‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 5)Chapitre 21 sur 81 · DE LA REINE · texte numérisé non relu

DE LA REINE

Berlin, 17 octobre 178a.

Sire ,

Oserais-jc bien vous demander en grâce la permission de disposer des perles que la bonne Montbail* m'a léguées, en faveur d'une de ses parentes? Je ne voudrais rien faire sans savoir premièrement si vous l'accordez et savoir votre volonté. Je fais des vœux bien sincères pour que vous jouissiez d'une santé parfaite. Je me recommande dans l'honneur de vos bonnes grâces, qui suis avec le plus parfait attachement, entier dévouement, et toute la tendresse imaginable, etc.

» Voyeit. XVI, p. xx, n° XII, et p. 189, 190 et 191.

ioo. A LA REINE.

Madame ,

Ouoiquc effectivement la princesse Elisabeth qui vient de mourir* soit, madame, votre nièce, je crois que dans les circonstances présentes il vaut mieux faire semblant d'ignorer son décès, d'autant plus qu'on n'a ni su la mort de son père le prince Antoine, ni porté le deuil pour lui. C'est une suite des malheurs qui poursuivent cette pauvre famille, qu'on ne peut les plaindre qu'en secret. Je suis avec la plus haute estime, etc.

(Janvier 1783.)

Madame ,

Je vous suis fort oblige de la part que vous daignez prendre aux jours d'un vieillard qui frise le tombeau ; on y arrive sans s'en apercevoir, et, le moment d'après, c'est autant que de n'avoir jamais été. Je laisse ces idées sombres pour les remplacer par des vœux pour votre guérison , car je sais que vos jambes vous ont causé beaucoup d'incommodités ce dernier temps.

Vous me feriez plaisir, si vous vouliez écrire à la reine Julie pour la pressentir sur le temps qu'elle trouverait le plus convenable pour déclarer le mariage de son petit-fils avec notre petitenièce, b Je voudrais volontiers que cela fût encore réglé pendant ma vie. Je suis avec autant d'estime que de considération, etc.

• Elle mourut le ao octobre 178a.

b La princesse Frédérique.

Le 18 lévrier 178^.

Madame ,

Je reçois, en même temps que voire lettre, une de la Reine votre sœur. Elle me marque que le Prince royal communierait à Pâques, et qu'après cet acte le Roi consentirait à la publication de ses engagements avec notre petite -nièce. C'est tout ce que nous pouvions demander. La dilation est de trois mois, après lesquels le sort de ce pauvre enfant sera fixé. Je suis bien aise devoir terminée cette affaire, et c'est en vous assurant, madame, de toute mon estime que je vous prie de me croire, etc.

( Sans - Souci ) ce i4 (joiu 1783).

Madame.

Je vous suis obligé de la peine que vous prenez de vous informer de moi; j'ai fini mon voyage tellement quellement,a et j'ai été bien aise des bonnes nouvelles que vous me donnez de la santé de ma sœur Amélie et de madame de Kannenberg. D'autre part, j'apprends des nouvelles affligeantes au sujet de la bonne reine Julie. Comme vous êtes sa sœur, vous pouvez lui écrire plus naturellement qu'il ne me conviendrait, et, sous prétexte des bruits publics qui se répandent, vous pourriez l'exhorter à ménager davantage le priuce royal de Danemark; sans cela il serait à craindre que votre chère sœur s'attirât une infinité de chagrins. Je suis avec toute l'estime, etc.

• Frédéric , ayant fini ses revue* à Cùstriu , à Stargard et à Mockerau , était de retour à San» -Souci le i3 juin.

îoi A LA MÊME.

Ce il (août 178a).

Madame,

J'apprends avec un véritable chagrin la nouvelle maladie qui vous est survenue. Je vous prie d'user de tous les ménagements pour vous remettre, s'il se peut, entièrement; il n'y a qu'un très-grand régime, et peut-être des vésicatoires aux jambes, qui pourront vous soulager. Je suis bien fâché de tout cela, et j'espère, à mon retour de la Silésie, d'avoir de meilleures nouvelles de votre santé. Je suis avec toute l'estime possible, etc.

io5. A LA MÊME.

Le i4 novembre 1783.

Madame,

Je suis bien aise d'apprendre de bonnes nouvelles de ma sœur Amélie; j'ai appréhendé que sa santé n'était pas bonne. La petite Frédérique est encore dans une situation incertaine; il faut attendre la majorité du jeune prince de Danemark pour savoir quel sera son sort. Si elle ne devient pas reine, il faut nous rabattre sur quelque bonne abbaye. Madame de Kanncnberg fera bien de se ménager. A notre âge, il ne faut qu'une bagatelle pour nous expulser du nombre des vivants; mais tant que je vivrai, je serai avec toute l'estime possible, etc.

Ce a8 (1783).

Madame ,

Je vous suis fort oblige de la part que vous prenez à mes infirmités. Je suis, à la vérité, délivré de la goutte; mais il me faudra du temps pour regagner mes forces. Madame de Kannenberg fera bien d'attendre la belle saison pour aller à ses terres ; le temps est trop rude encore pour ceux qui ont la poitrine faible. La reine de Danemark me mande que ce sera à Pâques de l'année 1784 qu'elle pourra déclarer le mariage de son petit-fils avec notre petite-nièce; il faudra donc attendre encore une année. Je suis avec tous les sentiments d'estime , etc.

Le 10 janvier (1784).

Madame ,

Le 18 de ce mois sera le jour de naissance de mon frère Henri. J'ai tout arrangé pour la table, et le soir pour un intermezzo. Vous aurez, madame, la bonté de prier mon frère et quelquesuns des principaux des deux sexes pour assister à la fête , ainsi que d'en faire les honneurs.

Je suis avec toute l'estime , etc.

Madame,

Je suis bien sûr des bonnes dispositions de la Reine votre sœur pour le mariage de la petite Frédériquc; mais il s'en faut bien que tout dépende d'elle. La majorité à laquelle son petit-fils parviendra à Pâques prochain* changera peut-être entièrement le cas de la question , et il faut attendre tranquillement cette époque pour nous glorifier de notre triomphe ; et même on cabale si fort contre la Reine votre sœur, qu'elle aura besoin de tout l'art possible pour se soutenir elle-même. Je l'ai avertie sur ce sujet de tout ce que j'ai pu découvrir de ces intrigues. Je suis avec toute l'estime possible, etc.

Le 13 mai 1784*

Madame ,

Je suis sorti de l'hôpital tellement quellemcnt, parce qu'il fallait agir; mais il m'en coûte d'autant plus, que mes forces n'ont pas eu le temps de revenir. Je crains bien , madame , qu'on nous fasse banqueroute en Danemark, et que notre petite -nièce nous reste sur les bras. D La cabale dominante voudra ou une fille du roi d'Angleterre, ou peut-être même une fille d'un des princes de Hesse; enfin, si cela arrive, il faudra penser à pourvoir notre petite ailleurs. Je suis avec la plus haute estime, etc.

• Frédéric (VI) parvint a >a majorité le i4 avril 1784. Sou père. Christian VU, oc mourut qu'en 1808.

b La princesftc Frédériquc épousa le duc Frédéric d'York à Schunhauftcn . le ag septembre 1791- Elle mourut le G août i8ao.

no. A LA MÊME.

Madame ,

J] ne convient point de faire communier cette jeune personne avant d'être assuré que son mariage est conclu en Danemark. Vous voudrez donc bien attendre la réponse de la Reine votre sœur avant de déterminer définitivement à quel rite elle doit adhérer. Je suis avec toute l'estime , etc.

m. A LA MÊME.

Madame,

J e suis bien aise d'apprendre de bonnes nouvelles de la santé de ma bonne sœur.» Dieu la conserve! J'ai reçu, en même temps presque , des lettres du Danemark par lesquelles je perds toute espérance de placer la petite dans ce pays-là. Vous pouvez donc la faire communier, et il faudra prendre d'autres mesures pour la placer le mieux que possible. Je suis avec la plus haute estime, etc.

Le 37 juillet 1 785.

Madame,

J'arrangerai tout pour le voyage de la petite demoiselle; mais il faut qu'elle attende mon retour de Silésic^ pour aller à Quedlinbourg et à Brunswic. Alors je payerai l'argent, et lui ferai don-

• La princesse Amélie.

b Frédéric partit pour la Silcsie le 16 août, et revint à PoUdam le 3o.

ner les voitures nécessaires ; mais tout cela ne saurait s'arranger plus tôt. Si elle part de Berlin le S ou le 10 septembre, ce sera toujours assez tôt.

Je suis avec estime, etc.

n3. A LA MÊME.

(Septembre 1785.)

Madame,

Je ferai payer à la petite deux mille écus, et vous aurez la bonté d'avoir soin que cet argent soit bien employé pour les présents et pour le voyage qu'elle va faire. Je suis avec toute l'estime, etc.

ni A LA MÊME.

Le 16 octobre 1785.

Madame,

Je suis très-obligé à la reine Julie de la bonté qu'elle a de se ressouvenir de moi. J'ai eu un long accès de goutte, qui est passé; il m'a fort affaibli, et les forces ne se réparent que lentement à mon âge. Je vous prie de lui marquer et ma reconnaissance, et le sincère attachement que je conserverai sans cesse pour sa personne.

Je suis avec toute l'estime, etc.

Cî I. CORRESPONDANCE DE FRÉDÉRIC.

n5. A LA MÊME.

Le ag octobre 1783.

Madame ,

Je vous suis fort obligé de la part que vous prenez à ma santé : elle a été assez mauvaise, et la faiblesse que la goutte a produite me reste encore. J'ai trouvé le prince Ferdinand fort bien; sa santé est meilleure qu'elle n'était il y a quelques années; elle donnait alors lieu de craindre pour lui. Je lui souhaite mille biens. Je vous prie de me croire avec toute l'estime et la considération, etc.

Madame:,

Je crois qu'il convient mieux à une jeune fille née avec beaucoup de vivacité qu'on lui donne une éducation simple que de la mener danser dans la ville, ce qui pourrait allumer en elle des passions dont sa mère a été la victime. Je suis avee bien de l'estime, etc.

(i78fi.)

Madame ,

Je vous suis très -obligé des vœux que vous daignez faire; mais une grosse fièvre que j'ai prise m'empêche de vous répondre.

CORRESPONDANCE

AVEC

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