‹ Œuvres de Georges Chastellain (volume 2)Chapitre 19 sur 45 · RONDEL · texte numérisé non relu

RONDEL

Les servitears submis à robsenrance, Quoyque fiouvent il leur tourne à grevanôe > De non avoir leur plaisir à toute heure, Toutevois Dieu soubs qui rien ne demeure, A teU serVans ne fist onc décevance.

Mains il conyient par contrainte eslevance Qulionneur, fortune ou amour les ayance

> Ce rondean se trcaye dans le recueil des poésies du due Charles ^Orléans, Bibl. imp. de Paris, f. fr. 1104, f> 91. Il fût yraisemblablement adressé à ce prince lors de la visite que Chastellain et Olivier de la Marche lui firent en 1448, et pour mieux en expliquer le sens, J^insé. rerai ici les deux rondeaux qui le précèdent.

BONDBL DB OLIVUSS DE LA MABCHB.

Pour amour des dames de France, Je suis entré en Vobservance Du très-renommé saint François, Pour cuider trouver une fois La douce voje dalégeauce.

Saint suis de corde de souffrance, Soubs haire d'aigre désirance, Plus qu'en mon Dieu ne me congnois.

Pour amour des dames de France, Je suis entré en Tobservance Du très-renommé saint François.

Soubrement vis de ma plaisance Et june ce que désir pense, Mendiant partout où je vois.

Je veille à conter par mes dois

132 RONBEL.

En quelque endroit et au besoing seoeure Les serviteara sabmis à robservanoe, Quoyque souvent il leur tourne à grevance De non avoir leur plaisir à toute heure.

De long souffrir en pénible estrivance Naist aux souffhms haute et riche observance Finablement qui les paye et honneure.

Après raigret trouv&on la doulce meure Qui radoucit en leur propre savance Les serviteurs submis à Tobservance, Quoyque souvent il leur tourne h grevanoe De non avoir leur plaisir à toute heure.

Les manlx que m*a fait espérance.

Pour amour des dames de France, Je sais entré en robservance Du tr&s-renqmmé saint François.

BOHDBL DB VAnULHT.

Des alnonrenx de robservance Je suis le plus snbgiet de France, Car Je sers d'estre mandien Bt cherche le ootidien ; Mais nul en mon sac rien ne lance.

« Aux frôres Tanmosne ponrDien! v Tonsjonrs vais criant dliais en hais.

Las 1 charité ne trouve en lien, Ne pitié ne scet qui Je suis.

Retourner m*en fiaalt sans pitance ; Désir le poarveur tance, Pais le beau père gardien ; * Pis suis que Boesme mendien :

L*ordre veuil laisser sans doabtanoe.

Des amoureux deVobservance Je suis le plus subgiet de France, Car Je sers d'estre mendien Bt cherche le eotidien ; Mais nul en mon sac rien ne lance.

Thrtna azuré, merveiUeuBe lumière, BefSamboyant de mainte fleur dorée, Noble maison françoise, coustumière De toute honneur, sourse de foy première, Dont, soubs le ciel, la terre est plus parée. Jointe emprès Dieu, des autres ëéparée Par cas dlionneur, de titre et de louenge, Ck>mme est sur terre un homme emprès un ange.

0 glorieuse ezcellenoe royale,

Renommée batillière anchienne.

Du peuple Dieu championne loyale.

Bras renforchié de grâce espéciale

Pour envalr mescréance paienne,

0 reluisant majesté terrienne.

Dont mal au vray peut s'exprimer la gloire :

Icy tu livres un peu ton auditoire.

Tournant, virant toutes histoires saintes. Bibles, psaultiers, légendes, prophéties.

Dont j*ay au coBur les substances empraintes, 0 ! que j*ay &it méditations maintes , Noble maison, sur tes controvendes, Qu*après honneurs et gloires infinies

> Publié d*aprèe le ms. 120 de la Bibl. Laurentienne à Flore&ee.

Comme de ooart qui tant tait à oongnoistre Ses faite oa dite qu'on lee met en registre. Non pas de moy, car à peine une épistre Poorroje-Je faire en bon sens et bon art, Ne composer en rayson un chappitre Dont compte on flst ne que de ceux qu*on art.

A ton engin trop plnscler que cristal.

Chose impossible à moy, faire est facile ; Mais au dur mien pesant comme métal, Léglère chose est grave et difficile.

Car tout le sens de Rome et du Concile, Ke du monde si grant qui passe ayant.

Tant snysde sens ignare et imbécile, Ne me feroy t, sy croy-je, pas savant.

Tn semblés mieulz à ton parler estre ange, Tant hault atteins, que humaine créature; Car ton parler vers aultre est plus estrange Que n*est feu vif vers feu fkit en peinture. Ta langue à point si à ton escripture Conduit ses mots par ton sens qui les maine, Que mieulx semblent d'angélique nature Estre parfaits que de nature humaine.

Dont te procède et dont te vient ce bien

Dont tous facteurs ont admiration?

Est-ce de toy ? Nenny , tu le sçais bien.

Point ne t*en fault la déclaration ;

Car tu ne peux faire opération.

Ne homme vivant, rien qui soit fructueux,

S'il n'est permis par l'inspiration

Du Tout-Puissant qui tant est vertueux.

Et pour ce, amy Chastelain très-loyal, Congnois le bien que le prince dlionneur T'a ministre, comme ausmosnier royal Qui donne tout, tant est large donneur. En luy priant, comme au doulx pardonneur, Qu*il te pardoint des biens ringratitndé. Et merciant affin qu'il te donne eur.

Après trespas gloire et béatitude.

Or prens en gré si tu veulx ou ne venlx; Car je t'escry comme à cousin germain

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