TOM. TI
Que par ces fautes, Sainte-Église
Est aujourd'ui ainsi bas mise.
Elle a voulu k tous complaire»
Et par ainsi je n'ay pu faire
Mon office, par quoy languist
Paix, et chrestienté périt.
En général qui Tosast dire
Et quoy qu'en soit, en ont du pire
Aucuns pals, à part : c'est France
Et Boesme, qui sans doubtance
Ont grant besoin d'avoir secours.
On le crye cy tous les jours :
Plaise à Dieu qu'à temps en souviengne ;
Car s'il advient (que jà n'aviengne !)
Qu'en ces choses on ne pourvoye
Je ne voy point par quelque voye
Que homme revoise en sa maison
Honnestement, s'il a raison,
Et qu'il ait pu cy prouffiter.
PAIX
Si chascun se veut acquitter Comme vous, au moins comme il me semble Encor demourrons-nous ensemble Soubs l'Église nous deux et brief Il ne me chaura plus de grief Comme m'ait, ains je vous supplie ; Quelque chose que je vous die, Pardonnez-moy, ne vous desplaise.
COMCILB.
Chascun en dit bien à son aise.
Qui n'auroit vu nuls vents venter, De peu le vouldriez contenter.
Femmes dient ce qui leur plaist.
DBfiASLE. 35
Quant est de moy, il me desplaist Des maux qui courent, mais je tien Que tout sera pour notre bien A la fin et laissons Dieu faire.
Qui bien regarde saint Hylaire * En ces dits de la Trinité Au livre un, en vérité, L'Église reconforte fort, Quoy qu'elle endure en droit ou tort :
Hoc, inquit, proprium est eoduia, ut Tune tincat cum leditur, tune Intelligat cum arguitur, tune Ohtineat cum deseritur.
L'Église est de telle nature Que s'on la blesse, d'avanture.
Lors elle vaint, et s*en Targue, En mieux son entendement mue.
Et quant d'elle toute on ne tient Et c'en la laisse, lors obtient.
Ainsi le dit le saint preud'homme; Et pour tant si l'Église de Bome Et autre part en pluseurs lieux Souffre, je croy que c'est son mieux Que le dit saint Hylaire advise.
L'âGLISB.
C'est petit confort pour l'Église Si vous ne dites autre chose.
OONOILB.
Vous semble-il que je me repose?
n y a des gens hors et ens
> Saint Hilaire, érdque de Poitiers, a composé ua traité ea doiu&e livres sur la Trinité,
Qui sèment que depuis trois ans Et plus, le Concile n'a riens fait :
Qui considérast bien mon fait Et les destourbes que j'ai eus.
Tel en parle qui se fust tus.
Est-ce riens d'avoir fait venir Les Boesmes et convenir Tellement qu'au plaisir de Dieu, Ains que je parte de ce lieu.
Hérésie d'eux sera hors?
HÉnésiB.
Oyez par la foy de mon corps :
Pluseurs ont grant faim com notre oste ; Mais je croy qu'ils comptent sans l'oste, Me cuidans ainsi débouter.
Tout fut perdu, n'en faut doubter Par tous pays, pour abrégier ; Le peuple croit trop de légier, Mesmes en France', qui se vante Conques n issi de droite sente.
Tant que notre foy peut toucher Ne lui vueil riens reproucher; Elle a assez d'encombrement.
Et en fièvres dernièrement N'ay-je pas eu à luy herson *?
Du Pape, cel conclusion En concil telle ne fu faite.
Ce me semble, qui bien y guette.
Mais c'on avise la besogne
» Y a-Ml ici quelque allusion à Jeanne d'Arc? Cf. tome II, p. 203 et ]b Recolleetion des merveilles que nous publierons dans le tome VII. ' N*ai-je pas eu affaire à elle?
DE BÂSLE. 57
Sans fainte et sans quérir eslongne Et que chascun voit droite voie.
PAIX
Concile, vous me faites de joie Trèstous les esprits remuer; Dieu vous donist bien continuer !
A ce coup seray-je remise, Si Dieu plaist, par toute TÉglise, Dont je me doy bien resjouir; Mais plaise vous un mot oïr Que j'ai dessus le cœur, bel sire.
Nous ne cessasmes huy de dire Une chose que je ne puis Oublier, c'est que je ne suis En estât, sinon par justice, N'elle aussi sans moy, que son office Est tout réformer, sans esloingne.
Saint Augustin cecy tesmoigne Assez sur les mots que dits sont :
Justifia et Fax osculata sunt Dua 8unt arnica Justifia et Fax.
Tu forte unam vis et alteram Non/acis : non enim est Aomo Qui non vellet pacem, sed non Vellet operarijusticiam, Interroga Omnes homines : vispacem? uno Ore respondet tïbi genus humanuyn:
Opto, cupiOf amOy volo, amo Justitiam. Qua dua arnica sunt, Justifia et Fax osculantur. Si Amicampacis non amaveris, non Te amabif ipsa Fax^ nec vmient Ad te. Augustinus super psalmum
58 LE œNOLK
Octogenmum quartum.
Desquels dits en brief Tueil retraire Que nul ne me peut attraire S'il ne se laisse réformer :
Je le dy pour vous informer De mon pouvoir ; en vérité Pour ce ait de vous autorité Réformation sur chascun Ou Justice, ce m'est tout un, De rechief s'elle n'en a assez.
CONCILB.
Paix, pour néant, vous vous lassez^ De ce m'osé-je bien vanter.
Toutesfois, pour vous contenter Et d'elle donner cognoissanoe.
Sachez qu'elle a telle puissance, Je ne vueil qu'elle espargne homme^ Tant soit le saint père de Rome, Cardinal, patriarche, évesque, Abbé, prélat, clerc, n'arcevesque, Advocat, procureur, notaire.
Juge ou autres, et laissez braire.
Je vueil c'on réforme la court, Chascun en droit lui, bref et court,^ £t généralment tous estas Depuis le chef jusques au bas :
Autrement tout ne vaudroit rien.
l'églisb.
Sans faute, vous dites très-bien.
Par ce moyen r^;nera paix.
Qui est plus grant bien que jamais Homme en ce monde puisse avoir^
Chascun le peut assez savoir
Par ce que saint Augustin dit
En un lieu, et vecy son dit :
Taie bonum est banum pacU
Quaniam inL rébus ereatis
NichU graiiosius soîet audiri,
Nil delectabïlius concupisci, et
NicMl utilius possideri. SpirUus enim
Hwnanus tiunquam wnfleat membra,
Nisifuerint unica. Sic Spiritus Sanctus nunquam
Vitijicat eccUsia membra, nisifuerint
In pace unica. Augustinus de CivitaU Dei,
Le bien de paix est un tel bien
Qu'en ce monde mortel n*a rien
Plus gracieux, plus délitable,
N'a posséder plus proffitable ^
Et met une sollicitude
Que nul n'ygnore, s'il n'est rude;
Sicomme l'esperit humain
Ne vivifie pied, ne main,
N'autres membres, si bonnement
Ne sont luils : semblablement
Le Saint-Esprit qui fait vivre
L'Église, la laisse à délivre
Sans donner à ses membres vie
S'ils ne boutent d'eux hors envie
Et ayent paix eu unité
Par bonne amour et charité.
C'est en brief mon intention.
BéFOBMATION.
Parlera Béformation Un mot sur ce, ne vous déplaise.
Sans doubter, je seray bien aise Si paix par moy peut estre asseur
Et règne, mais j'ai trop grant peur
Par fausse paix ne vienne enjeu.
J'ay vu saint Bemart : çn un lieu
Met de fausse paix trois manières ;
Dit ainsi com je vi naguères
Faîsa paciê très sunt species :
Sdlicet pax astimata,
Fax Hgilîata et pax imperata ;
jEstimatur a nescientibus ; sigillatur
A non habentibus; imperatur a non tenentibus.
Ces trois paix sont : paix estimée
Et paix fainte et paix commandée.
La première ont simples qui oient
Parler de paix et de fait voient
Les grans aultrement à paix faire,
Et souvent advient le contraire.
L'autre paix qui est dite fainte,
Règne huy en compaignie mainte ;
Car pluseurs font de paix manière
Et ils tralssent par derrière.
L'autre paix ont les souverains
Qui mettent loys et font.
De telle paix, nous ga. . . .
Sy règnent-elles en
En siècle et en
PAIX
C'est bien.
Mais . . .
Se ... .
Par ... .
< Ici et dans d'autres parties du manuscrit quelques feuillets sont incomplets.
DE BASLE. à\
Hl^B^SIE.
Vous dites ce que bon vous semble.
Mais certes, vous n'aurez jamais Quoy con die, parfaite paix, Tant que deux points seront sur terre Qui souvent renouvellent guerre.
L'Église p|ièca Ta cy dit; Elle Ta pegché en un dit De Sénèque; aussi ai-je. De moy Je n'en disse rien, mais je voy Que chascun sy parle latin ; Je décliqueray un tatin *.
Quietissimam vitam agerent homines, iSi hac duo a natura omnium rerum Tollereniur, meum et tuum, Sbneoa^ In libro : mordlibus.
Si mien et tien fussent ostés, Paix pust régner de tous costés ; Mais je vous jure et vous afferme, Tant que durront, ne sera ferme.
Je le vous dy pour autruy.
CONCILB.
c'est yci à meshuy,
sans rien besongner,
eslongner.
PAIX
Commençons au plus nécessaire.
CONCILB.
Dieu nous doint en tout bien préfaire !
Nous avons des cas bien pesans.
Je frapperai un coup.
^2 L£ GONGLE
• K^FOEMATION.
Commençons au plus nécessaire :
Despèchons ceux qui sont présens.
BÉBÉaiS.
Je proteste que je me rens Devant tous sans aller plus loing Au cas qu*il en seroit besoing.
Je croy bien votre intention, Oyez-vous, Réformation?
Laissez-moy et despèchez France.
BéFOBlCATION.
As-tu peur de mener la dance, Qui ainsi brais à la volée?
Pièca, dussez estre brûlée.
Car tu ne fais que te moquer.
Si te voulsisses révoquer De bon cœur, tu eusses mercy.