M DU GOUVERNEMENT DU BRANDEBOURG
illimité; le comte de Schwartzenberg, sous George - Guillaume , avait augmenté son autorité au point qu'elle était pareille à celle des maires du palais du temps des rois de France de la première race; mais l'abus énorme qu'il en fit, dégoûta l'électeur Frédéric- Guillaume de tout premier ministre. Nous voyons, par les règlements que ce prince donna, 7 7 qu'il distribua à chacun de ses ministres des départements différents, et qu'il établit dans chaque province deux conseillers, pour régler les affaires qui la concernaient, et en rendre compte.
Frédéric -Guillaume résida à Konigsberg- en -Prusse pendant les premières années de sa régence; et il pourvut le conseil qu'il laissa à Berlin d'amples instructions relatives au temps et aux circonstances où il se trouvait : les troupes recevaient leurs ordres «les plus anciens généraux qui se trouvaient dans la province; et les gouverneurs des places les recevaient immédiatement de sa personne.
A la mort du chancelier Gotze, cette dignité fut supprimée , et le baron de Schwerin devint premier président du conseil.» Les départements se trouvèrent partagés, de sorte que tout ce qui était du ressort des lois se portait au conseil de la justice , qui avait un président à sa tète ; la juridiction des officiers de la cour dépendait du capitaine du château; les finances du prince se trouvaient administrées par la chambre des domaines, qui était partagée en différents départements ; le baron de Meinders et, après lui, le sieur de Jena en eurent la direction générale.
Un consistoire, composé moitié de prêtres, moitié de laïques, gouvernait les affaires ecclésiastiques. Outre ces collèges susmentionnés, la chancellerie des fiefs décidait de toutes les affaires féodales.
77 En i65i.
» Le chancelier de Giïlze mourut le i5 décembre i65o. L'Electeur alors ne jugea pas à propos de le remplacer, parce qu'il voulait lui-même conserver en main tous les papiers, afin de les distribuer à chaque conseiller selon sa compétence. Cependant, pour favoriser la marche des affaires, il nomma, le 18 octobre i65a, Joachim- Frédéric de Blumenthal directeur du conseil privé ; après sa mort, arrivée en 1657, le baron Othon de Schwerin fut créé, le Ho août (9 septembre) i658, premier président du conseil, avec le pas sur le feld - maréchal et sur le grand chambellan.
SOUS LA DYNASTIE DES HOHENZOLLERN. a45
Les choses restèrent à peu près sur le même pied sous le règne de Frédéric P r , 7 8 avec cette différence qu'il se laissa sans cesse gouverner par ses ministres : Danckelman, qui avait été son précepteur, devint maître de l'Etat; après sa disgrâce, le comte de Wartenherg succéda à sa faveur et à son pouvoir; Kameke aurait de même succédé au grand chambellan, si la mort du Roi n'avait mis fin à sa faveur naissante.
Frédéric -Guillaume II 79 changea toute la forme de l'Etat et du gouvernement: il limita le pouvoir des ministres; et de maîtres qu'ils avaient été de son père, ils devinrent ses commis.
Les affaires étrangères furent remises aux sieurs d'Ilgen et de Knyphausen : ces ministres conféraient avec les envoyés, et entretenaient la correspondance avec les ministres prussiens dans les différentes cours de l'Europe ; ils étaient chargés surtout des affairas de l'Empire, des limites de l'Etat et des droits de la maison. Le sieur de Cocceji, ministre d'Etat, eut la direction générale de la justice, et faisait la charge de chancelier : sous lui, le sieur d'Arnim avait le département des appels et de la justice civile de Prusse et de Ravensberg; et le sieur de Katsch fut mis à la tête de la justice criminelle.
Le sieur de Printzen, grand maréchal de la cour, devint président du consistoire supérieur, et fut chargé de l'inspection des universités, des fondations pieuses, des canonicats, et des affaires des juifs.
Les finances étaient, des parties du gouvernement, celle qui avait été le plus négligée : le Roi y fit des arrangements tout nouveaux; il établit le grand directoire en 1724. Ce collège» est divisé en quatre départements, à la tête de chacun desquels est un ministre d'Etat. La Prusse, la Poméranie et la Nouvelle-Marche, avec les postes, formèrent le premier département, qu'eut le sieur
7» Depuis 1688. 79 Depuis 1713.
* L'aperçu donné ici de l'institution du grand directoire, décrétée le 30 décembre 172a dans le pavillon de chasse de Schonebeck, repose en partie sur son organisation primitive, en partie sur la constitution telle qu'elle fut modifiée le 7 septembre 1728, cinq jours après la mort du ministre de Kraut: cet aperçu manque donc à la fois d'exactitude dans les noms, dans l'ensemble , et dans l'enchaînement des faits.