‹ Œuvres de Georges Chastellain (volume 3)Chapitre 27 sur 54 · AU DUC D£ BOURGONGNE. U · texte numérisé non relu

AU DUC D£ BOURGONGNE. U

T'en ont sieuvy en joyeuse saveur, Dont moy qui sçay que tu n'es réprouveur Vain, ne ingrat ayant grant bien reçu' , Je parle ainsy comme je Tay conçu.

Et posé or que tu-mesmes supposes Par grant vertu peu estre ta personne, Et à mes dits gaires tu ne reposes, Ains aigrement argues et proposes Le droit envers de ce que j'araisonne, Le bruit qui court toutesvoyes et qui sonne Parmy les aers touchant au firmament, Celuy en fait le certain jugement.

Grâces d'en haut te sont administrées , Mœurs et vertus en telle multitude Que s'en ton cœur ne sont enregistrées , Au moins les tient ce monde à si monstrées Que tu assers' à toy sa plénitude, Et va jugeant toute béatitude.

Tout divin don, estre infus en ton corps :

Ce sont d'autruy, non pas les miens recors.

Loy a en soy et veult que chacun prise Ce que peu est et de tarde advenue.

Et que de chose en coustume et apprise, Ne doit jamais merveille estre comprise, Ne cheoir grant part d'aucune survenue.

Donc, si j'ay bien ma leçon retenue.

Très-peu eschiet, et sy n'avient pas moult, Qu'estre un haut prince et bien compris en tout.

* iy%nii grant bien reçu^ ma. de Paris.

* Aperi, ms. de La Haye.

Souyent en u& ou en autre deffajll^t.

Posé qu'en, biens et substancee abondei\t.

S*ilfl sont puissans, ài vanité se baillentf

Et slls sont beaux, petit de bruits * en siuUent.

Leurs "noms, leurs temps, leurs régions confondent;

Très-peu en a, à qui toutes respondent

Gràoe et vertu, titre de ma matëre :

Donc, s*un en vient» c^est bien cas de misters.

Pépin le roy, prince chevalereux.

Plein de vertus et de notables fidts,

S'en Tun endroit, Dieu le fit valereux,

De Tautre lez le laissa dolereux

D*estre en la forme et petis et deffais. '

8y ne dy pas qu'il n*y ait des parfais

Princes beaucoup» et.des Pépins assez, i

Mais tout exquis ils sont clor entassés. I

Seul le reoort.d*Octavien Auguste De toy tout seul m'est figure et exemple.

Lequel, tout bel, tout vertueux, tout juste.

Tout sage et bon, tout vailknt et robuste, Mit tout 60 soy ce dont le monde exemple; Et tant avoit de giAce enmy son temple.

Et de hauts dons si trèa-plénière spnuue, Que plus sembloit divin que mo^ homme»

Fortune à luy se rendit toute serve :

Largue et prodigue en jtpute sa puisa^pcp».

Et luy submit en paix et en conserve, Le monde entier sans quelconque réservç, Ycj par sens^ et là pf^>.redoubtance»

Ses mœurs, ses yeux portoient Tattrayance

< FruUi, mss. de Floranoe, de BruxeUes et.d^P^r^.

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De tQu# ngaàj, de toné homaîn ctaragè; Guidant qn^4u^ eit^ divin' q«el^G>oiBbMigBi

Josne, il régna Ixaut et victorieilx, Tousjours donné à louaDle exêhsice^ Et viel yesq^i en. soin laborieux Pour trespasser pleine de joun glorieux Soubs le reoord d*aueun haut bénôfioe.

Yertua aimoit et d^rimoit le vice; Il quisthonnaur pour sa royal vesture:

Honneur ausiQr le mit en sépulture.

Et si le vtay m^est souffert maîntènif ; £n approuvant ma figuré certaiiië, A toy seul donc, j'ose bien soustenir Sur tous régnans devoir appartenir Geste excellent comparison hautaine; Et qu'il n'est prince en région longtaine, Ne d'aujourd'Huy, ne de longs jours ''devant, Qui tel titre ait, ne gloire si avant.

Si je mets haut làiâatè^ qUd'j'oefut^èV

Jà nul pourtant GôbtJte Tûcfy^ii^ a'ëâMefttté^^

Ge qu'il en est, la vue se descœuvre

Quel est Touvrier tet dé» qtlél'prife «)ti?crittV«!:

Il se perçoit par'ce qW Vaîfj\tt&&rèi

Non les hauts mots mâB lés -ttitS'dàiMLeiit'pMSttvB

De ce de quoyleMnoM&^lcf et'déïn^:

A hautaîA'iitit'siettt^glofietïse âiftè'.'

Où est celuy qM aujourd'hui s'appère A toy, haut tiès<g}orieux noble homme!

Qui est ton per en fortune prospère?

Ce ne fu p^s le-trave* de ton pi&re,

^ ^irwM,. trisaXeiU.) onlit : VoUam dans les m8B.'de La Haye et de

Ne roy régnant, ne empereur, ne promme.

Gaires nuls tels ne pront Troye, ne Rome, Fftr ses escrits, quant de tous me recorde :

Ce n'est pas gas, quant prouve s'y accorde.

Que diray- je des dons et des hauts offres Do ta riant longue amie fortune, Qui en ouvrant Fespargne de ses coffres.

Ta tant complu, que de bon droit tu offres.

Grâces à Dieu, plus qu autre soubs la lune, Par donnoison reçue non commune.

Mais singulière entre tous les régnans , Voire et sur tous tes hauts appartenans.

T'a présenté le royal déadème.

Le sacré sceptre impérial du monde.

Et mis trois fois oeste gloire suprême Devant tes yeux k grant prièro extrême Pour l'entier bien de la fabrique ronde.

Lors qu'en vertu de constance parfonde.

Pour amiror et faire gens confus , Content du tien, tu en fis le rofus'.

T'a donné gr&ce et vertu préférée Au siège samt des pasteurs de l'Église, Sus royal titre et majesté sacrée ', Non regardant personne, ne contrée. Fiant peut-estre en gloire vielle acquise.

Mais en mérite et vertu propre exquise.

Par mesmes toy et en propre vertu , Exempt sur tous , grftce t'a revestu.

* Fojfef , dans le t. VII, la Déclaration des hauts faits du due Philippe.

* Au concile de Mantoae, le duc de Clèves, envoyé du duc de Bourgogne, siégea au bano des rois. Bn une autre circonstance. Simon de Lalaing usa, en présence du pape, de privOéges résenfès à rempereur.

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