I. (b) ODE A MON FRÈRE HENRI
Non, non, de ces erreurs écartons les chimères. Rome , de tes guerriers les vertus étrangères
Ont illustré nos camps; Nos triomphes, témoins de cent faits héroïques, Transmettent de nos chefs aux fastes historiques
La gloire et les talents.
Vous, que notre jeunesse avec plaisir contemple, De leurs futurs exploits le modèle et l'exemple,
L'ornement et l'appui, Soutenez cet État, dont la gloire passée, Mon frère, sur le point de se voir éclipsée,
Chancelle aujourd'hui.
Ainsi les temps féconds qui jamais ne s'épuisent Fourniront des appuis, tant que les astres luisent,
O Prusse! à ta grandeur; Ainsi ma muse annonce en ses heureux présages Du bonheur de l'État jusqu'à la fin des âges
La durable splendeur.
Que le sein déchiré des serpents de l'envie, Arrachant nos lauriers, l'affreuse Calomnie
Frémisse de fureur; Qu'elle lance sur nous de ses armes fatales Des traits empoisonnés aux ondes infernales
Pour blesser notre honneur :
Qu'importe? aucun mortel ne fut invulnérable; Mais il trouve un vengeur dans l'arrêt équitable
De la postérité.
Une âme magnanime, amante de la gloire, Malgré ses envieux fait passer sa mémoire
A l'immortalité.
i44 APPENDICE. I. (b) ODE A MON FRÈRE HENRI.
Cest ainsi que ma muse au pied d'un vieux trophée A pu ressusciter de la lyre d'Orphée
Les magiques accords; Que par des sons hardis ma trompette guerrière Des Prussiens aux combats d'une illustre carrière
Secondait les transports.
Et dans rhorreur des camps, aux rives de la Saale, Tandis qu'à ses fureurs la Discorde infernale
Livrait tout l'univers , Que des antres du Nord les neiges pacifiques S'apprêtaient à voiler tant d'images tragiques,
Phébus dieu ces vers.
Ce 6 d'octobre 1767.
Federic.