‹ Œuvres de Georges Chastellain (volume 3)Chapitre 4 sur 54 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

historiens, aussi bien que les poëtes, saluaient dans le» fils de Priam les glorieux ancêtres des races royafes ; il sera aisé de comprendre avec quelle faveur le souvenir d'Hector était accueilli à cette cour de Bourgogne oii Raoul Lefèvre écrivait les histoires de Troye. Dans ce poëme, Alexandre exhorte Hector à pardonner à Achille qui Ta fait périr par trahison. N'y aurait-il pas ici quelque allusion à la maison de Bourgogne se réconciliant avec Charles VII, seize ans après l'entrevue de Monterean? Ceci devient plus vraisemblable lorsqu'on voit n ailleurs Chastellain appeler le duc Philippe, k seowid Heo^.

X. "^Miroir des nobles hommes de France (ou des prin-ces et nobles de France). Cette pièce fut composée vers 4 457 : ici encore le poëte revendique le noble privilège de rappeler à la chevalerie des préceptes et des exemples qu'il ne lui est pas permis d'oublier.

XI. — - Les fardes (ou easclamaces) de trois puissants princes. Jacques Duclercq se borne à citer ces vers qui furent trouvés dans l'hôtel du duc de Bourgogne, à l'époque oh s'instruisait à Vendôme le procès criminel du duc d'Alençon, mais il n'en nomme pas l'auteur. Le ms. de Florence les attribue formellement à Chastellain.

XII. — Dit de vénïé. En donnant ce titre à ce poëme, nous avons cru exprimer la pensée de l'auteur qui, au risque d'exciter des haines redoutables, se croyait tenu de ne jamais cacher la vérité.

XIII. — Ecoposition sur vérité mal prise. Cet ouvrage, quelque développement qu'y ait reçu la partie métaphysique ou allégorique, renferme quelques précieuses

IimODDGTION. Il

données historiques. Chastellaia ne se contente pas de nous entretenir de ses études et de ses premiers travaux : il nous offre le témoignage de cette indépendance et de ce courage qui font Ihonneur des lettres et qui, dans tous les temps, eurent leurs dangers aussi bien que leur gloire.

XIV. — ilystère de la mortiie Charles VIL Ce poôme avait été publié par M. Jubinal d'après le ms. assez incorrect de la Haye. Le ms. de Florence nous a permis d'en améliora le texte : les noms propres notamment ont été rétablis avec soin.

Dans ce volume, la collation des mss. conservés en France, ea Italie, dans les PaysrBas, a offert des difficultés de plus en plus nombreuses. Nous ne saurions assez reconnaître combien ce travail nous a été rendu plus facile par Tobligeante érudition de M. Michelant à Paris, de M. Milanesi à Florence, de M. Campbell à ]a Haye.

n nous reste à expliquer pourquoi nous n'avons pas foit entrer dans ce volume deux ouvrages attribués à Chastellain dans Tintroduction quoAOUS avons jointe au tome I*': les NaUîbUs enseignements paternels et Y Instruction J^un jeune prince. L'autorité de Lacroix du Maine et de La Sema ne nous paraît point sufllsante, et bien que dans un ms. de la Bibliothèque de l'Arsenal à Paris, un de ces traités soit joint à un ouvrage de Chastellain, une lecture attentive ne nous a pas permis d'y reconnaître le style de notre auteur.

Rien ne nous autorise non plus à attribuer à Chastellain, ni Yab c de doctrine paternelle conservé à la Biblio-

thèque de Donay , ni la Dodrine du pire au fils, imprimée à Paris «ans date par Pierre Mareschal et Barnabe Ghans* sart, dont voici les première vers :

Moa enftint, ai tu Teim Mn Tim En ce monde honnestement, Retiens en ton entendement C6 qui eft en ee pettt Utts.

Nous ne doutons pas que le lecteur, à mesure que passeront sous ses yeux ces pages souvent éloquentes et toujours dictées par une pensée loyale et généreuse, n apprécie de plus en plus Tautorité d'un chroniqueur si zélé et si impartial ; et nous ne saurions mieux terminer cette préface que par ces vers inédits, oh Vun de ses contemporains, écrivain moins habile que lui, mais pénétié des mêmes sentiments, lui a rendu un solennel hommage :

Arrestes-Yous devant oe cymetôre.

Hommes viyans da monde en la misère ; Considérez qne vanlt honneur mondain, BesaUé ds eorpi,Tie doulee ouanstère, Puisque la mort, «n jouant son mistèeSt Peult tout prendre si tost huy que demain.

Geor^ suys surnommé Chastellaln, Qai mAixit4itiô ay fait d*art Deatoirs :

Si bien y a, à Dieu en soit la gloire I Xay fait mon temps : à terre , rends le corps, A. mes amys, «roir de moy mémoire, St TAme II IHea, Juste el xaisérlcois > .

^ Bibl. imp. de Paris, f. fr. 1716, ^ 9.

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