ROY CHARLES VII
Le mal payer, faux conseilliers,
Le discord d'aucuns chevaliers,
Impositions et gabelles.
Ont eslevé guerres nouvelles,
Qui jamais jour ne fineront,
Tant que tels choses dureront :
Car maints servent le roy françois,
Qui pourtant sont de cœur anglois ;
Et service fait contre cœur
Ne peut profiter & nul feur *.
Le sage sy dit et reoorde,
 qui du tout je bien m'accorde,
Que prince hay en sa terre
Ne peut vivre sans avoir guerre ;
> Charles VII, diaprés le continuateur de Monstrelet, tronva ces vers sur son lit en rentrant de la messe. Ces vers sont-ils de Chastellain? Ce qui me porte à le croire sans Vafflrmer, c^est que dans d^antres circonstances il répandit à peu près de la mdme manière des strophes où il blâmait également la conduite de Charles VII. Chastellain fit en 1446 un voyage en France, et Tan des vers de cette pièce paraft renfermer la première pensée du Miroir des princes et nobles de Franu.
> iVtfr, prix, valeur.
Toa. Ti. 9
Ne il n*6n chaut à ces haulx hommes, Qui du roy ont les grosses sommes, L*or et l'argent et les grans terres.
Far iceux sont menés les guerres, Qui au payer sont les premiers Et au besoing sont les derniers.
Mirez-Yous icy, ducs et roys, Qu'en la fin n'oyez le sourdois *; Et s'en la guerre allez tel erre, Seurs soyez que vous perdrez terre , Car bien payer acquiert amis, Mal payer acquiert ennemis.
Laissez bois, laissez rivières.
Prenez lances, levez bannières.
Fuyez les faux, suivez les sages.
Allez aux champs, yssez les cages, Ou vous avez honneur perdue; Et sy vous dis bien sur ma teste, Qu'on vous tiendra trèstous pour beste ; Je parle au duc, je parle au roy, Et sy suis mu de bonne foy.-
> Sourdois, ce qui se dit à roreille.