‹ Œuvres de FourierChapitre 25 sur 350 · CHAPITRE I. - INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. - INTRODUCTION

Dans le second cas, le thermomètre placé entre le corps échauffe M et le miroir doit acquérir une température plus grande que a. En effet, il reçoit les mêmes rayons que dans la première hypothèse; mais il y a deux différences remarquables : l'une provient de ce que les rayons envoyés par le corps M au miroir et réfléchis sur le thermomètre contiennent plus de chaleur que dans le premier cas. L'autre différence provient des rayons que le corps M envoie directement au thermomètre et qui ont plus de chaleur qu'auparavant. L'une et l'autre cause, et principalement la première, concourent à élever la température du. thermomètre.

Dans le troisième cas, c'est-à-dire lorsque^la température de la masse M est moindre que a, le thermomètre doit prendre aussi une température moindre que a. En effet, il reçoit encore toutes les espèces de rayons que nous avons distinguées pour le premier cas; mais il y en a deux sortes qui contiennent moins de chaleur que dans cette première hypothèse, savoir ceux qui, envoyés par le corps M, sont réfléchis par le miroir sur le thermomètre, et ceux que le même corps M lui envoie directement. Ainsi le thermomètre ne reçoit pas toute la chaleur qui lui est nécessaire pour conserver sa température primitive a. Il envoie plus de chaleur qu'il n'en reçoit. Il faut donc que sa température s'abaisse jusqu'à ce que les rayons qu'il reçoit suffisent pour compenser ceifx qu'il perd. C'est ce dernier effet que l'on a nommé la réflexion du froid et qui, à proprement parler, consiste dans la réflexion d'une chaleur trop faible. Le miroir intercepte une certaine quantité de chaleur et la remplace par une moindre quantité.

Si l'on place dans l'enceinte entretenue à une température constante a un corps M dont la température a' soit moindre que «, la présence de ce corps fera baisser le thermomètre exposé à ses rayons, et l'on doit remarquer qu'en général ces rayons envoyés au thermomètre par la surface du corps M sont de deux espèces, savoir ceux qui sortent de l'intérieur de la masse M, et ceux qui, venant des diverses

parties de l'enceinte, rencontrent la surface M et sont réfléchis sur le tliermomëtre. Ces derniers ont la température commune a; mais ceux qui appartiennent au corps M contiennent moins de chaleur, et ce sont ces rayons qui refroidissent le thermomètre. Si maintenant, en changeant l'état de la surface du corps M, par exemple en détruisant le poli, on diminue la faculté qu'elle a de réfléchir les rayons incidents, le thermomètre s'abaissera encore et prendra une température a" moindre que a\ En effet, toutes les conditions seront les mêmes que dans le cas précédent, si .ce n'est que la masse M envoie une plus grande quantité de ses propres rayons et réfléchit une moindre quantité des rayons qu'elle reçoit de l'enceinte; c'^est-à-dire que ces derniers, qui ont la température commune, sont en partie remplacés par des rayons plus froids. Donc le thermomètre ne reçoit plus autant de chaleur qu'auparavant.

Si, indépendamment de ce changement de la surface du corps M, on place un miroir métallique propre à réfléchir sur le thermomètre les rayons sortis de M, la température prendra une valeur a'" moindre que a'\ En effet, le miroir intercepte au thermomètre une partie des rayons de l'enceinte qui ont tous la température a, et les remplace par trois espèces de rayons, savoir : i^ ceux qui proviennent de l'intérieur même du miroir et qui ont la température commune; 2^ ceux que diverses parties de l'enceinte envoient au miroir avec cette même température et qui sont réfléchis vers le foyer; 3^ ceux qui, venant de l'intérieur du corps M, tombent sur le miroir et sont réfléchis sur le thermomètre. Ces derniers ont une température moindre que a; donc le thermomètre ne reçoit plus autant de chaleur qu'il en recevait avant que l'on plaçât le miroir.

Enfln, si l'on vient à changer aussi l'état de la surface du miroir, et qu'en lui donnant un poli plus parfait on augmente la faculté de réfléchir la chaleur, le thermomètre s'abaissera encore. En effet, toutes les conditions qui avaient lieu dans le cas précédent subsistent. Il arrive seulement que le miroir envoie une moindre quantité de ses propres rayons, et il les remplace par ceux qu'il réfléchit. Or, parmi ces derniers, tous ceux qui sortent de l'intérieur de la masse M ont moins

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