‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 5)Chapitre 53 sur 81 · XXVI. 3G · texte numérisé non relu

XXVI. 3G

5fi2 V. LETTRES DE FRÉDÉRIC

sensible, et j'espère qu'à présent tout réussira à souhait. Il ne nous reste qu'à désirer que votre épouse accouche heureusement. Alors tous mes vœux seront exaucés. J'approuve et entre, d'ailleurs, à tout ce que vous proposez; comme toutes ces démarches sont exactement et bien compassées, il faut que tout tourne de la manière que je l'espère, pour l'avantage de la maison et pour votre satisfaction particulière. Je vous embrasse mille fois, mon cher et bon frère, en vous assurant de la tendresse infinie avec laquelle je suis à jamais, etc.

Mon cuer fkkhe,

Je bénis le ciel que tout se soit aussi heureusement passé. Je fais des vœux pour vous premièrement, et pour la femme, el pour l'enfant. a Je vous rends grâce de ce que vous voulez bien m'accepter pour parrain. Si ma bénédiction peut être de quelque poids, vous pouvez compter sur elle. Dicskau» tirera tout le canon qu'on tire pour des fdlcs. Je souhaite que celle-ci ait un meilleur destin que son aînée. Je vous embrasse tendrement, mon bon et cher frère, en vous assurant de toute l'estime et de l'attachement avec lequel je suis, etc.

Mille compliments à la chère accouchée.

* Il s'agit de U princesse Louise, qui épousa en 1796 le prince Antoine Radziwill, et mourut le 7 décembre i836. 1» Chef rie l'artillerie prussienne.

Potsdam, ai juillet 1770.

MON TRKS-CUER FRERE

Dans la supposition que vous me ferez le plaisir de m'accompagner au camp autrichien en Moravie , a je suis bien aise de vous avertir que, m étant fait commander un justaucorps blanc, sans étoile, pour m'en servir audit camp, où ceux de ma suite en porteront de la même couleur,1» il conviendra que vous fassiez également tenir prêt un justaucorps blanc, sans étoile ni autre marque distinctive, galonné ou brodé en argent, selon que vous le jugerez à propos, pour votre usage audit camp autrichien; et je suis charmé de vous réitérer à cette occasion les sentiments d'estime et d'amitié avec lesquels je suis, etc.

Potsdam, 17 septembre 1770.

MON TRKS-CUER FRÈRE

Le désir que vous me témoignez, dans votre lettre du iC de ce mois, d'assister aux manœuvres prochaines m'a été d'autant plus agréable, qu'il me procurera la satisfaction de vous voir. Au reste, et comme l'élcctricc douairière de Saxe arrivera ici le afi de ce mois, et que je serai bien aise de voir, à cette occasion, mes chères nièces la princesse votre épouse la princesse Philippine c chez moi, je vous prie, mon cher frère, de leur dire de ma part qu'elles me feront plaisir si elles veulent bien se rendre

» Voyez ci -dessus, p. 3ao, 3aa et suivantes.

•» Voyez le Mémoire sur le roi de Prusse Frédéric le Grand par Msgr. le P.

de L Berlin, chez Ungcr, 1789, p. a4>

c Belle • sœur du prince Ferdinand.

ici le même jour, vers le temps du dîner. En attendant, je suis avec la plus parfaite estime et amitié, etc.

Le 3 mar* < » 77 • >•

Mon cher fhkre,

J'ai travaillé cet hiver à un Essai de tactique et de castrarnétrie pour mes généraux. Cet ouvrage vient d'être imprimé,* et je vous prie, mon cher frère, d'en accepter un exemplaire. J'espère que vous prendrez, toutes les précautions pour qu'on n'en tire point de copie, et qu'il ne tomhc en aucune main étrangère, car cela est fait pour nos officiers, et non pas pour éclairer nos ennemis. Je suis avec toute la tendresse imaginable, etc.

Ce aa (mai 1771).

Mon cuer frère,

Nous célébrerons demain votre jour de naissance militairement. Je boirai à votre santé du fond de mon cœur, en faisant mille vœux pour votre prospérité et pour votre conservation. J'ai vu votre régiment, où Ton remarque les progrès qu'il a faits depuis l'année passée ; mais l'absence du chef et du colonel ne pouvait se réparer par ceux qui les suivent. En gros, nos manœuvres vont bien, et j'ose dire mieux que chez les Autrichiens; et j'ai encore la satisfaction, dans ma vieillesse, de voir renaître l'armée de ses cendres. Je vous embrasse mille fois, mon bon frère, en

• Voyez t. VI, p. 96.

vous assurant de l'estime et de la tendresse infinie avec laquelle je suis, etc.

Mille amitiés de ma part à la princesse.

Potsdam, ta novembre 1771.

Mon très-cher frkre,

La nouvelle que je viens d'apprendre de la naissance du prince que ma chère sœur la princesse votre épouse nous a donné fl m'a causé trop de joie pour que je tarde un moment de vous témoigner, mon cher frère, combien je participe tendrement à celle que vous devez naturellement ressentir d'un événement aussi heureux et satisfaisant que celui de l'augmentation de notre famille. Recevez -en, mon très -cher frère, les assurances les plus sincères et conformes aux vœux ardents que je fais pour votre rétablissement, et soyez toujours fortement persuadé des sentiments de la plus parfaite estime et tendresse dans lesquels je suis à jamais, etc.

Je vous félicite du fond de mon cœur, mon bon et cher frère , de ce que la princesse est accouchée d'un fils. Cela me fait un sensible plaisir. Vous me le deviez après les inquiétudes que j'ai eues pour vous pendant votre maladie. Que Dieu vous bénisse et vous conserve! Ce sont des vœux qui partent du fond de mon cœur.

■ I.e prince Henri , ne le 1 1 novembre 1771, et mort le 8 octobre 1790.

Ce ai (novembre 1771).

Mon très-cher frère,

Je suis bien charmé, mon bon frère, d'apprendre par vous-même la nouvelle de votre convalescence. Mais souffrez que je vous conjure en même temps d'employer à présent les plus grands ménagements pour votre santé, et de les continuer pendant tout l'hiver. Ces plcuropneumonics exigent qu'on se ménage autant dans la convalescence que dans la maladie même. C'est pourquoi, mon bon, je me flatte que, ne fût-ce que par amitié pour moi, vous continuerez de vous observer cet hiver et le printemps prochain, et de ne rien entreprendre qui surpasse vos forces. Je vous embrasse, mon cher frère, en vous assurant de la tendresse inûnic avec laquelle je suis, etc.

5o. AU MÊME.

Le a5 avril 177a.

Mon bon frkke,

Je n'ai jamais douté de votre bonne volonté pour tout ce qui est du service, mon cher frère; mais entendez, je vous prie, les représentations d'un frère qui vous aime, et qui, pour conserver votre santé, désirerait que vous voulussiez différer votre départ jusqu'au commencement de mai, pour cette année seulement. Ensuite vous ferez ce que vous jugerez à propos. Je pourrais avoir également le plaisir de vous voir ici le 1" de mai, et de vous prier en même temps de vous raccoutumer insensiblement à l'air et à la fatigue, et de ne point commencer d'abord par en vouloir trop faire. J'espère que vous jugerez que ces représentations partent d'un cœur qui vous aime, qui s'intéresse à votre conservation , et d'un frère qui sera jusqu'au dernier soupir, etc.

Si. AU MÊME.

(Fotsdam) ce 37 (juin 177a).

Mon cher frère,

Comme je compte de recevoir ici la reine de Suède mercredi le 3i, je vous prie de vouloir m'honorer, vous, votre épouse et la princesse Philippine, de votre présence, pour que j'aie le plaisir de vous assurer de vive voix de la tendresse infinie avec laquelle je suis, etc.

5a. AU MÊME.

Potsdani, 8 août 177a.

MON TRÈS-CHER FRÈRE

1 rès- sensible au tendre souvenir de ma chère sœur la reine de Suède, de même qu'à celui de ma nièce la princesse sa fille,* dont je reçois avec un véritable plaisir les assurances parla lettre que vous venez de m'écrire, je reconnais également avec bien de la sensibilité les vœux que vous voulez bien me faire à l'occasion de mon prochain voyage de Silésie. Je n'en fais pas moins, soyezen assuré, mon cher frère, pour celui que vous allez faire à Sonnenbourg, où j'espère que vous trouverez les défrichements que j'y ai ordonnés en si bon train, que vous aurez lieu d'en être satisfait. C'est toujours dans les sentiments d'une parfaite estime et tendresse que je suis à jamais, etc.

Je vous suis très -obligé, mon cher frère, de la commission de ma sœur dont vous vous acquittez. J'ai entendu dire que la soirée d'Oranienbourg a été bien triste. Je plains notre pauvre sœur, en lui souhaitant raille prospérités dans cet abominable pays où elle retourne. J'espère, mon cher frère, que vous serez content des défrichements qu'on a commencé à faire auprès de

* La princesse Sophie - Albertine de Suède.

Sonnenbourg. Le tout ne pourra être achevé que l'année prochaine; mais comme j'ai passé dans ces contrées, tout était en train, tout travaillait. Je vous embrasse de tout mon cœur.

Fotsdam, ta août 177a.

Mon très -cher frkre,

Je me suis bien imaginé que la soirée d'Oranienbourg se passerait tristement, mais je n'ai jamais cru que cela irait aussi loin que le détail que vous avez la bonté de me faire nie le fait voir. Cependant, les premiers mouvements étant ordinairement les plus forts, j'espère que le temps dissipera toute cette tristesse aussi bien chez la Reine qu'auprès de la princesse, à mesure qu'elles approcheront du moment de revoir leurs fils et frères.

Au reste, je suis fâché, mon cher frère, que, étant sur le point de partir pour la Silésie, je sois empêché de vous réitérer de ma main les assurances de la plus parfaite estime et tendresse avec lesquelles je suis à jamais, etc.

Je vous demande pardon, mon bon frère, de ne vous pas avoir répondu moi-même; mais un grand jour de poste comme celui d'aujourd'hui m'en a empêché. Cependant je vous embrasse bien tendrement.

AU PRINCE FERDINAND. 56g

Le 09 octobre 177a.

Mon cher frère,

Je suis charmé que nous nous soyons rencontrés sur l'établissement de la princesse Philippine;* j'espère qu'elle pourra être heureuse dans sa nouvelle patrie. Cela vaut mieux, mon cher frère, que tout ce qu'on aurait pu faire pour elle en Suède. Elle y est sûre du jour et du lendemain, au lieu qu'en Suède personne ne peut répondre de son sort vingt- quatre heures. Je participe sincèrement au plaisir que cet établissement vous fait, comme à tout ce qui peut vous arriver d'heureux et d'agréable, étant avec toute la tendresse possible, etc.

Potsdam, 1" novembre 177a.

Mon très - cuer frère ,

Chaque princesse de feu mon beau-frère le margrave de Schwedt ayant eu de ma part dix -huit mille écus pour suppléer à sa dot, la princesse Philippine peut s'attendre à la même faveur à l'occasion de son mariage avec le landgrave de Hesse - Cassel , et je n'oublierai pas de lui faire toucher cette somme en temps et lieu. Pour le trousseau, au contraire, feu le Margrave l'a fourni luimême à ses deux princesses aînées; et celui de la princesse Philippine exigera d'autant moins de frais, qu'elle est déjà très -bien pourvue en habits et autres nippes. J'y ajouterai cependant, par tendresse pour elle, encore une robe; et je me flatte, mon trèscher frère, que vous y reconnaîtrez de nouveau les égards que j'ai

■ La princesse Philippine, Glie cadette du margrave Frédéric- Guillaume de Urandcbuiirg-Sclmcdl, cl sceur de la princesse Ferdinand . épousa, le 10 janvier 1773, le landgrave Frédéric II de liesse -Cat-scl Voyex t. XX, p. un.

57o V. LETTRES DE FRÉDÉRIC

à votre intercession, ainsi que le tendre attachement que j'ai pour ma chère nièce, et avec lequel je ne cesserai jamais detre, etc.

J'ai eu tant d'affaires aujourd'hui, mon cher frère, que je ne saurais vous écrire moi-même.

Le 6 novembre 1773.

Mon cher frère,

Four vous mettre bien au fait de ce que je m'engage à donner à ma nièce, je dois vous dire, mon cher frère, que la dot que je paye est de dix - huit mille écus. J'ai commandé deux robes , une de drap d'argent, et l'autre d'une étoffe riche; j'ajouterai encore à ceci la bague de promesse, pour que nous nous entendions bien, et que la princesse Philippine ne fasse pas d'inutiles dépenses. Je suis bien aise, mon cher frère, que vous soyez content de tout ceci. Mon intention n'est autre que de vous obliger et servir dans toutes les occasions qui pourront se présenter, et de vous donner des marques de la tendresse infinie avec laquelle je suis , etc.

Mille amitiés à votre épouse.

(18 novembre 1773.)

Mon cnER frère,

Je vous félicite de tout mon cœur de la bonne nouvelle que vous nie doutiez. Vous pouvez, être persuadé que personne n'y

AU PRINCE FERDINAND. 57i

prend une part plus sincère que moi. Je vous prie «le faire mille amitiés et tendresses à l'accouchée de ma part. Je me ferai un plaisir d'être parrain de cet enfant, a m'intéressant sincèrement à tout ce qui vous appartient. Je suis avec autant de tendresse que d'estime, etc.

l'otsdam, aa novembre 177a.

Mon très-cher frère.

Si vous voulez différer le baptême de votre prince nouveau -né jusqu'à samedi prochain 28 de ce mois, vous me ferez plaisir, et je viendrai alors le tenir moi-même sur les fonts. Mes occupations ne me permettent point de prendre un autre jour; et en assurant la priucesse votre épouse de toute ma tendresse, je suis on ne saurait plus parfaitement, etc.

5g. AU MÊME.

Ce a4 (novembre 177a).

Mon cnER fkère,

J'espère d'avoir le plaisir, mon cher frère, de dîner chez vous samedi à midi, d'assister au baptême, et de vous féliciter moimême de l'heureuse augmentation de votre postérité. Vous priant de me croire avec toute la tendresse imaginable, etc.

Daignez faire mes amitiés à l'accouchée.

' Le prince Louis, mort pour la patrie n Saalfcld, le 10 octobre 1806.

Berlin, 9 janvier 1773.

Mon thés -cher frère,

Si vous voulez, nous pourrons signer demain vers midi, dans les appartements de la Reine, le contrat de mariage de ma chère nièce la princesse Philippine, et lui faire prêter le serment de renonciation ordinaire. Mais pour le dîner chez Sa Majesté, il faudra bien le remettre à un autre jour, puisque ladite princesse se trouvera encore dans son négligé, et qu'il lui faut laisser le temps de mettre ses atours de noces.

Je suis avec les sentiments de tendresse que vous me connaissez, etc.

PoUdam, iu décembre 1773.

Mon très -cher frère,

Vous rendez bien justice à mes sentiments fraternels en ne mettant aucun doute dans cette part vive et sincère que j'ai prise à la perte très - sensible que vous venez de faire par la mort du prince votre fils aîné.a Je sens toute l'amertume dont voire cœur paternel doit être chargé; mais je vous conjure en même temps de la manière la plus tendre et la plus affectueuse de met lie a votre juste douleur les bornes que le suprême arbitre de nos destinées et votre propre conservation vous demandent dans ces tristes conjonctures. Ma chère nièce votre digne épouse, ainsi que vos chers enfants, s'attendent avec moi à cette résignation. Elle est seule capable d'adoucir votre affliction, et je souhaite que ce ne soit désormais qu'a des événements heureux et agréables

* Vuyci ci -dessus, p. 56o.

que je sois appelé à vous renouveler les sentiments de cette tendresse fraternelle avec lesquels je ne cesse d'être, etc.

Potsdani, 1a décembre 1773.

Mon très -cher frère,

Comme je ne saurais mieux employer l'ordre de l'Aigle noir dont feu le prince votre fils aîné a été décoré qu'en le conférant au prince votre second fils,» je vous prie, mon cher frère, d'en disposer en sa faveur, et d'être en même temps bien persuadé des vœux ardents que je fais pour sa conservation, étant toujours avec une parfaite estime et tendresse, etc.

Potsdani, a4 avril 1774.

Mon thés -cher frère,

s -sensible à la part sincère que vous voulez bien prendre à la maladie qui m'est survenue, je vous dirai, mon cher frère, qu'elle consistait, au commencement, dans une espèce d'érésipèle nommé B la (ter rose ,*> accompagné d'une fièvre assez forte, laquelle, quoique diminuée de beaucoup, ne m'a cependant pas tout à fait quitté, ayant encore gardé quelque ressentiment de goutte à la main, qui ne sera pourtant pas de durée. Et étant au reste charmé de voir que vous, mon cher frère, jouissez à

• Voyez ci -dessus, p. 565.

b Voyez t. XXIII, p. a8o, et ci -dessus, p. 4a et 3g6.

présent d une bonne santé, je suis toujours avec une parfaite estime et tendresse, etc.

PoUdam, i" mai 1 774-

Mon TRKS-cnEn frère.

Je vous ai mille obligations, mon cher frère, de l'intérêt que vous voulez bien prendre et me témoigner de nouveau sur l'état de ma santé, qui, Dieu merci, va si bien, que je commence déjà à sortir, ce qui, par le beau temps qu'il a fait tous ces jours passés, et qui continue encore, ne contribue pas peu à mon rétablissement, de sorte que je me réjouis déjà d'avance de vous voir dans une quinzaine de jours, et de vous confirmer de vive voix les sentiments de parfaite estime et tendresse dans lesquels je suis à jamais, etc.

Je vous rends grâce, mon bon frère, de la part que vous prenez à ma santé. J'ai eu un érésipclc sur la poitrine et le dos, et une humeur goutteuse à la main droite; mais le mal est passé, et il" ne me reste que de la faiblesse.

Ce a3 (mai ■ 774)-

Mon thks - cher frî:re ,

Comme c'est aujourd'hui votre jour de naissance, vous voudrez bien que je vous témoigne la part sincère que je prends à voire personne, à votre prospérité, comme à votre conservation. Je

ne puis vous donner dans ce temps qu'une fête militaire; et quoique je parte, je célébrerai votre jour de naissance dans le fond de mon cœur. Des que je serai de retour de Prusse, je vous ferai payer, mon cher frère, l'argent que vous savez. C'est en me recommandant à votre précieux souvenir que je vous prie de me croire avec toute la tendresse possible, etc.

Potsdnm, 7 juillet 1774.

Mon tkks-cukh frkre,

Vous êtes trop obligeant, mon très-cher frère, dans le jugement que vous portez, de mes défrichements du côté de Sonnenbourg, et vous donne/, des couleurs bien riches au tableau que vous en faites dans votre chère lettre du 7 de ce mois. J'y reconnais les sentiments d'un tendre frère, qui veut bien leur attribuer cette perfection que je voudrais pouvoir leur donner pour mériter son suffrage éclairé, et je continuerai à y donner tous mes soins poulies rendre dignes de vos applaudissements. En général, je serai toujours très -flatté si dans cette partie, comme dans toutes les autres , je puis avancer vos intérêts ou contribuer à votre satisfaction, et vous convaincre de plus en plus, mon très-cher frère, qu'on ne saurait rien ajouter à la vivacité et à la tendresse des sentiments avec lesquels je ne cesserai jamais d'être, etc.

Si vous voulez me faire le plaisir, mon cher frère, de venir ici la semaine prochaine avec la princesse, mardi ou mercredi, j'aurai la satisfaction de rassembler ici une partie de la famille et de vous embrasser.

57fi

PoLsdam , ao, juin 1 775.

MON TRKS- CHER FRÈRE

J'attends ici, le 11 de juillet, mesdames la landgrave de Hesse- Cassela et la princesse épouse du duc Eugène de Wurtemberg,'' vos belles -sœurs; et vous me ferez un plaisir bien sensible, mon très-cher frère , si vous voulez vous rendre également ici ce jourlà avec ma chère nièce votre épouse, pour prendre part à la joie que je ressentirai de voir rassemblée auprès de moi toute la famille de notre chère sœur défunte. c Je vous attends avec un empressement conforme à cette tendresse fraternelle avec laquelle je suis invariablement, etc.

Potsdam, a octobre 1775.

Mon très -cher frère,

Je suis très -charme des bonnes nouvelles que m'apprend votre lettre du 3o de septembre dernier, et votre heureux retour à Berlin me fait également plaisir. Je vous en félicite de bon cœur. Pendant votre absence, la goutte m'a pris de nouveau à la main droite; mais j'espère que ce ne sera pas pour longtemps, et que plutôt j'en serai guéri dans peu. En attendant, je ne cesse de former des vœux pour que votre santé ne souffre aucune atteinte , et je vous offre pour garant de leur vivacité cette tendresse parfaite et inaltérable avec laquelle je suis, etc.

* Voyez ci -dessus, p. 569.

I» Frédéric-Eugène, duc de VVûrtemberg-Montbelliard. Sa femme, la princesse Frédéricpie de Brandebourg -Schwcdt, était sœur de la princesse Ferdinand.

c La margrave Sophie de Schwedt. Voyex ci -dessus, p. 55a et 553.

P. S. C'est ce même accès de goutte qui m'empêche île signer la présente de ma main. Vous voudrez donc bien agréer, mon très -cher frère, que j'y fasse substituer, en ma présence, l'empreinte de mon sceau particulier, afin de vous confirmer tout son contenu.

Le m janvier 1776.

Mon trks-cher frkhk,

La faiblesse que la goutte m'a laissée m'empêche encore de bien marcher, de me tenir debout, et surtout de monter ou de descendre des escaliers. C'est, mon cher frère, ce qui me prive de la satisfaction de vous voir. J'avais espéré de pouvoir aller à Berlin le jour de naissance de mon frère Henri; je suis obligé d'y renoncer, à cause de mes infirmités. Cela m'oblige, mon cher .frère, d'avoir recours à vos offices obligeants. Voulez -vous bien inviter, le 18, mon frère Henri au château, et tenir lieu de l'hôte à table le midi et le souper également, comme au bal? Tout est ordonné; il n'y manquera que ma personne, que je vous prie de représenter, et de marquer à notre frère tout ce que vous pourrez de plus tendre et de ply^s affectueux; je ne vous donnerai certainement pas un démenti. Vous ajouterez cette obligation à celles que je vous ai déjà, vous assurant de toute la tendresse et de tout rattachement avec lequel je suis , etc.

Le 17 mai 177G.

Mon très -cher frère,

«J'aurai le plaisir de vous voir après -demain, le 19 de ce mois, à Spandow. Ayez la bonté, mon cher frère, de faire sortir les régiments à onze heures. Je vous prie de rester à cheval, car je ne suis pas encore en état de pouvoir marcher à pied: et si nous pouvions dîner au rez-de-chaussée, cela me ferait grand plaisir, car je monte et descends les escaliers avec beaucoup de peine. Je vous demande pardon, mon cher frère, de ce petit détail de mes infirmités; mais, quoique je fasse tout ce qui m'est possible, mes forces ne répondent pas encore à ma bonne volonté. Je suis avec toute la tendresse imaginable, etc.

l'oUdam, S juillet 177c.

Mon très -cher frère,

C'est pour vous inviter de venir me voir ici le 12 de ce mois, vers midi, que je vous écris cette lettre. La princesse, madame votre épouse, voudra bien aussi me faire le plaisir de s'y rendre en même temps, pour partager avec moi la satisfaction que nous causera l'arrivée de sa sœur la princesse de Wurtemberg, qui sera également rendue ici, avec le prince son époux et les princesses ses filles, ledit 12 de ce mois. Je suis avec des sentiments de tendresse, etc.

l'otsdam , 5 septembre 1776.

Mon trks-cher frère,

Grâce au ciel, je suis retourné en très - parfaite santé de mon voyage de Silésie; et, infiniment charmé de l'empressement fraternel que vous manifestez dans votre lettre d'hier d'en apprendre l'agréable nouvelle, je vous la donne, mon très -cher frère, avec un cœur qui vous est entièrement attaché, et qui, par un juste réciproque, ne cesse de former mille vœux ardents pour la conservation de vos jours et de votre prospérité.

Quant à notre neveu le Prince de Prusse, c'est le 25 de ce mois que je voudrais qu'il se rendit à Sonnenbourg; et je vous prie, mon très -cher frère, de vouloir bien lui adresser votre invitation en conséquence. Comme le motif de ce voyage vous est connu, je n'ai pas besoin de déterminer plus particulièrement son retour. Il pourra s'y arrêter aussi longtemps que ce motif subsistera , et votre hospitalité m'engagera à saisir avec un nouvel empressement toutes les occasions où je pourrai vous convaincre de cette tendresse vive et inaltérable avec laquelle je suis, etc.

PoUdam. 8 septembre 1776.

Mon très -cher frère,

Je suis très - sensible à la complaisance que vous avez, à ma réquisition, d'inviter notre neveu avec la princesse son épouse, pour le a5, à Sonnenbourg. C'est une nouvelle marque' de votre déférence fraternelle, dont je vous tiendrai toujours compte par un juste retour de celte tendresse vraie et inaltérable avec laquelle je suis , etc.

58o V. LETTRES DE FRÉDÉRIC

Si vous le voulez, mon cher frère, je m'offre à concourir à cette dépense extraordinaire.

Polsdain, \i octobre 177C.

Mon très- cher frère.

C'est avec un plaisir infini que j'ai appris par votre lettre d'hier que vous êtes de retour de Sonncnbourg en bonne et parfaite santé. Notre neveu le Prince de Prusse est également ici avec la princesse son épouse, et je vous prie, mon très -cher frère, de vouloir bien recevoir ici mes rcraercîments de tout l'accueil que vous leur avez fait pendant leur assez long séjour dans cette commanderie. Je suis, etc.

Le irr décembre 1776.

Mon très -cher frère,

Je vous félicite de tout mon cœur du troisième fds qui vient de vous naître, * en lui souhaitant, ainsi qu'à son père, mille bénédictions. Vous êtes le maître, mon cher frère, de prier le grandduc pour être parrain de votre fils. Je vous remercie que vous ayez daigné me choisir de même. Ce qui me fâche, c'est que, écloppé comme je Je suis, je ne pourrai pas avoir la satisfaction de me rendre chez vous. Il me faudra bien encore trois semaines pour recouvrer mes forces et l'entier usage de mon pied droit.

* Voyez t. XXV, p. 65 et G7.

Mes vœux vous accompagneront toujours , étant avec autant de tendresse que d'attachement, etc.

Pntsdam , g août 1777.

Mon très -cher frère,

Je suis très-sensible à toutes les expressions tendres de votre reconnaissance au sujet des défrichements que je fais faire le long de laWarthe, et auxquels vos terres de l'ordre de Saint -Jean participent également. Ne désirant que de contribuer autant qu'il dépend de moi à votre prospérité et satisfaction, je serai charmé si les progrès de cette opération remplissent votre attente, et j'abandonne entièrement à votre bon plaisir si et quand vous jugerez à propos de vous rendre à Sonnenbourg pour les examiner.

Mais pour ce qui est de l'inoculation de la petite vérole, je vous prie, mon très -cher frère, de me dispenser de vous donner le moindre conseil. Il y a du pour et du contre. Les sentiments sont fort partagés sur ce prétendu nouvel antidote de l'école d'Hippocrate; et dans cette diversité d'opinions, je ne hasarderai point de décider. C'est aux père et mère de se consulter réciproquement sur le parti qu'ils trouvent le plus convenable à prendre pour le bien de leurs enfants. Mais je ne saurais cependant vous dissimuler que je ne suis point grand partisan de la petite vérole artificielle. *

Au reste, je vous remercie, mon très -cher frère, des tendres vœux que vous formez en faveur de mon voyage prochain en Silésic, et je vous prie d'être persuadé que je ne désire pas moins ardemment de vous trouver, à mon retour, en bonne et parfaite santé , afin d'avoir encore longtemps la consolation de vous re-

* Voycx t. XXIV, ji. 4j et 6a6.

nouvcler les témoignages de cette tendresse vive et inaltérable avec laquelle je suis, clc.

Potsdain, 11 octobre 1777.

Mon tkks-chek frère,

C'est avec beaucoup de plaisir que je viens d'apprendre l'heureux succès de l'inoculation de la petite vérole dans votre chère famille. Le tendre intérêt que je prends à la conservation de vos chers enfants m'a toujours fait désirer de les voir sortis heureusement de cette cruelle maladie, et les détails que votre chère lettre d'hier m'apprend de cette opération me font espérer de voir mes vœux accomplis. Je souhaite surtout qu'aucun de ces fâcheux symptômes qui surviennent quelquefois dans le temps même que la petite vérole commence à dessécher ne vienne altérer les progrès ultérieurs de leur convalescence, et que dans peu je puisse avoir la consolation de vous féliciter sur leur parfait rétablissement. J'attends ce moment avec un empressement proportionné à mes sentiments pour vous, mon très -cher frère, et pour tous ceux qui ont l'honneur de vous appartenir, et je suis on ne saurait plus affectueusement, mon très -cher frère, etc.

PoUdam, 5 novembre 1777.

Mon tkks-chek frère,

C'est avec plaisir que j'accorde à votre lils cadet l'uniforme de mon armée, et il dépendra entièrement de vos ordres quand il

doit le prendre. Je suis charmé de lui donner cette nouvelle marque de mou affection, et je profite de cette occasion pour vous renouveler, mon très -cher frère, les assurances de cet attachement tendre et parfait avec lequel je suis, etc.

Berlin, 17 janvier 1778.

Mon très -cher frère,

Je suis très-sensible à votre invitation fraternelle; et si je n'avais qu'à suivre les mouvements de mon cœur, je l'accepterais avec le plus vif empressement. Mais mon retour à Potsdam étant fixé immédiatement après le jour de naissance de notre frère Henri, il faut bien que je me sèvre du plaisir de dîner chez vous, et vous me permettrez, mon très-cher frère, de me le réserver pour une autre fois. En attendant, je suis on ne saurait plus tendrement, etc.

PoUtlam, y lévrier 1778.

Mon très-cuer frère,

Je vous aime trop tendrement, mon très - cher frère , pour exposer votre précieuse santé au moindre risque; et s'il arrive que je sois obligé de lever mon bouclier pour la défense de la liberté du corps germanique, vous pouvez compter que je serai le premier à vous conseiller de faire aux soins que vous devez à votre conservation un sacrifice volontaire de votre métier chéri et fa-

vori. « Je dois cette attention à la tendresse avec laquelle je suis, mon très -cher frère, etc.

Breslau, 10 novembre 177S.

Mon très -cher frère,

La lettre que vous venez de m'écrirc, en date du 6 de ce mois, m'a cause beaucoup de plaisir. La manière obligeante de me témoigner combien la conservation de mes jours vous est chère excite toute ma sensibilité. Je n'en ressens pas moins en voyant avec quelle attention marquée vous avez suivi nos opérations pendant le cours d'une campagne très-pénible. Je vous remercie bien sincèrement de l'intérêt que vous n'avez cessé de prendre aux succès de nos armes, en participant à ma satisfaction sur la gloire et le salut d'une armée qui, par sa valeur, accrédite journellement l'opinion reçue de son mérite et de ce qu'on doit en attendre, et qui me sert à arrêter les usurpations et à mettre un frein à la voracité des ennemis de l'Etat en m 'opposant à leurs entreprises aussi injustes qu'odieuses, pour les contraindre à une paix honorable. Si quelque chose peut accroître le désir d'en voir accélérer le moment, ce serait le seul avantage de me livrer tout entier aux mouvements de mon cœur envers vous, et de pouvoir saisir les occasions de vous prouver plus particulièrement à quel point votre bien-être me touche. Je vous embrasse, en vous priant d'agréer la parfaite tendresse et la haute estime avec laquelle je suis, etc.

Je vous suis fort obligé, mon cher frère, de votre souvenir. Notre campagne a été aussi plate et stérile en événements que

• Voyez ci -dessus, p. 4aa-

possible;* il faut espérer que la fortune voudra, l'année qui vient, se déclarer plus ouvertement pour nous.

Potsdam, 9 mars 1781.

Mon trks-cher kkkhk.

Les lettres ci -jointes, de retour de mes neveu et nièce de Montbclliard, m'ont fait un plaisir infini. J'y trouve un consentement parfait aux promesses de mariage entre mon petit -neveu, le fils aîné du Prince de Prusse, et leur troisième fille, la princesse Elisabeth, *> que vous avez bien voulu leur proposer en mon nom; et je n'ai rien de plus pressé que de témoigner à ma chère nièce toute la satisfaction que j'en ressens. J'assure en même temps S. A. R. que je regarde dès à présent ce mariage comme entièrement arrêté et conclu, auquel il ne manque absolument rien que la consommation, qui, vu l'âge tendre des jeunes promis, doit être naturellement encore différée une sixaine d'années. En attendant, je déclare à S. A. R. qu'il doit être considéré entre les deux maisons tout aussi ferme et indissoluble que si cette formalité essentielle y était déjà survenue, et je me félicite véritablement de ce nouveau tendre lien entre nos deux maisons. Comme vous avez déjà été, mon très -cher frère, le fidèle interprète de mes intentions pour ce mariage, je me flatte que vous voudrez bien être encore le médiateur pour faire parvenir à ma chère nièce, à Montbelliard, ma réponse ci -jointe, qui contient tout ce que je viens de vous confier ci -dessus au sujet de ce mariage. Vous ajouterez par là encore aux sentiments de tendresse et de reconnaissance avec lesquels je suis, etc.

• Voyext.XXlV, p.a8.

•» La princesse Klisabeth de Wtirtembcrg-Montbelliard, née le 20 avril 1767, se convertit au catholicisme le 27 décembre 1782, et épousa en 1788 l'archiduc François, plus tard empereur d'Allemagne. Kllc mourut en 1790.

Potsdam, 3 mai 178a.

\ous avez raison de croire que je suis toujours disposé à vous faire plaisir, et vous me rendez justice en cela dans votre lettre du a de ce mois. Mais ne pensez pas que la maison et le jardin de Monbijou soient négligés. Ils sont toujours entretenus par moi. et il y a telles années où j'ai été obligé de donner sept à huit mille écus en réparations, principalement pour soutenir les serres du côté du jardin. Je ne sais donc pas trop si cela vous conviendra. Vous avez, déjà une maison en ville,» et la princesse votre épouse en a une à Fiiedrichsfelde. Si vous insistez cependant à l'avoir, une des conditions sera toujours que vous ne changerez rien à la maison, parce que j'ai tant de vénération pour feu ma mère, que je ne détruirai jamais ce qui peut en quelque sorte me rappeler son souvenir. Je suis , au reste , avec les sentiments que vous me connaissez d'une amitié parfaite, etc.

l'otsdani, 4 février 178G.

Mon THÎ:s-<:nER frère,

L'expectance que vous avez accordée au fils du ci-devant lieutenant de Brandenstein , du régiment de Backhof, à Klein -Dolzig, en Saxe, sur la commanderie de Schievelbein de l'ordre de Saint- Jean, selon une lettre de son père, m'engage à vous rappeler, mon très -cher frère, les conventions qui subsistent avec l'ordre,

» Voy ex ci - dessus . p. a85. En 1784, le prince Ferdinand vendit sa terre de Kriedrichsfelde (1. c, p. 5o3 et 535), et acheta, au Thiergarten , une propriété qui avait appartenu entre autres au baron de KnobelsdoriT et à M. de Horist , et où il bâtit le château de Bcllcviic.

et à vous prier de vouloir bien donner une exclusion parfaite aux étrangers qui pourraient aspirer à l'honneur d'y être reçus. Vous m'obligerez sensiblement par cette complaisance, et je m'y attends en considération de la tendresse fraternelle avec laquelle je

suis pour la vie, etc.

wfs r

OéÎj H Polsdam , 1 4 mars 1 786.

Mon très - cher frère ,

Je suis infiniment sensible au tendre intérêt que vous ne cessez de prendre pour tout ce qui me regarde, ainsi qu'aux nouveaux témoignages d'amitié que renferme votre chère lettre d'hier. Agréez -eu mes sincères remerciments , et veuillez vous persuader du plus parfait retour de ma part, et combien je serai charmé de vous voir ici pour vous parler de mou attachement inviolable pour vous. Ce serait donc m'obliger beaucoup si vous me favorisiez d'une visite dans le courant de la semaine prochaine ; et, dans l'espérance d'avoir le plaisir de vous embrasser, je vous prie

de me croire avec une tendresse sans bornes, etc.»

l'otsdam, a5 mars 17SG.

Mon très-cher frère,

Je me flatte que vous êtes trop convaincu de mes sentiments envers vous, pour avoir besoin de m'étendre en fortes assurances

* Après la réception d'une lettre du prince Ferdinand, datée du i5 mars, le Kui l'invita, le iG, a venir le voir le mardi suivant (ai mars). C'est de cette visite qu'il est question dans la lettre suivante.

que votre séjour ici m'a fait un plaisir égal à celui que vous témoignez par votre lettre, en date d'hier, en avoir ressenti de votre part; et je suis véritablement touché de tout ce que vous y ajoutez d'obligeant et d'affectueux. Je vous rends un parfait réciproque à tous ces égards, et suis avec la plus tendre amitié et une considération parfaite , etc.

PoUilain , 7 août 1 786.

MON TKLS-CHER FKKKK ,

Je suis sensiblement touché des sentiments d amitié et du désir de me voir que vous me témoignez par votre lettre en date d'hier. Mais comme ma maladie me met hors d'état de vous faire les honneurs, vous voudrez bien avoir la bonté de différer votre venue jusqu'à ce que ma santé ait repris tant soit peu plus de forces. En attendant, je suis véritablement charmé de vous savoir entièrement remis de votre dernière indisposition, et je vous prie de compter sur la tendresse et estime parfaite avec laquelle je suis , etc.

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