SUR LES LIBELLES
Mimnda; s'il ht mi bien forte et auNi mafigne qu'on la hii demande, Jks konnevra s*aceiimiilevont sur sa tête.
• Tool ce que je vanan d*eut«ndie augmentait en moi Itf eurio^ sîté de coimahre cet origintd, et Peiwie aie prit de Ker eonversa-
tion avec ce despote qui osait juger les grands pendant leur vie comme les Êoryptiens les jugeaient après leur mort. Je croyais reconnaître en lui rospril de ces papes qui excommîmiaient les souverains et mettaient les royaumes en interdit; sur quoi j'avance, et j'aborde ce redoutable censeur. ïl me reçut avec cet air de digmté ou d'impertinence dont les ministres les plus enflés de leur feveiir accueillent ceux qui leuo demandent des gràees; sa fierté, «fui m-hunûliait,. me fit hésiter; cependant je m'encourageai, et lui fis un asses mauvais compliment sur le plaisir 4|ue j'éprouvais à faire sa connaissance; Après quelques propos vagues, je lui demandai s'il était content du métier qu^ilfiiisait. Trà8-fort,>ropai<tit-il; j'ai des correspondances secrètes à- plus «fune cour, et je tiens à quantité de scigaenre qui me- craignent et me recherchent; je me suis &it un' empire pai» mon-industrie, je dwnîne'saflsEtlit, et je règne despotiquement sans puissance. — Mais, monsieur, lui dis-je, votre empire est-il' bien solide, et n'avez -vous pas à craindre ces rcA crs auxquels Télévation est si exposée? — Qu'aurais- je à apprelieiiiJer, repartit-il; on ne saurait me détrôner; je gouverne les esprits, et tant qu'il restera des plunifs 1 1 de ICiicre dans le monde, j'irai mou train. Du fond de mon cabinet je règle les destins de ceux qui oppressent l'univers ; j'ai entre mes mains la réputation de tous ces grands devant qui le peuple se prosterne ; quand il me plait, je les fais sécher de dépit, je leur porte le désespoic an cœur, et je leur enlè^ c le fruit de toutes les faveors dont les combie la fortune* — Ahi m'éeriai'je, quel plaisir inhumain pouvea-vons tkrouver fiiire des malheureux, si tant est que vous en fassîea? Êtes -vous doue né avec les inclinatioos de ces génies malfaisants qui éprouvent une craeUe joie, à ce qu'on dit, en persécutant le genre humain? Aht monsieur, de grâce . . . — Quoi! dit-il-enm'jntenrompant, croyez -vous que je sois à feau rose? Je laisse les scrupules et ces petites délicatesses aux esprits timides; pour moi, je me plais à buiuilier la vanité et 1 arrogance de ceux qui n'ont rien à craindre, à attrister et à dé-