‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 3)Chapitre 67 sur 97 · XIU. DISCOURS DE L'UTILITÉ · texte numérisé non relu

XIU. DISCOURS DE L'UTILITÉ

diamps. Les caimuttasaea physiques bien oonstatées par Texpérieoee eontribuent k perfeetÎDiiiier la eultiire des terne et surtout

* Je jardinage. La botanique, qui s applique à Fétude des sim{>les, et la chimie, qui sait en extraiits les suc» spiritueux, servent au iiidifjs à i'ortifier notre espérance durant nos maux, si mt ii^e leur propriété n'a pas la vertu de nous guérir. L'anatomie g^uide et dirige Ja main du chirurgien dans ces opérations douloureuses, mais nécp<;^;nres, qui sauvent une pailie de notre existence aux dépens de la partie endoninia^e. La mécanique sert à tout: faut-il soulever ou transporter un fardeau» e'est elle qui le meut; faut- il cMuser dans les entrailles de la terre pour en tirer des métaux, e*est elle qui, par des machines ingénieuses, dessèche les carrières et délivre le mineur de la surabondance des eaux qui le feraient périr ou cesser son travail; faut -il eonstruim des moulins pour nous broyer Talîment le pins connu et le plus nécessaire, c est la mécanique qui les perfectionne; c est elle qui soulage les ouvriers en rectifiant les diverses espèces de métiers sur les(|uels iN tr.T\ ,ii!l(»nt. Tout ee qui est machine est de son ressort; et combien n en faut- il })as on tous les genres! L'art de construire un vaisseau est peut-être un des plus grands efïbrts de fimagination ; mais que de connaissances ne faut- il pas que le pilote possède pour diriger ce bâtiment et braver les flots en dépit des vents! Il faut qu'il ait étudié fastronomle, qu'il ait de bonnes cartes marines, une notion exacte de la géographie, de rhabîleté dans le calcul, pour connaître Pétendue quil a parcourue et le lieu ou il se trouve, en quoi il sera secouru à l'avenir par des pendules cfu*on vient récemment de perfectionna en Angleterre. Les arts et les sciences se tiennent par la main , nous leur devons tout, ce sont les ijieiiraiteui's du genre humain Le citoyen des grandes villes en jouit, sans que sa rnollesse orgueilleuse sache ce qu'il en coûte de veille.^ cf de travaux pour fournir à ses besoins et ccwtenter ses goûts souvent bizarres.

La guore, quelquefois nécessaire, et souvent entreprise trop légèrement, que n'exige -t- die pas de connaissances! La seule découverte de la poudre en a tellement changé la méthode, que les plus grands héros de l'antiquité, sHIs pouvaient revenir au monde, seraient obligés de se mettre au fait de nos découvertes,

DES SCi£iNCËS ET DES ARTS DANS UN ÉTAT. 17S

poiir conserver la réputation qu*iU ont n justement aoqaise. 11 faut, dans ces temps modernes, qu'un guerrier étudie la geomé* trie, la fortifiealion, Thydraulique, laméeanique, pour construire des forts, ibrmer des inondations artificielles, connaître la Ibroe

de la pondit', calculer le jet des bombes, savoir dii%ei- Teftet des mines, lacililer le transport des machines de g^uen-e. 11 faut (ju'il sache à fond la castramétatioii et la tactique, la mécanique de l'exercice, (juil ait uuc coiinaissance exacte des terrains et de la géographie, et que ses projets de campagne soient semblables à une démonstration géométrique, quoiqu'il soit borné à Tart con» jeetural. 11 doit avoir la mémoire ren^lie de Thistoii-e de toutes les guerres préeédenies* pour que son imagination ait la liberté dy puiser eomme dans une source féconde.

Mais ke généraux ne sont pas les seuls obligés de recourir aux ardnves des temps passés; le magistrat, le jurisconsulte, ne sau<raient s'acquitter de leurs devoirs, slls n*ont bien approfondi cette partie de l'histoire qui concerne la législation. Il faut non seulement «puis aient étudié l'esprit des lois du pa\ s qu'ils habitent, mai:» qu'ils sachent encore celles des autres peuples, et à quelles occasions elles ont l'ié promulguées ou abolies.

Ceux même qui se trouvent à la tête des nations, et ceux <pn" administrent sous eux les gouvernements t ne sauraient se passer* d'étudier l'histoire : « c'est leur Jbréviairc, c'est un tableau qui leur représente les plus fines nuances des caractères et les actions des hommes puissants, leurs vertus, leun vices, leurs succès, leurs malheurs, leurs ressources. Dans Thistoire de leur patrie, qui doit attirer leur attention principale, ib trouvent lorigine des institutions bonnes ou mauvaises, et une chaîne d'événements liés les uns aux autres, qui les cooduit jusqu'au temps présent; ils y trouvent les causes qui ont uni les peuples et les causes qui ont rompu ces liens, des exemples à suivre, des exemples à éviter. Mais quel objet de méditation pour un prince, que de pas:>er en revue cette multitude de souverains (pie l'histoire lui présente! 11 s'en trouve nécessairement, dans ce nombre, de son caractère ou dont les actions ont quelque rapport aux siennes; et, dans ie juigenient que la postérité en a poité, il voit, comme dans un

• Vi»j>w t. VUI, p. ^â^fUinit, p. 3; it4o*

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