte froide et grise ; Kul bruit ; rien ne s'émeut, ni la mer ni la brise, Et tout sommeille encor dans la ville et le port. Cette aube est presque un soir de nos pays du Nord. Alger.

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