‹ Œuvres de Georges Chastellain (volume 3)Chapitre 26 sur 54 · A JEHAN CASTEL. U · texte numérisé non relu

A JEHAN CASTEL. U

Qae J'ayme autant que frères oa nepTeaz, Pour te monstrer signe de cœnr humain.

Que plnst à Dieu que sans taster de main, Je te touchasse, aujourd'huy intangible, Et de ton œil tu me visses demain Sans regarder, et je fosse invisible.

Ici se trouvent intercalées dans le ms. 2366, deux strophes qui ne sont pas de Jean Castel ;

Adonay des cieulx fabricquateur, Qni du monde gouverne la machine, Dont trois fois fut saint Pierre négateur Par la langue de Vordeuse meschine.

Face celluy des dos courbe ou d'eschine Ou au gibet trayner au chériot.

Qui trahison te pourchasse et machine, Comme Judas le traistre Scariot.

Escript par moy de Tuniversité Estudiant Castel en un collège, Dedans Paris où maint divers cité Larron se voit quand il est sacrilège Ou homicide ou commet sortilège; Là face fruict lequel a privilège.

Dont est pitié quant après il faut qu'on Porte souvent Varbre de Monfkulcon.

Le copiste du n« 2366 se nommait-il aussi Castel ? U est fort probable qu'il était, comme il le dit, étudiant dans un collège de Paris, et Tadjonction de ces deux strophes ne constitue qu'une farce d'écolier.

Voici la fin de la réponse de Jean Castel :

Plus tien que mien me répute castel Dont chastelain tu es, gardef et concierge.

Qui te voaldroye honneur faire en cas tel Qu'en gré Dieu Teust et la très-doulce Vierge; Car plus ardant que brandon, torche ou cierge. Mon désir est d*avoir ta congnoissance, N*aultre que toy en ce monde ne qulers-je.

Après mon Dieu et ceulx de ma naissance.

ÉPliSTftË

AU BON sue VmLiPFË DE MnseioN€i«fi'.

oooQooo

Lyon bandé de riche lyoison

D*or et d'asur, qui de lis reâamboye,

Non seulement en paroles foison ', *

Mais en splendeur d'extrême luison

Dont rœil s'esteint, qui regard y employé,

Tymbré au front d^xoellente monjoye,

Du noble cry, dont le haut ciel résonne :

Ycy entens à moy qui t'araisonne*.

Entends à moy, lyon de tréis vestûrës; Lyon fameuse, entens à moy, te prie ; Donne à ton sens ententives pointut^s Et k tes yeux soingneuses ouvertures.

Pour prendre en toy ee q^e ma bouche tÉCné.

Plus tt eti toy règnon et seignôurie

> Pabliée d'après te ms. 120 de la Bibl. Lanrentienne à Florence, collationné sur le ms. 9311 (ancien d887** La }S&Te), de la Bibl. imp. de Paris, sur le ma. ISS de la Bibl. roy . de La Haye et sur le ms. dl688 de la Bibl. roy. de Bruiéiles.

* Yar. : non en dlarté, non éniMreJbisoh.

* Toute cette première sthiphe offire une aUusion at^i armes de la maison de Boargogpae, qui étaient iandées d'or et d'azur, mais qui rappelaient aussi la royale origine de ceux qui les portaient, par les fleurs de lis dont elles étaient écartelées, ei i^ar le cri ". Monijoie-Saint-Denis!

Et de haut sang de royale origine, Et plus en doit raison y estre affine.

Les divins dons et les hauts faits louablôs, Dont en toy voy si extrême excellence, ITont fait mouvoir mes désirs charitables D*en faire icy aucuns recors notables , Servans en los à ta bénévolence ; Mais, regardant ta gloire et précellence.

En foible engin certes je me ravise, Car n'ay pouvoir, ne sens qui y suffise.

Mon œil regarde en ce que cœur admire ; Amour me trait là où peur me reboute ; Honneur m*astraint de parler et d*escrire Ce*dont le poids me condampne et retire, Et juge en moy de non y voir goutte ; De propre sens je me deffie et doubte Et suis en guerre ainsy en dedans moy, Pour contempler ' les hautesses de toy.

Donc et affin que Dieu premier ait gloire De toy, et toy que tu-mesmes y vises Sans toy bouter en vanité, j'espoire.

Ton corps produis et te mets en mémoire.

Dont tout le siècle en tient tant de devises. Où les clartés et splendeurs sont assises; Fftr plus, par moins, là voit-on qui esdaire, Bends gr&ce à Dieu : du plus je me veul taire.

Nature en toy a esté ententive D'y mettre estor et pouvoir et faveur; Ce qui s'en voit, n'est pas chose doubtive; Santév longs jours, vie consolative,

* P<mr eontenieff ms. de La Haye.

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