‹ Œuvres de FermatChapitre 118 sur 156 · LETTRE XI · texte numérisé non relu

LETTRE XI

Febmat a Kekklm DiaBY,

De Castres, le 6 juin 1(157.

(KorVIa Correspondance de Fermât, n" 83, t. Il, p. 3^i.)

LETTRE XIL

Fermât a Kesedi Digbï.

De Castres, le i5 août 1657.

( Voir la Correspondance de Fermai, n" 84, t. Il, p. 3^'|2.)

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< P. S. (') >. En relisant ma lettre, j'ai trouve que je devois ajouter un mot sur le sujet de la descente naturelle des graves.

J'ai toujours cru l'opinion de Galilée très probable et très ingénieuse; elle < n'a > point pourtant < de > démonstration, et la nature, qui est mille fois plus subtile que les esprits des hommes, pourroit parvenir à sa fin < par > une infinité de proportions différentes de celle de Galilée et que l'expérience ne pourroit jamais convaincre de fausseté. C'est ce que je me charge de démontrer quand vous voudrez; mais, parce que la voie de Galilée est la plus simple, il est vraisemblable, non démonstratlvement, mais probablement, que la nature suit cette sorte de mouvement.

Cette matière a produit des disputes sans fin entre défunt M. Gassendi et un jésuite nommé le Père Cazré, sur ce que ce dernier soutenoit que les vitesses ou vélocités d'un (-) corps qui descend gardent la proportion des espaces parcourus, contre le sentiment de Galilée, qui soutient que cette proposition est si absurde que, si elle étoit vraie, il s'ensuivroit que le mouvement se feroit en un instant.

Galilée ne se contente pas d'en demeurer là, mais il prétend démontrer que, si cette proposition étoit vraie, le mouvement se feroit en un instant. Le Père Cazré assure que Galilée ne l'a point démontré, et M. Gassendi au contraire que < la >■ démonstration de Galilée est très parfaite, et, sur cette contestation, ces deux grands personnages ont fait de gros volumes, qui lassent la patience des lecteurs.

J'ai tranché tout ce différend en trois ou quatre pages; et premièrement je fais voir que l'opinion du jésuite est fausse, mais que pourtant Galilée n'a point démontré qu'elle produisît comme une conséquence nécessaire ce mouvement instantané, de sorte qu'en cet article le Père Cazré n'a point de tort. Mais enfin, pour les mettre d'accord

(') Ce post-scripium qui no figure pas dans la première édition du Commai-ciwn a oLÉ inséré dans la seconde, avec cette note :

[Sequentem appendieem, cum similibus aliquot. ut qufe rem hic agitaiam non spacta- J)ant, in editione pricna omisimus, sed hîc utcunqae reponîmus, ne videar quicquam subticere vellej.

(') D'un] des W,

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et rendre en même temps office k ces deux grands hommes (Galilée et Gassendi) et donner du secours à la vérité, je démontre, par la voie légitime et selon la manière d'Archimède, que si la proposition du jésuite étoit vraie, le mouvement se feroit en un instant, et qu'ainsi Galilée a eu raison de dire que cette proposition produiroit par conséquence le mouvement instantané, quoiqu'en effet il n'ait pas démontré la vérité de cette conséquence; ce que j'ai fait dans mon écrit, que j'envoyai à feu M. Gassendi pendant. sa vie et dont M. Carcavi (que vous trouverez logé à l'hôtel de Liancourt, rue de Seine, au faubourg Saint-Germain) garda la copie ('•). Si vous avez la curiosité de la voir, je ne doute pas qu'il vous la communique, dès que vous lui ferez voir ma lettre. Mon écrit finissoit par ces mots : Hujus itaqae unicœ demonstralionis benejicio tôt et tanta prœclarorum virorum volumina aut rpfellenliir aut inutilia et superjlua effkientur.

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