DU GOUV£RN£M£NT PRUSSIEN
COMBliNiyâOJN DU TOTAL DU GOUVERJ«&MEJNT.
Comme le pays est pauvre, et qu il n'a guère de ressources, c'est une « hose nécessaire que le souverain ait toujours im trésor biea mimi, pour soutenir au moins quelques campagnes. Les seules ressources qu'il peut trouver dans le besoin consistent dans un emprunt de cinq millions de la Landschaft , et à peu près quatre millions qu'il pourra tirer du erédit de la banque; mais voOà tout n a à la vérité en temps de paix dnq millions sept cent mille dont il peut disposer; mais la plupart de cet argent doit, ou entrer dans le trésor, ou être employé à des usages publics, comme forteresses, améliorations, manufactures, ca* naux, défrichements, forteresses, bâtisses de TÎlIes dont on fait en pierre les maisons qui sont en bois, le tout pour rejidrela constitution de l'Etat plus solide. Ces raisons que je vît us d'alléguer exigent que le souverain de ce pays soit économe et hoimne qui tienne le plus grand ordre dans ses affaires, line raison aussi valable que la première s'y joint encore : c'est que s'il donne rexemple de la profusion, ses sujets, qui sont pauvres, veulent rimiter, et se ruinent. U faut surtout, pour le soutien des moeurs, que les distinctions soient uniquement pour le mérite et non pas pour les richesses; ce principe mal observé en France a perdu les mœurs de la nation, qui autrefois ne connaissait que le chemin de rhonneur pour parvenir à la gloire, et qui croit à présent qu*li suffit d*être riche pour être honoré. Comme les guerres sont un gouffre oii les hommes s'abîment, il faut avoir l'œil à ce que le pays se peuple autant que possible, J uù il résulte encore un autre bien, c'est que les campagnes en sont mieux cultivées et les possesseurs mieux à leur aise. Je ne crois point que dans ce pays on doive jamais se laisser persuader de former une marine militaire. £n voici les raisons. H y a en Europe de grandes marines, savoir-: celle d'Angleterre, celle de France, d*£spagne, duDanemaricet de la Russie. Jamais nous ne pourrons les égaler; ainsi, avec quelques vaisseaux, demeurant toujours inférieurs à d*autres nations, la dépense serait inutile. Ajoutez que, pour tenir une flotte, l'argent qu'elle coûterait nous obligerait de réfonner des