‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 3)Chapitre 78 sur 97 · XIV. EXPOSÉ · texte numérisé non relu

XIV. EXPOSÉ

troupes de terre; que le pays n'est pas assez peuplé pour fouroir des recrues à l'armée et des matelots pour les vaisseaux, et enfin, que les batailles de mer sont rarement décisives; d'oii je conclus . qu'il vaut mieux avoir la prèmière armée de TEuropc que la plus mauvaise flotte des puissances uiaritiuies.

ï,a ])oliliqu«- doit porter ses vues atissi loin qu'elle peut dans l'aNeiiir, et jus^er des « (»njoucUiit'.s de 1 Europe, soil poiu- lonuer des allijiiices, soh pour contrecarrer les projets de ses ruaeniis. Il i\v laiit. [las croire qu'elle |»»'iit anicrici' les cyrriornenls; mais quaiid ils se prcsentcul, elle doit les saisir pour en profiter. Voilà pourquoi les linances doivent être eu ordre. C'est par cette raison que de l'argent doit être en réserve, pour que le E^nnvernenient soit prêt d'agir sitôt que les raisons politiques lui en indiquent le moment La guerre même doit être conduite sur les principes de la politique, pour porter les coups les plus sanglants à ses ennemis. C'était sur ces principes qu'agissait le prince Eugène, qui a rendu son nom immortel par la marche et la bataille de Turin, par ceUes de Uâchstftdt et de Bdgrad. Les grands projets de campagne ne réussissent pas tous; mais quand ils sont vastes, il en résulte toujours plus d'avanlaçes (]!ie par ces petits projets où Ton se boiiio à la prise d'une hiodtjuc sur les Irotilii'rcs. \ oilà comme le comte de Saxe ne doiuia la hataillc (h; Koioiix que pour j»r)ii\iiii exécuter lliivcr d'après sou desscia soi' Bruxelles, qui lui réussit.

11 est évident, par tout ce que je viens de dire, que la politique, le nnlitaire et les linances sont des branches si étroitement liées ensemble, qu'elles ne sauraient être séparées. 11 faut les mener de front, et de leur combinaison, assujettie aux règles de la bonne politique, résultent les plus grands avantages pour les États. £n France, il y a un roi qui dirige chaque branche à part. C'est le ministre qui préside, soit aux finances, soit à la guerre, soit aux affaires étrangères. Mab le point de ralliement manque, et ces branches, n'étant pas réunies, divergent, et les ministres ne sont chacun occupés que* des détails de leur département, sans que pei-soniic réunisse à un but fixe l ubjel de leurs travaux. Si pareille chose arrivait dans cet Etat, il serait perdu, parce (pie

• b« mot que e»t omis dans l'Autograpiie.

DU GOUV£RiN£M£J\T PRUSSIEN. 191

les grandes monarchies vont malgré les abus, et se sontiennent par leur poids et lem* force intrinsèquo, et que les {petits Etats

sont vite écrasés, si tout eu eux n'est force, nerf et vigueur.

Voiià quelques réflexions et mes idées sur le gouvernement de re pays, qui, taiiL (jml ir.uiia pas pris nue plus jurande consi^l aucf vl de meilleures Ironlières, tloil vive couNeriié par des princes qui soient toujours en vedette, les (ueilles dressées, pour veiller sur leurs voisins, et prêts à se dcicudi*e d'un jour à l'autre contre les projets pernicieux de leurs ennemis.

(Signé) FeDEBIC.

ESSAI

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