‹ Œuvres de Georges Chastellain (volume 4)Chapitre 22 sur 42 · LE LYON RAMPANT · texte numérisé non relu

LE LYON RAMPANT

Recongnoissez sans variations

Le cerf volant sur crouppe de montaigne.

(Bibl. imp. de Paris, 12788.) La troisième est anonyme :

Souffle, Ethna, du vouloir. Proserpine Et fais cesser au son de ta trompette L'ardent désir et la poignant espine Bu fier lyon qui, tant qu'il peut» s'apreste Faire térir celle qui tant allaite, Tient et nourrist d'estranges nations.

Ne cuide pas que par desrisions Ton fier lyon costoyant AUemaigne Puisse tousjours mettre en conclusions Lyon rampant en crouppe de montaigne.

Si le doux cerf de voulante bénigne Voulut jadis vers toy faire retraitte, Reproches-tu les biens de ta cuisine Que tu luy fis, en lièves-tu la creste Et penses-tu qu'il en eust eu souffrette? Nenny, nenny, ce sont abusions, Tes reproches te sont confusions ; Tu y as eu moins perte que de gaigne, Mais tu te tiens en tes opinions Lyon rampant en crouppe de montaigne.

Tu ne dois pas porter la serpentine, Langue poignant qui follement caquette, Vu que tu es yssu de la racine, Ainsi qu'on dit, de la noble fleurette Du noble lys, et s'il faut qu'on te mette Barre à ton huys, tu n'as nul des lyons Qui ose jà, si nous nous râlions, Passer le seuil, que mal ne luy en preigne, Et ne croy pas que jamais te dyons Lyon rampant en crouppe de montaigne.

(Mb. 1717 de la Bibl. imp. de Paris.)

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