BRUXELLES
F. HEUSSNER, LIBBAIBE-âDITEUR»
i«, ?bM 8aiB(«-€idiU, 21, iMtafM di li Cnr.
Noos avons recneilli avec un grand soin ce que nous appellerons les œuvres diverses de Chastellain. La plupart de ces pièces, oh Von trouve un énergique écho des sentiments et des émotions du clironiqueur« offrent un | grand intérêt, et elles ne formeront pas moins de troi0 j volumes.
Nous indiquerons rapidement les compositions que nous publions avgourd'hui.
I. — Le mystère du Concile de Bask* Ce poëme, sans nom d'auteur, mais plein de rapports dans la forme aussi bien que dans le style avec les autres mystères de Chastellain, est sans doute Tun des plus anciens, car il paratt remonter à Tannée 1 432 ou 1 433 , et peut-être Chastellain était-il encore à TUniversité de, Louvain, quand il récrivit. Les allusions hispaniques y abondent, et Ton y remarquera sans doute les plaintes de la France sur la triste situation à laquelle elle se voyait réduite*
II. — Le Pas de ta mort. Chastellain y pleure la mort de sa dame. Ce poëme peut répandre quelque lumière sur la biographie de ses premières années. Ne confirmet-il pas ce que notre auteur nous apprend ailleurs qu'il déserta les écoles, quil s'enveloppa d'affections mondaines et que ce fut par de rudes épreuves qu*il fut ramené malgré lui aux enseignements de la foi et de la science ? Cet amour, si tristement rompu jpar la mort de l'objet aimé» n'aorait-il pas {H-écédé et n'expUquflraii^l pas sa retraite à ^Université de Louvain?
Ti INTRODUCTION.
Telle est Thypothèse qai noos semble la mieux jusUfiée; carie surnom d!aveniurier qu'on donne à Chastellain dans les vers qui précèdent le Pas de la mort dans le ms. de la Bibliothèque de TÂrsenal , indique un ouvrage composé pendant sa jeunesse. 11 existe néanmoins à la Bibliothèque impériale de Paris un ms. (n* 1 521 6) que nous avions remarqué autrefoiset dans lequel un examen plus attentif a fait retrouver, mais cette Ibis sans nom d auteur, le même poëme. On y lit, en regard du premier feuillet qui a été arraché : le Miroir de mort fait (sic) messire Philippe de Croy, conle de Chimay. Comment combler la lacune évidente de cette phrase? Fautr-il : fait par ou fait pour? Philippe de Croy ne gagnerait rien à revendiquer une des plus faibles compositions de Chastellain : il lui suffit d'avoir été ce vaillant et infatigable défenseur delà maison de Bourgogne, qu on appelait en son temps, disent les généalogistes, la Clochette du Hcànaut. Préférerait^on : fait pour ? Il y aurait à cette opinion de sérieux obstacles. Philippe de Croy ne devint comte de Chimay que peu avant la mort de Chastellain, et sa femme Walburge de Meurs vécut assez longtemps pour lui donner sept enfants, dont l'un fut le parrain de Charles-Quint. Rien n'explique donc ce que nous trouvons dans le manuscrit de Paris, à moins que l'on ne se borne à voir dans la phrase citée la simple mention d'une copie faite par l'ordre du comte de Chimay, et il faut laisser à Chastellain la pensée et lerhythmede cette longue élégie'.
■ Une grande partie de ce volume était imprimée quand j*ai découvert à Bruxelles un texte qui renferme deux cents vers de plus que celui de Paris. Il a fiillu recomposer tout ce poëme, et c^est ce qui
INTRODUCTION. tu
in. — LcuUri Jtamour\ Ici encore, il s'agit d'une dame dont la vie a été prématurément tranchée à l'aurore de la jeunesse, et le chevalier qui Taimait se décide à grand* peine à former un autre lien. La dame qui a cessé de vivre était issue de la maison de France : c est, si nous comprenons bien le poëte, à la cour du duc de Bourgogne que le chevalier rencontre une autre dame qui doit le consoler. Il serait difficile de retrouver les noms qui se cachent sous cette rhétorique assez confuse, et
explique comment des chifl^ sapplémentaireB ont, par salie d*uue impérieuse nécessité, été employés dans la pagination.
On lit dans Je ms. de TAnenal :
* Ce iraitU-^ p<mr enseiçnier Fit George V Aventurier, Afin que choieun ait remort De penser au pas de la mart^ Dittéen belle rhétorique Afin que chascun s'$ appliqua.
lA ms. de la Bibl. de Bourgogne ne renferme pas ces vers, mais il ae termine par ces quatre Ters qui manquent dans le ms. de Paris :
Bxplicit le Miroir de mort  glace obscure et ténébreuse, Là où on ToH chose doabtense St nature de desoonfort.
Enfin un manuscrit de la Bibliothèque impériale de Paris, mentionné plus haat, nous a oflért, au moment même où ce yolume s'achève, un troisième texte, mutilé au eommenoement, mais différant des deux autres par de nombreuses Tariantes dont nous avons été heureux de faire usage.
Ce po8me paratt avoir porté indifféremment pour titre : Le Pas de la mort ou là Miroir de mort : nous avons adopté le premier.
< Le texte incomplet d'après lequel VOuUré d'amour a été imprimé en 1758^ vient d'être retrouvé à Paris à la Bibliotiièque de Sainte- Genevière.
Tiif HITBQDDGTION.
Robertôt ne nous apprend rien de plus qaand il dit dans nne épttre à Chastellain :
Pois 4a9 (f amoat apiès en ftxt iatn, i'ouUr^ d'amour, ceint de mortel tissu, Long temps a, as de sa douleur angoste.
lY. — * Dicté trow>è fan U46 dans Phostet du roi de France» Oo comprend asdez aisément que l'auteur de ces vers ne se soit pas fait connaître ; mais leur origine rappelle d'assez près celle du n^'XI, et Chastellain se trouvait à cette époque en France.
V. — Bondel au duc ^Orléans. Une confrérie poétique s'était formée au sein de la cour modeste, mais élégante, qui entourait Charles d'Orléans, rentré, après un long e^il, dans ses domaines héréditaires. Ceux qui en faisaient partie se nommaient lee Amoureux de ï observance, par allusion à la réforme de X observance, introduite ^n Italie au xiv^ siècle dans Tordre des Frères Mineurs^ Charles d'Orléans prie dans un rondel Pierre de Brezé (il était aussi Fun des Amoureux de t observance) « de le bénir et de le confesser > , et il ajoute ailleurs :
Des amouTOox de rol nwva nea, Dont j*ay esté au tei^M passée A présent m*en trouve lassé Bu tout^ aîiion de souTSiDaiioB, Oà Je prem d'en parier plaiia&ee, QueAqfoe imi» de Yotâte eassé Des amoureux de robserranee; 'Dont f ay esté au temps passé. Souvent y ay porté penance Et si peu de biens amassé Que ^uand je seray trespassé, A mes lioirs lairray peu cbevance.
INTRODUCnON. »
YI. ^ Epiêlre au ray Charks VIL Cette épttre, offerte à Charles VU, comme le témoigne Robertet, fat compo-^ 8ée vers la fin de Tannée 1 450, après la délivrance de la Normandie*
YII. — EpUtre à Jehan CasUi* Castel que le manuscrit de Florence snmomme Aérin, tandis qne nous n'avons vu dans ce mot qu une épiihète poétique du Caatd élevé jusqu'aux cieux» Castel que Molinet appelle « le grand chroniqueur de France » , fut Fami de Cbastellain. Étaitil le fils d'Etienne Castel et de Christine de Pisan T Lacroix du Maine Taffirme ; mais un acte authentique publié par M. Quicherat démontre qu'il s'est trompé. Il paratt toutefois avoir acquis par ses propres travaux lestime de ses contemporains. Martin Franc le cite parmi les bons poètes de son temps ; en \ 461 , il succéda à Jean Chartier dans la charge de chroniqueur officiel, et en 4472, il devint abbé de ce monastère de 3aint- Maur« si célèbre dans les annales de Térudition. Peutêtre Castd, comme Chastellain^ croyait-il devoir la vérité aux princes, môme pendant leur vie : en effist, lorsque Castel mourut, Louis XI se fit apporter à Cléry les chroniques rédigées par Tabbé de Saint-Maur, qui étaient conservées dans on coffre fermé à doux clefe^ au trésor de SainWDenis.
VIII. — Efiètre au àon duc PhUippe de Baurytmgne» Cet éloge de Philippe le Bon ne marqueràit-il pas lépoque oh Cbastellain entra au service du duc de Bourgogne?
IX. — La Complainte dHeeior. Qu on n'oublie pas que les princes de l'Occident rattachaient leur origine aux colonies errantes dllion et que d^uis six siècles les