DES SCIENCES ET DES ARTS DANS UN ÉTAT
dans des villes immenses que dans des hameaux, il arrive de même que la contagion du vice fait plus de progrès dans les cit^s, qui fourmillent de peuple, que dans les campagnes, oiilestra-*
vaux journaliei's et une vie plus retirée conservent la simplicité des nioeuis dmis leur juirett'.
Il sVst ti()u\ (' (le t"au\ jinliti(}uc»s , ressencs flans leurs petites idées. (|ui, >aiis approloiulit la matière, ont ciii il était plus iat ile (le. gouverner un peuple Ji;iioraiil cl stupidc (lu une nation éclairée. C est vraiment puissanunent raisonner, tandis que Texpérience prouve que plus le peu|)le est abruti, plus il est capri* cieux et obstiné, et la dilBculté est bien plus grande de vaincfe son opiniâtreté que de persuader des choses justes à un peuple assex policé pour entendre raison. Le beau pays que eeluî où les talents demeureraient éternellement étou£fés, et où il n*y aurait qu*un seul homme moins borné que les autres! Un tel État, peuplé d'ignorants, ressemblerait au paradis perdu de la G^ëse, qui n*était habité «pie par des bétes.
Qnoiqu*il ne soit pas nécessaire de prouver à cet illustre auditoire et dans cette académie que les arts et les sciences procurent autant d ulililc (|u ils donnerit d ét lat aux peuples qui les possèdent, il ne sera jicuL-étre pas inutile tien convaincic un genre de personnes inoniis éclaîrces, pour les prémufiir contre les impresiiious que de vils .so|)hisles pourj aient faire sin- leur esprit. Qu'ils comparent un sauvage- du (Canada avec quelque citoyen d*un pays policé de l'Europe, et tout l'avantage sera en faveur de ce dernier. Conunent pcut>on préférer la nature grossière à la nature perfectionnée, le m tnfjnf de moyens de subsister à une vie aisée, la grossièreté à la politesse, la sûreté des possessions dont on jouit à Tabri des lois au droit du plus fort et au brlgan^ dage, qui anéantit les fortunes et Tétat des familles?
La société, formant un corps de peuple, ne saurait se passer ni des arts ni des sciences. C*est par le nivellement et fhydraulique que les contrées situées le long des fleuves se mettent à couvert des débordements et des inondations; sans ces arts, des terrains féconds se changeraient en marai^s malsains, et priveraient nombre de familles de leur subsislance. Les terrains plus élevés ne sauraient se passai' d'arpenlcuis pour mesurer et partager les