‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 4)Chapitre 5 sur 104 · FRÉDÉRIC ET GUILLAUME DE BRUNSWIC · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC ET GUILLAUME DE BRUNSWIC

Abreuvez -vous, jeunes héros;

Mais gardez -vous de son ivresse.

On ne sent pas , dans la chaleur.

Dans le transport, dans le délire

Des passions que l'on respire ,

Jusqu'où peut aller leur fureur.

Croyez -en mon expérience,

Associez la tempérance

Aux goûts de ces plaisirs charmants;

Vous êtes dans votre printemps,

Et le conseil de la prudence Est de vous ménager pour en jouir longtemps.

Les destins ont borné les facultés de l'homme ;

Le prudent seul, bon économe,

En garde encor pour ses vieux ans.

Ce n'était pas ainsi que, d'une voix tremblante,

J'exerçais ma muse naissante A chanter, jeune encor, les succès de l'amour;

Le temps, de sa main malfaisante,

D'une voix naguère brillante

Eteint le charme sans retour.

Adieu gaîté, plaisir, et santé florissante;

Le sort inexorable et sourd

S'obstine à vouloir dès ce jour

Que la raison, cette pédante,

Sur mon esprit règne à son tour. Vous voyez maintenant quelle est la différence De l'hiver de nos ans et de l'adolescence ; L'une jouit de tout, l'autre n'use de rien.

Selon le sentiment d'un fameux moraliste, Le jeune est un fou gai, le vieillard, un fou triste;

Cependant le leibnizicn, Dans l'école, à grands cris obstinément persiste

A soutenir que tout est bien.

A Polsdam , le 20 de lévrier 1 ;

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