‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 5)Chapitre 52 sur 81 · A SON FRÈRE · texte numérisé non relu

A SON FRÈRE

(6 MARS i75o — 7 AOUT 1786.)

i. AU PRINCE FERDINAND.

Ce 6 (mars 1750).

Mon cher Ferdinand,

Vous aurez la bonté de vous rendre incessamment l\ Berlin, où l'on veut vous faire communier dimanche. ■ Occupez-vous donc avec des idées de pénitence, et faites en sorte que vous y soyez vendredi à temps. Voici les passe-ports pour les chevaux. Je suis avec bien de l'amitié

Voire très -fidèle frère et serviteur,

Federic

a. AU MÊME.

Le 6 mai 1755.

Mon cher frkre,

La Reine douairière m'a dit, la dernière fois que j'ai été à Berlin, que vous aviez envie de vous marier, et que votre inclination vous portait pour la fille du margrave de Schwedt. Comme je ne trouve rien à redire ni à votre dessein, ni à votre choix, je me suis fait un plaisir de vous servir dans vos désirs, et j'ai fait sonder de loin le margrave de Schwedt, pour savoir s'il consentirait à ce mariage. 11 a été cette fois plus raisonnable qu'à son ordinaire, et il s'est montré porté pour cette alliance, dont il se trouve honoré. Il dépendra de vous de m'écrire si vous voulez que je la demande dans les formes, et quant à la conclusion du mariage, mon cher, vous voudrez bien attendre jusque vers

• 5) mars 1700.

l'hiver, pour que je mette entre ci et ce temps -là la dernière main à l'arrangement de vos finances. Je suis avec une sincère amitié, etc.

(Mai 1755.)

Mon cher frère,

Je suis bien aise d'avoir si bien rencontré vos intentions, et surtout que vous rendiez justice à la tendresse et à la véritable amitié que j'ai pour vous. J'écrirai aujourd'hui à la Reine douairière pour lui demander, comme il convient, son agrément pour faire en forme la demande de la princesse de Schwedt, et j'écrirai en même temps à ma sœur pour lui demander son consentement préalable; après quoi nous ferons la demande dans toutes les formes. Je vous embrasse, mon cher frère, en vous assurant de tous les sentiments tendres avec lesquels je suis , etc. a

(Mai 1755.)

Mon cher frkre,

Je joins ici la réponse de ma sœur de Schwedt, par laquelle vous verrez l'entier accomplissement de vos souhaits. La demande en forme est déjà faite, et le consentement arrivé; sur quoi je n'ai point balancé de rendre vos feux et vos amours publics. Si vous le voulez, les promesses pourront se faire à mon retour de Stargard. Je pourrais passer par Schwedt, et les pré-

* Le 10 mai 1705, le prince Ferdinand remercia le Roi des bontés qu'il avait eues pour lui dan» cette affaire.

liminaires s'y constateront. » Je vous embrasse de tout mon cœur, et je suis, etc.

(ag juillet 17SS.)

Mon cher frère,

Je suis fâché qu'on vous ait alarmé pour si peu de chose. Je suis tombé de cheval,!» mon cher frère, comme cent cavaliers tombent par an; je me suis un peu blessé et meurtri, mais d'ailleurs toujours à votre service et, à la danse près, en état de faire tout ce que vous voudrez, l'œil droit un peu poché, mais sans que j'en devienne aveugle, ou que j'en reste défiguré. Adieu, mon cher frère ; je vous embrasse. L'œil me fait trop mal pour vous en dire davantage.

Le aa mai 1757.

. ... Je n'exigerai rien qui soit contre votre honneur, mon cher frère ;c mais les Commando de couvrir des travailleurs ne se

• Le» fiançailles du prince Ferdinand et de la princesse Louise de Schwedt eurent lieu à Schwedt le i*r juin 175S. Voyc* ci-dessus. Avertissement, art. V. Voyea aussi t. VI, p. «17 et aaa, §. i4; L XIV, p. «vu, arU LV, et p. 38o

t> Voyex i. XXV, p. 371, et ci -dessus, p. 159. Frédéric était également tombé de cheval le a février 1746. Voyea l'ouvrage de M. de Hahnke, Elisabeth Christine, p. 4» 8 et 4>9» n° 38.

« Frédéric avait écrit au maréchal Keith, du camp de Prague, le ai mai 1767 : • Vous pouvez dispenser mon frère Ferdinand de couvrir les travailleurs: mais d'ailleurs il montera la tranchée comme les autres. • (L'original inédit de

54o V. LETTRES DE FRÉDÉRIC

donnent point à des princes du sang, parce que très-souvent l'ennemi les chasse. «

Brcslau, a janvier 1708.

Vous n'avez, mon cher frère, qu'à faire venir ma belle -sœur. u Elle arrivera le 5 à Berlin, et pourra partir de là le G ou le 7. Je crois que ma sœur Amélie fera aussi un tour ici. Je souhaite que vous vous remettiez, bientôt tout à fait.

(Brcslau) au mars 1759.

Mon cher frère,

Je n'ai demandé de vos nouvelles que par l'amitié que j'ai pour vous, et non dans l'espérance de vous revoir ici. Votre tempérament a été si prodigieusement ébranlé par ces funestes fièvres chaudes que vous avez eues l'année passée, qu'il n'y a que le temps, la tranquillité et les remèdes qui puissent la rétablir tout à fait, c Je vous prie donc instamment, mon cher frère, de vous

la lettre se trouve aux Archive* de l'État. F. 87, O.) Le prince Ferdinand fut bleue en repoussant les ennemis, qui avaient fait une sortie dans la nuit du a3 au a4 mai.

» Ces lignes sont le post -scriptura d'une lettre datée du camp de Prague, aa mai 1757.

I» Vove* ci-dessus, p. 169. Le prince Ferdinand était tombé gravement malade à Breslau, et avait demandé au Roi la permission de faire venir sa femme. Il se rendit ensuite à Schwcdt, puis à Berlin, à Stettiu et à Magdebourg. Sa santé fut languissante pendant toute la durée de la guerre de sept ans, et le Koi lui témoigna souvent le vif et fraternel intérêt qu'il prenait à ses maux.

« Voyei t. XX111 , p. aa , a3, 89, 4«. 46, 5a , 59 et 9a; t. XXV, p. 343.

tranquilliser l'esprit, de renoncer à cette campagne, et de faire usage de votre raison, pour que le chagrin ne contribue pas à miner vos jours et à renverser ce que l'usage de la médecine et des cures suivies qu'on veut vous faire prendre pourra rétablir. Je suis à présent sur le point de recommencer ma vie errante ; ainsi je commence à vous demander excuse si vous ne recevez pas de mes lettres ou de mes réponses. Ce n'est pas manque d'amitie; mais l'embarras et le fardeau que je porte est si pesant, que vous ne devez pas trouver étrange que le temps et les fatigues m'interdisent ce que mon cœur désirerait. Faites -moi cependant le plaisir de me marquer quelquefois comme vous vous portez. Je pourrai du moins avoir des nouvelles sûres, et je les aime mieux que les faux bruits qui se répandent, et qui laissent quelquefois dans une cruelle incertitude. Adieu, cher frère; je vous embrasse en faisant mille vœux pour votre conservation, vous assurant de la tendre amitié avec laquelle je suis, etc.

Bolkenhayn, a avril 1759.

Mon cher frère,

Il n'y a donc plus pour ma vieillesse que des événements de crainte à prévoir, et des objets douloureux qui s'offrent à ma vue. Ce n'est pas assez des cruelles pertes que notre famille a faites, j'en dois prévoir encore d'autres affligeantes et funestes. J'espère que ma sœur en réchappera encore; mais je voudrais bien que vous commenciez à m'écrire que cela va mieux avec vous. Depuis le temps que vous prenez des drogues, elles auraient dû faire quelque effet. L'on veut que vous preniez les eaux ce printemps; il faudra y aller, mon cher frère, et vous baigner, pour essayer de vous remettre. J'ai fait écrire pour des passe-ports , «

• Le gouvernement français fit quelque difficulté de donner au prince des passe» port» pour Schwalbach; mais il promit qu'on lui ferait l'accueil le plus prévenant à Plombières. Il ne fut fait aucun nsage de cette offre.

54a V. LETTRES DE FRÉDÉRIC

afin que rien ne vous arrête. Nous sommes ici dans l'attente des événements; mais la saison est si froide, qu'il ne sera guère possible de camper qu'en quatre semaines dans ces montagnes. Adieu, mou cher frère; j'ai toute sorte de choses à régler encore. Je vous embrasse bien tendrement, étant avec une parfaite estime, etc.

Keich-Hennersdorf. 1 5 juin 1759.

. . . . Ne pensez point à la guerre, mon cher frère, mais à vivre, mais à vous rétablir. Tâchez d'écarter toute idée fâcheuse et d'être aussi gai qu'il vous est possible, et n'augmentez pas mes chagrins par la crainte de votre danger.

Fiirstenwalde, 19 (août 1709).

Vous avez très- bien fait d'aller à Stettin. Nous avons été malheureux , * mon cher frère , parce que notre infanterie s'est impatientée un quart d'heure trop tôt. L'ennemi est joint par Hadik; toute l'armée veut marcher sur Berlin. Je me suis mis ici sur leur chemin ; je crois que demain ou après - demain au plus tard nous aurons une bataille. Les officiers et moi, nous sommes résolus de mourir ou de vaincre; veuille le ciel que le commun soldat pense de même! Prenez soin de votre santé, et n'oubliez pas un frère qui vous aimera jusqu'au dernier soupir. Adieu.

Mes compliments au duc de Wurtemberg, à Seydlitz, à Wc-

• Voye* ci -dessus, p. 199 et aoo, n" 68 et 69.

dell, à tous les honnêtes gens qui ont bien combattu, et ma malédiction à tous les coïons qui se trouvent chez vous sans blessures.

Kurstenwalde, a 8 août 1759.

Vous avez grande raison, mon cher frère, de me croire dans une situation difficile et épineuse. Cela finira comme tout finit dans le monde. Il faut de la fortune pour que ceci tourne à bien; les dés sont sur la table, le hasard en décidera. Attendez les événements sans vous inquiéter, et prenez soin de votre santé. Mes compliments à tous nos généraux blessés. Le prince de Wurtemberg a ou mal lu, ou mal compris ma lettre; mais ce qu'il y a de vrai, c'est que, une grosse heure avant la fin de la bataille, il n'y avait plus de cavaliers sur tout le champ de bataille. Ce n'est pas la faute des généraux blessés, mais c'est ce qui nous a perdus.

i3. AU MÊME.

Waldow, 5 septembre 175g.

Mon cher frère,

Je ne suis qu'un homme. Vous vous intéressez à ma conservation par amitié; mais, mon cher frère, l'Etat a subsisté avant moi, et se soutiendra après ma mort, s'il plaît à Dieu. Vous devez bien juger que, né sensible comme je le suis, j'ai souffert le martyre pendant trois semaines. Notre situation est moins désespérée qu'elle ne l'était il y a huit jours; mais je me vois entouré d'écueils et d'abîmes. Ma tâche est très-difficile, et, à moins de quelque miracle, ou de la divine ânerie de mes ennemis, il

sera impossible de bien finir la campagne. Mes compliments à tous nos blesses. Dites, s'il vous plaît, à Scydlitz que je souffre plus que lui; mon esprit est plus malade que sa main. Ma situation est sans cesse violente. Il n'y a plus d'honneur dans les

troupes; le j . . .-f les a possédés presque tous; on ne sait

à quel saint se vouer. Malgré tout cela, je fais bonne contenance avec mes coïons; mais je n'ose rien entreprendre d'audacieux avec eux. Je comprends très -bien que cette catastrophe n'a pas amélioré votre santé; mais il faut prendre sur soi dans ces occasions. Le mal qui nous accable n'est pas arrive par votre faute; il ne faut donc pas vous en chagriner. Tout homme, pourvu qu'il vive, essuie des malheurs, et voit quelquefois, au travers de ces nuages, des rayons de bonne fortune; il faut supporter l'une et l'autre. Le bon temps, comme le mauvais, passe, et à la fin, notre terme nous conduit au tombeau. La vie est trop courte pour de longues afflictions. Voilà de la belle morale. Est-ce que je la pratique? Ilélas! non; les premiers moments de la douleur sont trop violents; l'homme est plus sensible que raisonnable. « Soyez plus raisonnable que sensible, et rendez justice à l'amitié et à la tendresse avec laquelle je suis tout à vous.

i4. AU MÊME.

Wahlow, 10 septembre 1759.

Mon cher i-rkrk.

Depuis ma dernière lettre, Dresde a capitulé le jour que Wunsch a battu Maguirc auprès des Scheunen. Wunsch de là est retourné à Torgau, que Saint -André voulait reprendre avec onze mille hommes qu'il a sous ses ordres; Wunsch l'a encore battu, lui a pris toutes ses tentes, marmites, havre -sacs et ustensiles de ce corps, avec trois cents prisonniers, six canons et quelques éten-

• Voyc* l. XIV, p. 64: t. XVII, p. i57; t. XVIII, p. i58 et 18a; t. XIX, p. 43; t. XXIV, p. i37, i5t et48o; t. XXV, p. 45 et a36.

dards. Finck le joint, et leur corps ensemble marchera sur le prince de Deux -Ponts, et reprendra Dresde. J'espère d'attirer en peu toutes ces armées autour de Dresde, pour les éloigner de mon pays ; ce sera là , je crois , que cette campagne - ci se terminera.

Bien mes compliments au prince de Wurtemberg, à Seydlitz, et à tous nos généraux blessés ; j'espère que Seydlitz sera à présent tout à fait hors de danger; l'ébullition de sang le guérira de sa crampe à la mâchoire et de ses coliques, et comme il est au lit, il ne se refroidira pas. J'espère que les bouillons de vipère vous feront tout le bien que je désire; il faut calfeutrer votre santé pendant que la belle saison dure encore. Je crains l'hiver; il faudra beaucoup vous ménager pour le froid. Enfin, mon cher frère , j'ai encore deux cruels mois devant moi avant d'achever ma campagne. Dans ces deux mois, il peut arriver Dieu sait quel événement. Je vous embrasse de tout mon cœur, en vous assurant de la tendresse infinie avec laquelle je suis, etc.

(Baunau) ce i4 (*eplembre 1759).

Mon cher frère ,

Je vous remercie des nouvelles que vous daignez me donner de nos officiers blessés. Faites -leur, je vous prie, à tous mes compliments. J'espère que Seydlitz en échappera , et qu'il se tirera tout à fait d'affaire. Vous devez bien juger que, dans la situation où je me trouve, je ne suis pas sans soins, sans inquiétudes, et sans beaucoup d'agitations; c'est la crise la plus affreuse où je me sois trouvé de ma vie. Voilà le moment où il faut vaincre ou mourir. Daun et mon frère marchent ensemble. Il se pourrait bien que toutes ces armées se rassemblassent ici , et qu'une bataille générale décidât de notre fortune et de la paix. Prenez soin de votre santé, cher frère; tranquillisez- vous, et attendez XXVI. 35

en patience ce que le ciel ordonnera de nous. Je vous embrasse de tout mon cœur.

EUlerwenl*, la novembre 1759.

. ... Je vous demande pardon si je ne vous écris pas moi-même ; je suis faible et fatigué du voyage.

(Freyberg) ce i5 (février 1760).

Mon cher frkhe,

Je me flatte que votre santé va mieux; du moins cela me paraît par votre lettre. Notre situation parait plus passable de loin que de près; on reforme des régiments, mais ce ne sont que des recrues, et à peine avons-nous seize ofGciers auprès de douze cents hommes. Tout cela ne forme qu'une puissance factice, et dont on peut faire peu d'usage un jour de combat, comme l'expérience ne l'a que trop prouvé. Toute l'armée est en cantonnements resserrés depuis l'hiver, et forme le cordon contre l'ennemi. Ne nous flattons pas pour l'avenir; je crains et je prévois des malheurs pour la campagne prochaine. Nous avons fait des pertes irréparables la campagne passée, et les suites accablantes ne s'en feront sentir que la prochaine campagne. Je vous dis la vérité; elle n'est pas agréable, et, pour l'ordinaire, elle ne flatte pas. Vous pouvez croire que toutes ces idées tristes ne me flattent guère, et que je ne suis pas gai; cependant cela ne m'empêche point d'être avec beaucoup de tendresse, etc.

(Freyberg) ce aa (avril 1760).

Mon cher frère ,

J'espère que mon frère Henri vous aura fait mes compliments, et qu'il vous aura embrassé de ma part. Vous me faites de beaux remerciments pour un mauvais livre qui n'en vaut pas la peine. Ce livre m'a été volé, on m'a trahi; sans quoi jamais je ne Taurais fait imprimer.» Mais c'est le moindre des maux qui me soient arrivés. Quant au sort qui nous attend cette campagne, je ne saurais vous dire ce que j'en pense. Tant de choses casuelles, tant de hasards y peuvent influer, que la pénétration humaine ne peut répondre de rien, surtout dans la position où je me trouve, environné d'ennemis très - supérieurs. Adieu, mon cher frère; je vous embrasse de tout mon cœur, vous assurant de la tendresse avec laquelle je suis, etc.

(Leipzig) 8 février (1761).

Mon cher fkère,

«le sais que vos terres ont souffert par l'invasion des ennemis. b Je conçois l'embarras que vous en devez ressentir. Je ne suis pas, malheureusement, en état de réparer la brèche que vos finances et celles de tant de bons patriotes ont soufferte ; je fais ce que je puis, et de bien bon cœur. Recevez doue comme une marque de mon amitié le peu que je vous envoie; ne faites pas attention à la somme, mais à l'intention de celui qui vous l'envoie, et

« Voyez t. X, p. x ; t. XIX, p. 137 et 168 ; I. XX, p. m, art. IV. •» Voyez t. V, p. 76 et suivantes.

soyez persuadé que je serai tonte ma vie avec une sincère tendresse, etc.

Mcissen, a3 avril 17C1.

Mon trks-cher frère,

La part que vous venez de me donner de la grossesse de madame la princesse votre épouse m'a surpris agréablement, et je vous félicite de tout mon cœur d'une circonstance qui fait une époque mémorable, qui ne saurait que contribuer beaucoup à votre contentement et à celui de la princesse. Je vous prie, mon très -cher frère, d'être bien persuadé que j'y participe sincèrement, étant d'ailleurs avec la plus parfaite estime et une vraie tendresse de sentiments, etc.

Je vous félicite, mon cher frère; il faut que cet enfant devienne une merveille, car vous y avez travaillé six ans.

ai. AU MÊME.

Camp de Wahlslatl, 18 août 1761.

Mon cher frkre,

Les nouvelles que vous me donnez de ma sœur Amélie m'affligent beaucoup. Vous m'auriez fait plaisir d'ajouter un mot sur ce que les médecins espèrent de sa guérison. Je me flatte encore que sa jeunesse et son tempérament la tireront d'affaire. Je suis persuadé que vous y contribuerez autant qu'il dépendra de vous. Je ne vous mande rien d'ici, parce que ma lettre traverse le camp des ennemis pour vous être rendue; j'espère cependant

AU PRINCE FERDINAND. 54o

de pouvoir en quelque temps vous donner de bonnes nouvelles. Nous avons beaucoup de fatigues, et nous les supportons d'autant plus tranquillement, que nous avons eu, ce printemps et cet été, tout le temps de nous reposer. Nous avons eu différents petits avantages sur nos ennemis; je les passe sous silence, parce que cela ne décide de rien, et que, sans quelque grande fortune, ces brillantes bagatelles ne servent pas ù grand' chose. Tout ce que j'apprends des affaires de Westphalie me donne bonne assurance de la campagne du prince Ferdinand. Nous ne parviendrons à la paix que par un chemin rude et semé d'épiucs, tel qu'on dit être celui qui mène en paradis; tout veut être acheté, tout a son prix dans ce monde; les succès sont achetés par de durs travaux, et l'on ne parvient à la tranquillité qu'après avoir essuyé les plus grandes inquiétudes. Je vous prie de ménager votre faible santé. Mes compliments à ma nièce ou à ma bellesœur, qui va me faire d'un coup oncle et grand -oncle à la fois. Je souhaite qu'elle accouche heureusement d'un Gis qui vous ressemble, à la santé près. Adieu, cher frère; ne m'oubliez pas, et soyez persuadé de ma tendre amitié.

Bunzelwiu, a4 septembre 1761.

Mon cher fhère ,

Votre lettre du mois passé ne m'a été rendue que ce moment. Nous avons été environnés d'une multitude d'ennemis, qui s'est dissipée comme le brouillard. Vous saurez sans doute tous les avantages que le général Platen a eus , tous les magasins qu'il a ruinés , et tous les prisonniers qu'il a faits sur les Russes. Ceci a obligé Buturlin à retourner en Pologne, et, faute de vivres, il sera contraint de passer la Vistule, de sorte que nous n'avons pour cette année aucune invasion à craindre de la part de ces barbares. Notre campagne de Silésie se terminera heureusement,

selon toutes les apparences; mais il faudra encore penser et s'arranger pour celle de l'année qui vient. Vous me faites plaisir de me mander que la santé de ma sœur commence à s'amender. Je fais des vœux pour que cela continue. Cependant je crois que si elle continue l'exercice, et quelle observe un bon régime, elle se rétablira entièrement. Je vous embrasse, mon cher frère, en vous assurant de la parfaite tendresse avec laquelle je suis, etc.

Strehlcn, 5 novembre 1761.

Frédéric écrit à son frere pour le féliciter sur la naissance de la princesse Frédérique-Élisabeth-Dorothéc- Henriette- Amélie, née à Magdebourg le Tr novembre 1761. Cette lettre est de la main d'un conseiller de Cabinet , et le Roi y a ajouté de la sienne les mots suivants :

Je souhaite, mon eber frère, que la fdlc qui vous est née soit plus heureuse que son oncle.

(Août 1763.)

MON C11EH FilÈliE,

Je suis charmé que les fruits de Sans -Souci vous aient été agréables. Je serai attentif à vous en fournir de temps en temps. Il dépendra de vous de choisir pour votre aide de camp qui bon vous semblera, et de le nommer à la caisse de guerre, pour qu'on lui paye ses appointements. Le prince de Wurtemberg est de retour de la Souabc, où il s'est arrangé avec son frère le mieux

qu'il l'a pu. Je vous envoie, mon cher frère, un tableau original de Rubens; j'espère que le sujet qu'il contient vous fera souvenir de votre promesse, vous assurant de la plus tendre amitié avec laquelle je suis, etc.

Ce ia (avril i7(>4).

Mon cueh frère,

Je suis bien aise de la confiance que vous avez prise en moi, et de ce que vous m'écrive/, naturellement sur votre situation. Je vous répondrai de même, mon cher frère. Chacun rend justice dans l'armée à votre valeur et à la manière distinguée dont vous avez servi tant que votre santé vous l'a permis. Tout le monde sait que vous avez des infirmités qui vous empêchent de vous livrer aux fatigues comme au trefois. Ainsi, mon cher frère , vous pouvez être, de ce côté -là, très- tranquille, et ne vous point représenter des choses qui certainement ne sont point; car tout ce qui vous est arrivé est si évident et si connu de tout le monde, que la médisance et la malignité n'y trouvent aucune prise. Tout ce que j'ajoute à ceci n'est relatif qu a des circonstances de famille qui méritent votre attention. La première est , mon cher frère , que le régiment vous appartient toujours, et que votre présence, ne fût-ce que pour peu de temps, inspire plus d'ambition aux officiers, principalement s'ils voient que vous distinguez les bons officiers des médiocres. La seconde chose regarde mou neveu; on a toutes les peines du inonde de lui donner une certaine ambition, et s'il voit un de ses oncles qui quitte le militaire, il croira que c'est un exemple qu'il pourra suivre. Ainsi je vous prie de lui donner ce bon exemple, cependant en prenant tous ménagements, pour votre santé, convenables, et en vous fatiguant le moins que possible. Je vous parle, mon cher frère, du fond de mon cœur, et je vous dis sincèrement ce que je pense; faites

55a V. LETTRES DE FRÉDÉRIC

ce que vous pourrez sans vous incommoder. Pour notre neveu . enfin, que l'exemple de tous ses parents l'oblige à suivre la route que nous lui traçons. Je suis avec la plus tendre amitié, etc.

Ce ai (octobre 1765).

Mo.N CHEK FKKKE ,

Vous aviez, bien raison de penser que votre lettre m'affligerait sensiblement. On aime à se flatter tant qu'on peut, et l'on s'abuse. J'ai voulu d'abord me rendre à Schwedt, pour voir encore celle chère sœur" et l'assister de ce qui dépend de moi: bientôt cet affreux congé s'est peint à mes yeux avec tous les traits du désespoir sous lesquels il se présentait, que j'ai hésité, et que j'ai résolu de ne me rendre chez ma sœur qu'au cas qu'elle désirât ma présence. Voilà, mon cher frère, ce qui s'est passé dans mon cœur, et dont je vous rends compte. Je vous prie d'assurer notre bonne et chère sœur de toute la sensibilité que rae cause sa situation. Elle m'est toujours présente éveillé , la nuit je rêve d'elle, et son idée ne me quitte point. Adieu, cher frère: puissiez,- vous avoir de meilleures nouvelles à me donner! Toutefois soyez persuadé de la tendresse infinie avec laquelle je suis,

Ma trks-chèke sœur,!»

Votre fidèh* frère et serviteur, Federic.

* La margrave Sophie. Vo\cz t. XYlll, p. i38.

Le manuscrit porte en efTet Ma trrs-chère strur, mots que Frédéric a sans doute écrits dan* la préoccupation que lui causait la maladie de la margrave de Schwedt.

(Octobre ou novembre 176S.)

Mon cher kkkhk,

Vous pouvez juger facilement de l'impression que m'a faite votre lettre; mais sans m'épancher en plaintes, j'en viens d'abord à ce qui peut sauver ma sœur, et je ne vois, mon cher frère, que deux moyens. L'un est l'usage des diurétiques; le second est une légère incision ù la jambe, pour faire écouler les eaux. Je ne crains que l'irrésolution des médecins à prendre leur parti , car, dans un cas comme celui-ci, il en faut prendre nécessairement. Pour moi, qui ne vois pas ma sœur, je me garde bien de décider d'ici ce qui peut lui convenir; mais le principal, à présent, c'est de presser les médecins à prendre leur parti, sans quoi ma sœur mourra , faute d'être secourue. Gothenius » arrivera , j'espère , demain matin là-bas. Je vous prie d'assurer ma bonne sœur de la plus vive tendresse, et d'être persuadé de tous les sentiments avec lesquels je suis , etc.

03 ou i4 novembre 1765.)

Mon cueh frkhk ,

Vous m'annoncez la perte d une parente tendrement aimée, 1> d'une amie fidèle, et d'une personne qui pouvait servir de modèle de vertu, trois qualités qui ne se trouvent que rarement dans le monde. Je sens toute la grandeur de la perte que je fais; elle m'est d'autant plus sensible, que, à mon âge, elle est irréparable. Mais je vous avoue que je ne me repens pas de n'avoir pas été présent à ce moment fatal , quoique ma douleur soit la même. Embrassez tous ses enfants en mon nom, et dites -leur

» Voyex t. XIII, p. a8, et t. XXV, p. 3n$.

»» La margrave Sophie mourut à Schwedt le i3 novembre 1765.

qu'ils peuvent compter que certainement, par mon attachement et ma tendresse pour eux, je tâcherai de diminuer la douleur que leur cause la perte d'une mère aussi respectable. J'entre dans tous les arrangements que ma sœur a pris pour sa fille cadette, et vous pouvez entièrement compter sur moi. C'est au moins un service que je puis lui rendre, toute morte qu'elle est. Je dois vous dire encore que je dois à ma sœur trente mille écus; je lui en ai payé les intérêts tous les quartiers de la Trinité. Si les enfants veulent l'argent, je m'offre à le leur payer entre ci et un an; s'ils veulent les intérêts, je continuerai de les leur payer de même. Je vous prie de le leur dire. Voilà, mon cher frère, un triste sujet de correspondance. Veuille le ciel que je ne vive pas assez longtemps pour recevoir encore de pareilles nouvelles! Je vous embrasse de tout mon cœur, étant avec le plus tendre attachement, etc.

Ce aa (novembre 1765).

C'est toujours avec une douleur nouvelle que je m'occupe* de ce qui concerne une personne que je regrette en vain. Cependant, comme je lui manquerai aussi peu de fidélité après sa mort que je lui en ai manqué pendant sa vie, vous pouvez assurer ses filles mes nièces que, eu tout ce qui dépend de moi, je tâcherai d'adoucir la perte qu'elles ont faite, et elles trouveront en moi le même attachement qu'en leur mère. Mais, mon cher frère, tout ce que je puis leur dire ne remplace pas ce que la mort vient de leur arracher. Pour vous, vous savez, mon cher frère, que je vous aime si sincèrement et si tendrement, que vous ne pouvez hériter de la tendresse que j'ai eue pour ceux qui ne sont plus, parce qu'on ne saurait vous aimer ni estimer plus que je le fais. Je souhaite que nous ayons des matières plus agréables à

• Le» moU que je m'occupe tout omis daus 1 autographe.

traiter que celles qui malheureusement ont fait les sujets de nos tristes discussions. Que votre santé, d'ailleurs si délicate, ne souffre pas du juste chagrin qui vous navre, et que nous vous conservions longtemps! Etant avec les sentiments les plus sincères et les plus inviolahles , etc.

3o. AU MÊME.

(Décembre 1765.)

Mon cukk fhère,

Comme on dit en ville que vous arrive/, aujourd'hui à Friedrichsfelde, je prends la liberté de vous envoyer une bagatelle que je vous prie de recevoir en bonne part. Si vous l'agréez, je viendrai un jour chez vous pour vous voir, ainsi que ma nièce. Je ne vous parlerai de rien de fâcheux qui puisse toucher à une plaie qui saigne encore. Je suis avec la plus tendre amitié, etc.

Ce ao (décembre 1765).

Mon cher fkkhe,

«Je suis bien aise de savoir que j'aurai bientôt la satisfaction de • vous revoir, et je compte alors, mon cher frère, que nous pourrons nous entretenir sur tout ce qui regarde feu notre bonne sœur et ses enfants. Prenez toutefois bien garde à votre santé, et conservez - vous pour une famille qui vous aime , et pour un frère qui est avec les sentiments de la plus sincère tendresse, etc.

Potsdam, 8 juin 1767.

Mon thks-cuer frère,

Tout porté que je sois à vous faire plaisir, je n'ai cependant pu me dispenser de confirmer la sentence que l'auditoriat général a prononcée contre le lieutenant de Schmettau, * de votre régiment. Il est condamné à trois mois de forteresse, et vous conviendrci, mon cher frère, qu'il est quitte à assez bon marché pour les excès qu'il a commis. Je suis, dans les sentiments d'une parfaite estime et amitié, etc.

Le cas où se trouve Schmettau n'est pas pardonnable , mon cher frère; il est contre les lois de toute société qu'un particulier se fasse justice à lui-même; il a pensé tuer un homme, et pareil acte de violence ne saurait demeurer impuni pour l'exemple.

Le a décembre 1767.

Mon cher frère.

Je suis charmé que mes fruits vous aient fait plaisir. Ce sont les marques de la fécondité de ma vigne.b Quand la votre , mon cher frère, nous produira -t -elle, non pas des raisins, mais de beaux * jeunes neveux, dont nous avons si grand besoin? Faites -en, je vous prie; rien ne pourrait augmenter la tendresse que j'ai pour vous , si elle peut s'augmenter, que de recevoir de vous , mon cher frère, une nouvelle aussi agréable. Je suis avec la plus tendre estime, etc.

» Vo} ce ci-dessus, p. 4 16.

*» L. c, p. 68, 74, a84 et ag3.

(Janvier 1768.)

Mon cuer frère,

«Je ne vous souhaite que de la santé. Tout le monde est persuadé de votre bonne volonté et de votre noble ambition, dont vous avez donné tant de marques pendant la guerre. 11 ne vous manque, mon cher frère, qu'un corps plus robuste, ce que vous ne sauriez vous donner, et ce que la nature donne ou refuse aux hommes selon son caprice. Je suis bien aise que vous approuviez le faible monument que j'ai élevé à notre pauvre neveu,» et je puis vous assurer que je n'ai dit sur son sujet que la vérité toute simple et toute pure. Je souhaite que ce soit le dernier de mes parents dont j'aie à déplorer la perte (j'en excepte le beau-père b et le margrave Henri, l> car je ne les compte pas de la famille), et je vous prie de me croire avec la plus tendre estime, etc.

l'oUdam, i5 septembre 1768.

Mon très -cher frère,

Votre lettre du 4 de ce mois m'a été rendue ici , à mon retour de Silésie, et son contenu m'a fait un plaisir infini. Je suis charmé d'apprendre que vous vous portez bien, et que la santé de la princesse votre chère épouse se raffermit de jour en jour par les eaux qu'elle prend à Spa. Mais ce qui a mis le comble à ma joie, c'est l'espérance que vous me donnez, mon très - cher frère , de pouvoir m'annoncer dans quelques mois d'ici que nos vœux vont

» Voyei t. VII, p. 37-49.

I» Voyei t. V, p. 65 et aoa; t. VI, p. aa3; t. IX , p. 3g ; et, dans le volume suivant, la lettre du margrave Charles à Frédéric, du 3i janvier 1753.

s'accomplir, et que la princesse se trouve enceinte. J'en attends la nouvelle avec la dernière impatience, et ce sera assurément une très-grande satisfaction pour moi et pour toute notre maison royale. En attendant, je saisis cette occasion avec empressement pour vous renouveler les assurances de cette tendresse fraternelle et inaltérable avec laquelle je ne cesserai jamais d'être, etc.

Les nouvelles que vous m'écrivez, mon cher frère, me donnent d'agréables espérances; mais souvenez - vous , je vous prie, qu'il nous faut des réalités d'une ou d'autre manière; le temps presse, et il est précieux.

PoUdani, a novembre 1768.

.... Je suis charmé, mon cher frère, de la convalescence de votre fdle; mais je vous conjure par tout ce qu'il y a de sacré de ne point oublier de quoi je vous ai entretenu ici , et sur quoi j'ai si fort insisté. Je dois vous presser plus que jamais d'accomplir votre promesse. Je vous embrasse du fond de mon cœur.

PoUdani, i5 décembre 1768.

Mon très-cher frkrk,

Toutes les occasions où je puis vous témoigner ma tendresse fraternelle me sont infiniment agréables, et je les saisis toujours avec le plus grand empressement. C'est dans la même vue que je vous ai fait présenter en dernier lieu le mouton de Sibérie; et quoique ce ne soit qu'une bagatelle, vous lui avez pourtant fait l'accueil

auquel je m'attendais. Vous ne sauriez croire, mon très -cher frère, combien je suis charmé de recevoir toujours de nouvelles assurances de votre amitié, et vous pouvez, être très - persuadé que je ne désire pas moins de vous embrasser à Berlin en bonne santé. Je compte d'avoir cette satisfaction demain, et de vous renouveler de bouche combien je vous aime et avec combien de vérité je suis, etc.

Souvenez- vous , mon cher frère, que je mets toute mon espérance en vous.

Potsdani, 17 mai 1769.

Vous n'auriez assurément pu me donner une nouvelle plus agréable que celle, contenue dans votre lettre du i4 de ce mois, de la grossesse de ma chère nièce, la princesse votre épouse. Je vous en félicite de tout mon cœur, aussi bien que la princesse; et prenant, au surplus, une bien sincère part à cet heureux événement, il ne me reste, mon cher frère, que de vous réitérer à cette occasion les assurances de la véritable estime et tendresse avec lesquelles je suis , etc.

Je vous félicite de tout mon cœur, mon cher frère, de la bonne nouvelle que vous venez de me donner.

5Go

3g. AU MÊME.

Potsdam, 10 août 1769.

Mon cher frère,

Comme je pare bientôt pour la Silésie, et que je ne sais pas précisément quand la princesse votre épouse accouchera, j'ai cru devoir vous prier, mon cher frère, de vous servir d'un accoucheur dans cette occasion, parce que les chirurgiens sont plus habiles que les sages -femmes, et que même, en cas de danger, il faut toujours avoir recours à eux. Sans chirurgien, ma nièce de Hollande était perdue. Enfin j'envisage la prière que je vous fais comme absolument nécessaire, et je ne doute point que, par l'amitié que vous m'avez toujours témoignée, par la tendresse que vous avez pour votre femme, et par l'importance d'un héritier, dont l'État a si grand besoin, vous ne consentiez à mon instante prière. Vous augmenterez par là, s'il est possible, la tendresse, la considération et le fidèle attachement que j'ai pour vous, étant, etc.

4o. AU MÊME.

Ce ai (octobre 1769).

MON TRÈS -CHER FRÈRE

Vous jugerez facilement de la joie que m'a causée une nouvelle aussi bonne et aussi intéressante pour le pays que pour la famille , 11 dont vous me donnez part. Je m'en réjouis du fond de mon cœur, et je vous prie d'en témoigner ma sensibilité à la princesse , à laquelle je souhaite qu'elle relève heureusement de couche. Voici , mon cher frère , un petit embarras où je me

• Frédéric parle de la naissance du prince Frédéric-Henri-Émile-Charles, fils du prince Ferdinand, né le ai octobre 1769, mort le 9 décembre 1773. Voyex t. XXIV, p. 465 et 469.

AU PRINCE FERDINAND. 5Gi

trouve. L'électrice de Saxe vient d'arriver;4 je ne saurais la quitter de bonne grâce, de sorte que si vous voulez bien attendre avec le baptême pour le jour qu'elle ira à Berlin, ce qui sera à peu près mardi, au plus tard mercredi, et alors, si vous voulez, toute la famille pourra s'y trouver; et comme cependant je suis obligé de faire les honneurs à l'Electrice, il me semble que si nous venons tous au baptême l'après-midi, ce sera le temps qui accommodera le mieux chacun en particulier. Je vous embrasse mille fois, mon cher frère, en faisant mille vœux pour vous, et en vous assurant de la tendresse infinie avec laquelle je suis, eu*.

4i. AU MÊME.

Ce a3 (octobre 1769).

Mon cher frère,

Le baptême pourra se faire vendredi, comme vous le désirez. L'Electrice se fera un plaisir d'être marraine et d'y assister, mon cher frère, de sorte que tout s'arrangera selon vos désirs. L'Electrice viendra le mercredi à Berlin, où j'espère d'avoir le plaisir de vous embrasser et de vous assurer de toute la tendresse avec laquelle je suis, etc.

4a. AU MÊME.

Ce 11 (avril 1770).

Mon cher frère,

Je vous rends mille grâces des bonnes nouvelles que vous venez de me donner. Vous pouvez croire qu'elles me font un plaisir » Voyei t. XXIV, p. m.

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