‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 3)Chapitre 43 sur 97 · IX · texte numérisé non relu

IX

m INSTHUCXiON POUR LA OlRKCTiOll

suites consoiiHiK'b dan» relie prufessiun : un hoiiiine du monde se contenlc d'avoir des idées justes de celte science, sans l'approfondii eiilièrciiient. 11 se boiiiera ilom U donner à ses élèves une idée du di'uil du eiloyen, du diuil d un ]icuple et du nionanjuc, et de ce qu'on appelle le droit public; toutefois il avertira la jeunesse que ce droit public, manquant de puisrauee corrective pour le faii-e observer, n'est qu^un vain Sànt&tM qu6 les souverains étalent dans les faciums et dans les manifestes, lors même qu'ils le violent 11 finira ses leçons par retplicalion du eode Frédéric, « qui, étant la eompiiatiou des lois du pays, doit être connu de chaque citoyen.

m LA POUCE US lKHIEUllb ï)ïù L'ACADEMIK.

Trois et trois élèves ont un gouverneur; Je gouvci-neur couche près d'eux; il doit avoir soin de les accoutumer à la propreté , à la /ivilité et aux manières convenables à des gens de condition. U doit les reprendre des grossièretés, des mauvais propos, des manières basses et triviales, de la paresse, etc. Un des cinq gouverneurs doit assister régulièrement aux classes , pour avoir attention à ce que les jeunes gens fassent leur devoir, et pi-élMl rattcnlion rc(]uise aux leçons qu'on leur donne.

Les classes Unies, ils oui (juelque ehusc à icpéler, ou quelque coiu[>usiiiau a faii'e, ou bien à appicndie par eu'ur, il faut ijue le gouverneur y soil présent, pour que le lenips soit bien employé ^ et quii ne se consume pas en distraction ou à des lialivernes; les heures des classes seront partagées selon la coutume de louu» les écoles. En été, tout le monde sera levé à six keures, les classes commenceront à sept; en hivei*, on se lèvera à sept, et les classes commenceront à huit heures; à midi les élèves et les gouverneurs dînent ensemble; à une heure H faut que tout le monde soit levé de table. On soupe à huit en été, et à neuf * Voyes l. IV, p. »,

Digitizcû by GoO

DE L'XCADÉmE D£S JNÛBL£S A fiËRUN. S3

heures U &at t^ue tout le monde soit couché; en hiver à dix

heures. «

II n'\ cULi a que tiuis Jieui'cs par semaine de catéchisme et deux heures [loiu je j)j (" Ue; un sermon sufBt le diiuaiidie. L aprcsmidi du ineiciedl et du «Jiin.ifulic sont jours de récréation; la jeunesse ue sortira jauiaii» de la maison que sous la conduite d'un ou deux gouverneurs; si quelque proche parent veut voir un des élèves, uq des gouverneurs raccompagnera auprès du parent, et le ramèoera dans la maison. L'été, les jeunes gens pourront jouer à la paume ou au haILm, et se promener; Thiver, ils peuvent s'amuser dans une des grandes salles de l'académie, à^ouer aux proverbes ou à badiner. Les gouverneurs leur passeront les tours d'espiègle et de gaieté ; ils ne seront sévères que sur ce qiU regarde le cœur, des méchancetés, des emportementfi, des caprices, la paresse surtout, la fainéantise et des défauts pareils, tjui perdraient la jeunesse; niais ils se garderont bien de supprimer la gaieté, les saillies, et tout ce (jni j»eut annoncer du génie. Pour les exercices, les élèves auront un maître de danse qui leur donnera trois leçons par semaine, et on les mènera deux fois par semaine à Tacadcmie de Zehentner,!» pour apprendre à monter à cheval.

Si les jeunes gens commettent des fautes, on les punira : s'ils savent mal leurs leçons, par un bonnet d'âne que portera le coupable; si c'est paresse, on le iera jeûner le même jour au pain et à l'eau; si c'est méchanceté ou malice, on le mettra en prison à jeun, et on Tobligera d'apprendre une tâche par cœur; après quoi il sera dûment gourmande, ne sera que le dernier servi à table, n'osera point mettre d'épée en se promenant en ville, et sera obligé de demander pardon en public à celui <ju'il a offensé; s'il a été têtu, il ne p(jitera qu'un fourreau, jusqu'à ce qu'il se repente. Mais il est défendu, sous peine de prison, aux gouverneurs de frapper leui's élèves r ce sont des gens de condition, auxquels U faut inspirer de la noblesse d'âme; on doit leur infliger des punitions qui excitent l'ambition, et non pas qui les avilissent

» Dan-, le texte «îonnc par Thicbaull, 1. c. , p. iS5, ce dernier article porte : •Ou soupe a sept heures en hiver et à luiit heures en clé; et à acuf heures en hiver et à dix heures en été , xi laut que tuul le monde dorme. •

I» C*4lûl un éenycr UMS catîmé.

H VU. liNSXRliCXlOl^ POUR L'ACAi)£Ml£ DES NOBL£S.

Les professeors et les gouverneurs n*ont point de juridiction

les uns sur les autres. Si un professeur est mécontent d'un élève, il le dénonce au gouverneur, (|ui le jMiiiit selon qu il a été prescrit ci -dessus. S il au r ait cependant qu'un professeur el un L'ouverneui' eussent tjueique démêlé, ils s'en plaindront an f tu f , i qui videra leur différend selon l'équité, et qui fera toutes les seruauies une fois la visite de la maison, en commençant par les classes et les gouverneurs, jusqu'à l'économique, l> pour examiner si chacun fait son devoir, et si l'Instruction du Roi est exactement suivie. Il exhortera ceux qui se relâchent, et après la seconde admonition, il dénoncera les prévaricateurs au Roi.

Sa Blajesté recommande surtout aux gouverneurs d'avoir euxmêmes de la sagesse et une bonne conduite, parce que Fexemple prêche mieux que les instructions, et qu*il serait honteux que des gens qui doivent présider à l'éducation de la jeunesse se trouvassent plus réprébensibles que leurs élèves.

£n général, les principes sur lesquels cette académie est fondée seront d une utilité évidente par les sujets utiles à l'État qui pourront s'y l'ornier, pourvu que cette Instruction soit observée rigidement en tous les points; mais si le rehîchement, la négligence, l'inattenlinn des maîtres et des gouverneurs Taltèrent, alors le grand but sera manqué Mais Sa Majesté espère que professeurs et gouverneurs se feront tous un point dhonneur de coopérer à ses salutaires intentions, en mettant toute leur appli* cation à former cette jeunesse, tant pour les bonnes mœurs que pour les connaissances, d*une manière qui fasse également hon» neur à l'institution, aux maîtres et aux élèves.

• Le fénéral de Buddenbroek. Voje» t VI. p. 99.

^ Le texte donné par Thiébault, p. iSy, porte : *Ka commençanl^par let oUwet ci lté chembres, el co «'occupaat cnauite de le partie économiqae. •

vin.

ESSAI

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