‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 4)Chapitre 19 sur 104 · ÉPITRE A VOLTAIRE · texte numérisé non relu

ÉPITRE A VOLTAIRE

De Chaulieu l'épicurien

Je n'eus point en don le génie ;

Mais la goutte qui me retient

Sur mon grabat à l'agonie

Vient par sa généalogie

De la même dont fut atteint

Cet aimable Sybaritain.

Je vois que par détail il faut quitter la vie Ou plus tôt ou plus tard; les ressorts sont usés : L'un ne digère plus, l'autre a les yeux blessés; De sourds et de perclus la gente moribonde Transportent en ballots par bonne occasion

Leur gros bagage en l'autre monde,

Jusqu'à la dissolution Qui rassemble le tout dans le séjour immonde. Pour moi, je sens déjà crouler le bâtiment, Mes pieds estropiés perdent leur mouvement; Couvert de mes débris, je me fais une fête Que de maux conjurés l'implacable tempête

Par hasard jusqu'en ce moment

Ait encore épargné ma tête.

■ IHIWIlUn

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