‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 4)Chapitre 35 sur 104 · AU COMTE HODITZ · texte numérisé non relu

AU COMTE HODITZ

Toutes, comme Venus, ctPallas, etJuaon,

S'attendaient au mouchoir ; chacune avait raison.

Le plus sage des rois en entretenait mille,

S'il pouvait y suffire, il était plus qu'habile;

Mais mon comte, après tout, peut bien être aujourd'hui,

Sans qu'il soit Salomon, plus Hercule que lui.

Comment pourrai -je enfin tout conter, tout décrire? Les mots me manqueraient pour peindre et vous redire Les plaisirs différents qu'on savoure en ces lieux; Vous n'en approchez pas, tristes plaisirs des cieux.

C'est ainsi qu'au-dessus des pompeuses chimères Qui flattent les mortels de destins plus prospères, Vous vous êtes choisi le plus fortuné sort, Et libre de soucis, tranquille au sein du port, O comte! vous savez jouir, penser, produire; Aussi des voluptés l'ingénieux délire Partout sème de fleurs les traces de vos pas.

C'est dans ce choix surtout qu'on distingue ici -bas Le jugement du fou du jugement du sage.

Dans les jours fugitifs d'un court pèlerinage, L'un, s'accablant de soins, de peines, d'embarras, Est, toujours projetant, surpris par le trépas; L'autre voit des objets le néant, la folie, Profite des plaisirs et jouit de la vie.

C'est votre lot, cher comte, il faut vous y tenir : Le plaisir est le dieu qui vous fait rajeunir. Puissiez -vous en santé, dans le sein de la joie, Passer cncor longtemps des jours filés de soie !

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