INTRODUCTION
données historiques. Chastellain ne se contente pas de nous entretenir de ses études et de ses premiers travaux : il nous offre le témoignage de cette indépendance et de ce courage qui font Thonneur des lettres et qui, dans tous les temps, eurent leurs dangers aussi bien que leur gloire.
XIV. — ilysière de la mort de Charles VIL Ce poëme avait été publié par M. Jubinal d'après le ms. assez incorrect de la Haye. Le ms. de Florence nous a permis d'en améliorer le texte : les noms propres notamment ont été rétablis avec soin.
Dans ce volume, la collation des mss. conservés en France, en Italie, dans les Pays-Bas, a offert des difficultés de plus en plus nombreuses. Nous ne saurions assez reconnaître combien ce travail nous a été rendu plus facile par Tobligeante érudition de M. Michelant à Paris, de M. Milanesi à Florence, de M. Campbell à la
Il nous reste à expliquer pourquoi nous n'avons pas fait entrer dans ce volume deux ouvrages attribués à Chastellain dans Tintroduction que nous avond jointe au tome P': les Notables enseignements paternels et Y Instruction dun jeune prince. L'autorité de Lacroix du Maine et de La Serna ne nous parait point suffisante, et bien que dans un ms. de la Bibliothèque de l'Arsenal à Paris, un de ces traités soit joint à un* ouvrage de Chastellain, une lecture attentive ne nous a pas permis d'y reconnaître le style de notre auteur.
Rien ne nous autorise non plus à attribuer à Chastellain, ni Va h e de doctrine paternelle conservé à la Biblio-
in I19TRODUCnON.
thèque de Douay , ni la Doctrine du pire au fils, imprimée àParis sans date par Pierre Mareschal etBamabé Chaossart, dont voici les premiers vers :
Mon enfttnt, si ta veux bien Tivre En ce inonde honnestement, Retiens en ton entendement Ce qui eet en oe petit livre.
Noas ne doatons pas que le lecteur, à mesure que passeront sous ses yeux ces pages souvent éloquentes et toujours dictées par une pensée loyale et généreuse, n'apprécie de plus en plus Vautorité d'un chroniqueur si zélé et si impartial ; et nous ne saurions mieux terminer cette préface que par ces vers inédits, oii l'un de ses contemporains, écrivain moins habile que lui, mais pénétré des mêmes sentiments, lui a rendu un solennel hommage :
Anestes-ToiiB devant ce <qrinetère.
Hommes vivans du monde en la misère; Considères que vault honneur mondain, Beaulté de corps, vie donlce ou austère, Puisque la mort, en jouant son mistère, Peult tout prendre si tost huy que demain. George suys sumonfmé Chastellain, Qui maint diUé ay ftût d*art oratoire : Si bien 7 a, à Dieu en soit la gloire! Xay fait mon temps : h torre , rends le corps, A mes amys, aToir de moy mémoire, Et rame à Dieu, juste et miséricors *.
> Bibl. imp. de Paris, f. fr. 1716, f« 9.