LB 8BIQNBUB DB GAUCOURT
J'ay en de Dieu le don de longue vie,* De long travail et de mainte aigre paine"; Mais qu'en cela grâce aye desservie.
Dieu seul congnoist que je m'y fie à paine.
Trop bien j'ay eu de bien faire l'envie.
Des bons sievir, d'entendre à vertu plaine; Mais quand raison m'y astraint et convie.
Si grftce y quiers, la folie m'est vaine.
J'ay porté foy & mon roy, à mon père ,
Preste main prompte , corps souple, à mon maistre ;
« Yta. devoir.
* Raoul de Gauooart, grand mattre de Franee, premier chambellan de Charles VII, gouverneur daDauphlné et baiUi d'Orléans. Après une carrière remplie d'aventareB, il avait atteint Tftge de quatre-vingt-cinq ans lorsqu^il reçut dans son hôtel les ambassadeurs du roi de Hongrie en 1456. Il assista la même année au procès de révision de la Puoelle.
■ Var. mùuU aigre.
us LA MORT
J*ay deffendu ma noumoe et ma mère, La noble France en qui j'ay pris mon esire.
Ne veut nature, et aussy ' zaÎBon dère.
Qu'à père et mère on doit preater sa dextre.
Et mesme aoy relever de misère?
Voir, qui y faîilti à honte puist-il naistre !
POTOM DB XADiTBJaLLBS '.
Dès que homme naist, subjet naist à trois choses, A prince, à terre et à loy de nature ; En ces trois points tiennent leurs fermes poses Tous points d'honneur et dliumaine droiture.
Moy donc, voyant le jardin de tes roses* Estre envay de grevance et d'injure.
Dès que fus né, je promys lermes closes Et d'en venger ma part de la laidure^.
Si donc j'ay fait quelque povre ezploitance Touchant service et paine corporelle, noble roy, ce ay fait en acquittance De mon debvoir, suyvant loy naturelle.
Lliomme entreprent, et Dieu donile prestance A qui poursuit en aigreur sa querelle ; Et tout fleurit et croit par habondanoe.
Là où sens règne en œuvre temporelle.
LA HYBB*.
Aimer droiture et Dieu, et honte craindre En tout haut cas estroit et difficile,
» Var. et West-ee,
s Jean dit Poton de XaintraiUes, maréchal de France, bailli de Berri; sénéchal du Limousin.
* Var. îê ékêmin de t$i ekos$».
^ Var. la pari de ma laidure.
• ÉUeane de Vlffnoles, dit La Hire. Il partagea «veo XainiralUes rhonneor d'être le héros le plus populaire de cette époque.
DU ROT CHiRLES Vn. 4i3
Ça fitit noble homçie à honneur parattaindre
Et à bienfaire estre duit et facile;
Lors donc, quand Toeil veut les périls estraindre
De mort, de feu, de plours en domicile.
Il n'y convient, à tout dire et riens faindre,
Que tost empiendre et fuir lopg oonoile.
Dieu aux bons cœurs donne les adventures, Et de sa main conduit leur entreprendre ; Et contre espoir souvent donne romptures Sur leur plus fort, et victoire en fait prendre. Je ne fus onc à molles nourritures, Aîns à tout aigre et criminel apprendre ; Donc, à Texemple à si faites natures «Tay fait mon cours, Dieu pardoint le mesprendre !
AHADOC DB VIeN0LB8^
Là où Dieu veut contourner la ' rosée.
Là croissent fruits et fleurit arbre et pomme ;
Mais sy voit-on povre terre arrosée
D*humbl0 vassal, si bieji que d'ui;! haut homme.
Tant qu'ay vescu, s'est ma force exposée
A prompt servir en estât' de preudhomme.
Par quoy, s'en ce m'est grâce disposée.
J'en loue Dieu tant qu'un César de son Bome.
De petit trou, grand sourgon ne peut ystre.
Ne grand effet, de petite personne.
Ne povre œuvrier ne peut grand œuvre tistre.
Ne sobre estât aux grans point ne consonne.
Porté néantmoins j'ay tonnoire et éclistre.
Et maint dangier en quoy mort se foisonne;
< AmadoodeVignoleséteitfrèradeLaHixe.
» Var. M.
* Var. emplop.
Roy, prens en gré, je Tay fait à bon titre :
Du fait Dieu doint que le ciel en résonne l
JBHAM DB BRBZi'.
De bon vouloir, j*ay assez qui m*appreuve Quel je ray eu enyers ta seigneurie.
Quand le travail de ma très-longue espreuve Te monstre au doy, dont Tœuvre est avérie.
Riens touteffoys je ne dy par répreuve, Car point n*y chiet cause de vanterle , Mais pour monstrer le cas oonune il se trouve : Tout œil Ta vu, ma vie y est périe.
Ne plains pourtant ma mort, ne ma ruyne, Mais que ta gloire y puist avoir essourse, Car cent' autre que je viens de Torine Qui hayt Angloys et volontiers les course*.
«Tay pourchassé leur mort et leur bruyne Tout mon vivant par emprinse et en course :
S'en gré le prend la miyesté divine, J*en suis plus der que de nul or en bourse.
l'amiral DB 00BnVT\
Le fondement de vraie amour rassise, C'est loyauté en estable courage.
Et là où maint telle noble franchise.
Là tient vertu volontiers son estage ';
I Jean de Brezé, seigneur de Loon, capitaine de Louviers, tué en^ 1442 dans un combat près d*Évreux. Il était frère de Pierre de Bresé.
* Seet? Sçait? • Course (anglais : to eurté), maudit.
« Prégent de CoStivy, seigneur de Bais, amiral de Franoe, tué d*un coup de canon en 1450 au siège de Cherbourg, « ce qoi fût, dit Jean « Cliartier, un fort grand dommage et notable perte pour le roy, car « il estoit un des vaillans chevaliers et renommés du ro^ranme de « Franoe. •
• Var. ancrage.