DU ROT CHARLES YII
Ça fait noble homme à honneur parattaindre
Et à bienfaire estre doit et facile.
Lors donc, quand l'œil veut les périls estraindre
De mort, de feu, de plours en domicile,
Il n'y convient, à tout dire et riens faindre.
Que tost emprendre et fuir long concile.
Dieu aux bons cœurs donne les adventures, ' Et de sa main conduit leur entreprendre ; Et contre espoir souvent donne romptures Sur leur plus fort, et victoire en fait prendre. Je ne fus onc à molles nourritures, Ains à tout aigre et criminel apprendre ; Donc, à Texemple à si faites natures J*ay fait mon cours. Dieu pardoint le mesprendre !
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Là où Dieu veut contourner la' rosée.
Là croissent fruits et fleurit arbre et pomme ;
Mais sy voit-on povre terre arrosée
DTiumble vassal, si bien que d'un haut homme.
Tant qu'ay vescu, s'est ma force exposée
A prompt servir en estât' de preudhomme.
Par quoy, s'en ce m'est gr&oe disposée,
J'en loue Dieu tant qu*un César de son Rome.
De petit trou, grand sourgon ne peut ystre. Ne grand efifet, de petite personne.
Ne povre œuvrier ne peut grand œuvre tistre. Ne sobre estât aux grans point ne consonne. Porté néantmoins j'ay tonnoire et édistre. Et maint dangier en quoy mort se foisonne ;
* AmadocdaVignolesétaitfitredeLaHire.
» Var. M.
• Var. employ.
Roy, prens en gré, je Tay fait à bon titre : Du fait Dieu doint que le ciel en résonne l
JBHAM DB BRBZÉ*.
De bon vouloir, j'ay assez qui m'approuve Quel je Tay eu envers ta seigneurie.
Quand le travail de ma très-longue espreuve Te monstre au doy, dont Tœuvre est avôrie. Riens toutefifbys je ne dy par répreuve, Car point n*y chiet cause de vanterie , Mais pour monstrer le cas comme il se trouve : Tout œil Ta vu, ma vie y est périe.
Ne plains pourtant ma mort, ne ma ruyne, Mais que ta gloire y puîst avoir essourse. Car cent* autre que je viens de l'orine Qui hayt Angloys et volontiers les course*. J*ay pourchassé leur mort et leur bruyne Tout mon vivant par emprinse et en course : S*en gré le prend la majesté divine, J*en suis plus cler que de nul or en bourse.
l'amibal db oobtivt'.
Le fondement de vraie amour rassise, C'est loyauté en estable courage, Et là où maint telle noble franchise, Là tient vertu volontiers son estage *;
< Jean de Brezé, seigneur de Loon, capitaine de Lonviers, taé en 11 12 dans un combat près d'Évreux. n était Mre de Pierre de Breié. ' Seei? Sçait? • Course (anglais : to eurse), maudit.
* Prégent de Co6tivy, seigneur de Rais, amiral de France, taé d'an coup de canon en 1450 au siège de Cherbourg, « ce qui fût, dit Jean « CliarUer, un fort grand dommage et notable perte poar le roy, car M il estoit un des Taillans clievallerB et renommés da royaume de « France. •
* Var. ancrage.
DU ROY CHARLES Vil. 445
Labeur y va, vaillance y est précise, Sens y pourvoit (à tel cas tel œuvrage). Le bien s*y quiert, le mal se préadvise, Et rien n*y va à perte, ne vaucrage.
Si donc d*amour qui le courage allume
Me loist parler, ô roy, devant ta face,
D'avott aymô léauIiAent me présume,
Car apparu, f en est mainte efficace.
Bien heureux est qui sa vie consume
En devoir faire et en œuvre de grâce ;
Car Tor du monde emprès, ce n'est * qu'escume
A qui defifend à suir bonne trace.
MBSBIBB BOBKBT DB FLOQUBS '.
Comme le fait de ton noble royame Pend en subtile humaine intelligence.
Appert tout der que ce que plus roy ame, C'est aigre exploit conduit par diligence. Le mol emprendre infère tel foys blâme. Et maint haut bien se perd par négligence ; Donc & mon temps tel ay eu los ' et famé. Qui ne Teust pas, ne fust par indigence.
Donc moy, le moindre entre les corps louables
De ceux qui ont esdarcy ta fortune.
Tant comme ay pu, en leurs vertus voyables.
Les ay suivy par destresse mainte une.
Si mes faits sont petit recommandables,
Aussy n'en quiers-je avoir grâce nésune,
• * Var. ne vaut,
* Robert de Flocques, dit Flooquet, bailli d^Évrenx, maréchal héréditaire de Normandie.
• Yat. gloire.
Mais au besoing voit-on les plus aydables : Los quis sans cause est folie importune.
LB CONTB d'aUMALLB'.
Quoyque mort soit Testroite fin ultime
De nos destroits * et passages terribles,
Sy n'est-el pas si bydeuse en Testime
Qu'il ne soit cœurs soubs la peur non vaincibles.
Ce fait honneur par lien légitime
Qui c(»itempner leur fait tous cas horribles.
Et de Tertu les grandist et anime.
Mieux amans mort que vivre dépressibles.
Ce ne dy pas, 6 noble roy de France, Par nul esgard & ma povre personne.
Mais pour Textrème oultrageuse vaillance De mes meilleurs dix mille en ta couronne, Qui mettans main aigre en ta reoouvranoe, De leur sang rouge ont restably ton trosne, Toy rendant vie en leur mortelle oultrance Et là où mort de gloire les fleuronne.