‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 4)Chapitre 36 sur 104 · A LA REINE DOUAIRIERE DE SUEDE · texte numérisé non relu

A LA REINE DOUAIRIERE DE SUEDE

Vjuoi donc, ô tendre sœur! l'amour de vos parents Vous a fait affronter Neptune et les autans?

Les abîmes ouverts d'une mer orageuse N'ont point épouvanté cette âme courageuse Qui, vous faisant quitter le trône et vos Etats, En comblant tous nos vœux vous remet en nos bras?

C'est en vain que le temps, l'éloignement, l'absence, Ont sourdement miné votre austère constance ; Six lustres révolus n'ont donc pu réussir A nous ôter, ma sœur, de votre souvenir.

Des droits sacrés du sang l'inviolable empreinte De nœuds jadis formés resserre encor l'étreinte : Qu'un aussi grand exemple éclaire les mortels!

Assez et trop longtemps auprès de ses autels L'Amitié languissait isolée en son temple ; Dans nos jours dégradés il n'était point d'exemple Que deux cœurs généreux, vrais et constants amis, Sans un vil intérêt fussent toujours unis.

Le temple était désert, il menaçait ruine, Quand pour le réparer paraît une héroïne.

» La reine de Sucdc, veuve du roi Adolphe • Frédéric depuis le ta février 1771, arriva à Berlin le 3 décembre de la même année. Voyer L IX f p. xvi et i8u, et U X , p. 1 4-3-

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