‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 5)Chapitre 13 sur 81 · XXVI. j · texte numérisé non relu

XXVI. j

Glascrsdorf, a8 décembre ijfio.

Madame,

Nous sommes arrivés ici tous en bonne santé et très -bien portants. Nous entrerons le ier de janvier à Breslau, et je compte d'achever dans peu ma carrière. Tout se porte bien, et si les choses continuent sur ce pied, comme j ai tout lieu de le croire et de l'espérer, nous pourrons finir la campagne glorieusement.

Adieu; j'espère de vous retrouver en bonne santé, en vous priant de ne me point oublier.

Près d'Ottmachau, 12 janvier 1741.

Madame,

Si je ne vous ai pas écrit dès longtemps, c'est faute d'avoir eu quelque moment pour moi. Nous avons pris prisonniers aujourd'hui cinq compagnies de grenadiers des Impériaux, et demain nous dirigeons nos marches vers Neisse. Si vous écrivez à votre frère Antoine , a je vous prie de le caresser afin de l'avoir pour nous, ce qui est un grand article.

Dieu vous donne santé et prospérité! J'espère de vous revoir bientôt en bonne santé, et de vous réitérer les assurances de la parfaite tendresse avec laquelle je suis, etc.

« Voycx t. XVI, p. 371.

a8. A LA MÊME.

Ottmacliau, ai janvier 1 74 1 •

Madame,

Vous me faites grand plaisir de me marquer la façon dont vous avez écrit au duc Antoine. Je commence effectivement à me ressentir de son amitié, et je ne doute point que les choses n'aillent le mieux du monde, si vous voulez bien vous donner la peine de cultiver ses bonnes dispositions. Nos affaires vont très -bien ici; j'ai fini la campagne, et à présent il ne s'agit que des quartiers d'hiver. Je serai le 5 ou le G février à Berlin, où j'aurai le plaisir de vous embrasser, vous assurant que je suis tout à vous.

Camp de Mollwitz, ai nvrii 1741.

Madame,

J'ai été bien sensible aux marques d'amitié que vous me donnez; je ne m'en rendrai pas indigne, et vous ne me trouverez jamais ingrat.

Le ciel nous a favorisés jusqu'à présent; je souhaite de tout mon cœur que la fortune ne nous abandonne pas. Je suis avec bien de l'estime, etc.

3o. A LA MÊME.

0" novembre 1741)

Madame ,

J'ai la satisfaction de vous marquer que Neissc est pris. Je suis avec bien de l'estime, clc.

3i. A LA MÊME.

Chrudim, ai avril 1742.

Madame,

Je vous suis bien obligé de l'avis que vous me donnez, et de la lettre que vous m'envoyez de l'officier hussard; je m'en servirai, en cas de besoin , pour découvrir la noirceur de la cour de Vienne , pour laquelle tous les moyens sont licites, pourvu qu'ils les conduisent à leur but. Us ont brûlé leur propre pays en Moravie, rompu frauduleusement leur paix avec les Turcs , répandu des calomnies et des mensonges en toute l'Europe; il ne leur manquait que des assassinats pour couronner l'œuvre. Je vous prie cependant de n'en point faire de bruit, et de tenir la chose cachée jusqu'à ce qu'il soit à propos que je la fasse éclater. Je suis avec bien de l'estime, etc.

3a. A LA MÊME.

Champ «le bataille «le CbotusiU .

17 mai 1 74'-»-

Madamk,

Dieu merci, nous nous portons tous à merveille, et nous avons battu les Autrichiens comme il faut. C'est une action plus grande et plus complète que celle de Mollwitz, et nous y avons acquis une gloire immortelle pour nos troupes.

Nous avons eu peu de pertes, et l'ennemi beaucoup.

Adieu; je suis avec bien de l'estime, etc.

Camp de Brzexy, a5 mai 174a.

Madame ,

Il faut vous aimer lorsqu'on vous connaît, et la bonté de votre cœur mérite qu'on l'estime. Je vous suis infiniment obligé des soins que vous prenez pour approfondir la vérité de la nouvelle que Ton vous a débitée. Vous pouvez être hors d'inquiétude, madame, d'autant plus que les Autrichiens sont si battus et si découragés, qu'assurément ils penseront à toute autre chose qu'à des assassinats et à des conspirations. A Notre campagne est finie, et je crois que je pourrai peut-être au mois de juillet être de retour ù Berlin; je ne saurais le dire positivement , mais il y a grande apparence que ce coup décisif achèvera la maison d'Autriche.

Faites, je vous prie, mes compliments à mes frères et sœurs, à la belle- sœur, b à la Morrien, Camas et Montbail.

Je suis avec toute l'estime imaginable, etc.

Camp de Kuttenberg, aa juin 174a.

Madame,

J'ai la satisfaction de vous annoncer la conclusion de la paix, ce qui me procurera le plaisir de vous voir le 1 a à Berlin. Je compte d'y arriver le midi , et de dîner chez la Reine , où elle sera.

Tout part ici, et s'en retourne chez soi, ce qui accoutume petit à petit à voir moins de monde que de coutume. Je souhaite

* Voyex la lettre de Jordan à Frédéric, du a6 avril 1741 (t. XVII, p. 100 et 101), où il est déjà parlé d'une conspiration aussi imaginaire que celle don il est question ici.

•» La princesse Louise, sœur de la Reine, et femme du Prince de Prusse depuis le 6 janvier 174a.

de vous trouver eu bomie sauté , vous assurant de l'estime infinie avec laquelle je suis à jamais, etc.

(Août 174a)

Comme vous désirez d'avoir la Camas * dans la place de madame de Katsch, il n'y a rien que j'y oppose. J'ai trouvé simplement à propos de lui donner le titre de comtesse, pour l'amour du monde, qui cependant ne lui coûtera rien, et ne peut lui être à charge.

J'espère de vous revoir le 9, *> et suis avec bien de l'estime, etc.

S'il est arrivé quelque nouvelle infortune à votre frère, « il doit s'en prendre à lui-même, car lorsqu'il a été à Riga, il a intrigué avec les gardes et avec toutes sortes de personnes, ce qui a donné lieu qu'on le resserra de plus près. Comment voulez -vous que je m'intéresse pour lui? Je le puis d'autant moins, que l'Impératrice me soupçonne de vouloir le rétabb'r sur le trône. Je suis

* Madame de Camas devint grande gouvernante de la Reine au mois d'août 174a. et comtesse le 11 du même mois. Voyez t. XI, p. 20, et t. XVIII, p. xn et xiii, n° III, et p. i35— 158.

b Le Roi, revenant d'Aix-la-Chapelle, arriva à Potadam le 11 septembre, et se rendit à Berlin le i5.

« Voyeat. II, p. 55, 56, 99 et 100; t. III, p. ai et suivantes, et p. ig et 3o; t. XVI, p. 371 ; t. XXV, p. 586; et ci-dessus, p. 18 et 19.

toujours du sentiment qu'on le relâchera avec le temps , principalement lorsque la paix avec la Suède sera faite. Peut-on trouver étrange que l'Impératrice prenne des sûretés pour sa personne? Si le prince Antoine revenait sur l'eau, ne ferait -il pas enfermer la princesse Elisabeth? Eh bien, pour ne point être enfermée, elle enferme l'autre. Je trouve ce procédé tout simple.

(Camp de Soor) i octobre O74Ô).

Madame,

Vous saurez apparemment ce qui s'est passé avant -hier.» Je plains les morts, et les regrette; mes frères et Ferdinand se portent fort bien. On dit le prince Louis blessé, b Je suis avec bien de l'estime, etc.0

* Le prince Albert de Brunswic, frère de la Reine, né en 17*5, fut tue à la bataille de Soor. A cette occasion, Frédéric écrivit à son trésorier privé Fredersdorf, le a octobre 1745 : *Der gtrte brave Wedeïï ist todt; Albert auch, Ut nichl vicl verloren. ■

*> Le prince Louis- Ernest de Brunswic, autre frère de la Reine, naquit en 1718, et entra, en 1737, dans l'armée impériale. En 1740, il devint généralmajor, et en 1743 feld - leugmestre général. Il était feld- maréchal impérial à l'époque de sa mort, arrivée le ta mai 1788. Il servit aussi la république des Pays-Bas. A la bataille de Soor, son frère, le célèbre prince Ferdinand (U IV, p. i56) , le chassa d'une hauteur qu'il devait défendre. Voyei t. III, p. 1 38.

c C'est au sujet de cette lettre glaciale de Frédéric que la Reine écrivait à ton frère Ferdinand, le 5 octobre 1745 : * Je suis accoutumée à ses manières, •mais cela ne laisse pourtant pas que j'y sois sensible, surtout dans une occasion pareille, où un de mes frères a terminé sa vie dans son service; c'est trop •cruel d'avoir ses manières.»

Camp de Trautenau , 9 octobre 1 74^-

Madame,

J'ai déplore la mort de votre frère le prince Albert; mais il est mort en brave homme, quoiqu'il se soit fait tuer de gaité de cœur et sans nécessité. Il y a déjà du temps que j'ai averti le Duc de ce qui ne pouvait manquer d'arriver; je l'ai dit souvent au défunt, mais il ne suivait que sa tète, et je m'étonne qu'il n'ait pas été tué il y a longtemps.

Le prince Ferdinand a une contusion au genou, mais il sort, et se porte bien. Je vous plains, madame, du chagrin qu'il est naturel que vous sentiez de la mort de vos proches; mais ce sont des événements auxquels il n'y a aucun remède. Je suis avec estime, etc.

(Juillet 1747)

Madame,

Je vous remercie des belles cerises que vous m'avez envoyées à Schônhausen. * Si je n'avais été fatigué, je vous en aurais remerciée moi - même. Je prendrai cependant mon temps pour le faire à la première occasion , vous assurant de l'estime avec laquelle je suis , etc.

• Le 1 5 juillet 1747, Frédéric, revenant deStettin, |>as»a par Hohen-Schonhau»en, près de Nicdcr - Schônhausen , où se trouve le château royal occupé alors par la Reine.

4o. A LA MÊME.

(Juillet 1747J

Vous pouvez venir à Charlottenbourg, s'il vous plaît, lundi* à une heure, avant la Reine. Vous pouvez y loger madame de Camas et la Tcttau , qui auraient peine d'y venir tous les jours descendre du faîte du château. Si vous avez deux femmes de chambre et chacune de ces dames une, c'en sont quatre, et je crois que c'en est assez. Pour les cavaliers , ils peuvent rester à Berlin, et n'y venir que les jours de fête.

Je suis, madame, avec bien de l'estime, etc.

4i. A LA MÊME.

Ce 17 (mai 1748).

Madame,

Madame de Wreech» a fait tant de difficultés pour sa fille, quelle ne trouvera pas mauvais qu'on lui préfère la jeune Schwcrin, fille du grand écuyer et sœur de celle qui a été dame d'honneur, c d'autant plus que cette fille placée décharge la mère de ce soin, et qu'elle est d'ailleurs chargée d'enfants, sans être riche. Vous pouvez la prendre, madame, au départ de la Tcttau, <* et vous en expliquer hautement à présent Je suis bien aise de ce que vous vous divertissez bien, vous priant de me croire avec estime, etc.

• Ier août 1747-

•> Voyez t. XVI, p. xiii et xiv , et p. 7— a3.

c Marie-Anne, fille du ministre «1 Etat Frcdcric-Bogislas de Schwerin, avait épousé, le 17 janvier 1748, le major baron de Lcntulus.

d Mademoiselle de Tcttau se maria, le Ier juin 174b, avec le capitaine de Saldcrn.

4a. A LA MÊME.

(Mai 1750.)

Madame,

J c vous rends grâce des beaux fruits que vous avez eu la bonté de m'envoyer. Je les mangerai à votre santé, et je compte que Sans-Souci ne restera pas en reste, et en fournira à son tour pour Schônbausen. Je suis avec beaucoup d'estime , etc.

Mes compliments à madame Gamas.

Ce a5 (enlrc 1750 et 1752).

Madame ,

Il ne me semble pas qu'il vous convient d'aller à la fête du mylord, * parce que cela ferait une planche pour tous les autres ministres étrangers, et que, après avoir été chez l'un, on aurait mauvaise grâce de refuser l'autre. Mais vous pouvez y envoyer vos dames. Je ne m'y trouverai pas non plus, par la même raison. Je suis avec bien de l'estime, etc.

Mes compliments à madame Camas.

a 11 s'apit probablement ici de mylord Tyrconnel (ou plutôt Tyrconell ) , envoyé de France, qui fut présente au Koi, le «4 »»»«* i75o, à Berlin, où il mourut le 1a mars 170a.

Le 8 novembre 1751.

Madame.

Vous voudrez bien que je vous félicite sur votre jour de naissance, et que je vous marque la part que j'y prends. Je vous souhaite, madame, toute sorte de contentement et de prospérité. Recevez de bonne part la bagatelle que je vous envoie, et soyez persuadée de l'estime avec laquelle je suis , etc.

(Mars 175a.)

Madame ,

Je vous envoie la quittance d'une partie de vos dettes qui sont payées; les autres le seront successivement. Je vous apprends, de plus, que j'ai fait un testament, a dans lequel j'ai eu soin de votre douaire après ma mort d'une façon que vous aurez lieu d'en être contente, le tout cependant à condition que vous instituerez celui de nos neveux qui vous survivra héritier de toutes vos pierreries. *>

Je suis avec bien de l'estime, etc.

* Le 1 1 janvier 1 75a. Voycx t. VI , p. xm et xiv.

b Apre» avoir reçu cette lettre, la Heine Ht un testament qu'elle déposa h la chambre de justice (Kammcrgcricht) le a4 mars 175a.

(Mars 176a.)

Madame .

J'ai lu l'acte que vous venez de faire pour le bien de la famille , et je vous en fais mes remcrcînients au nom de mes neveux. Il n'y a pas le mot à dire contre cet écrit , et je pourvoirai , de mon côté, à arranger vos affaires du mieux que je pourrai, espérant que ce testament ne vous empêchera pas de vivre encore de longues années en santé et contentement. Je suis avec toute l'estime possible, etc.

(Juillet 1754.)

Madame,

Je vous souhaite un heureux voyage pour Oranienbourg,» vous priant de faire mes compliments à mon frère, et d'être persuadée de l'estime avec laquelle je suis , etc.

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