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Non serf h nul, tout subjet se présente ; Grant emprès tous , tout humble se réputé ; Corps, biens, pays, pouvoir, vie présente, N'a riens de bien qn'k vous il ne consente Et pour servir vos hauteurs , ne députe ; Los, propre gloire il ignore et confute.
Et roide au monde , à vous tout seul se ploie : Quérez ailleurs qui si bien s'y emploie.
Lin.
Non pas pour tant que crainte à ce l'oblige, Ne qu'envers lui en ayez grand desserte,
» Var : Croy que icy, ms. de Florence.
> Var : Requerra^ ms. de Bruxelles.
De soy monstrer si entier, ne si lige, Sinon que propre il sTiumblie et corrige Par sa vertu en sa hauteur experte , Pour vous monstrer, par raison toute ouverte, Que sang, nature et raison sont en lui, Non pas orgueil , ne venin enfelli.
Son fons, son cœur, son intention toute.
Sont en Taspect de Dieu qui les regarde , Et sur iceux il se confie et boute.
Et ne vous craint, ne toute vostre route ; Car Dieu, espoir, le tiendra en sa garde.
Cœur net et bon n'a besoin qu'on le farde ; Mais qui l'a double, infect et vicieux, Là sont les nœux durs et suspicieux.
Vous n'avez fons, ny occasion nulle.
Fors seule envie, ardant, ensouffroiée.
Qui par le monde univers vous recule ,
Vos faits, vos dits, vos œuvres dampne et brûle.
Et vous acquiert triste famé ombroiée,
Dont, quand la sauce aurez toute broiéo,
Sy sauront bien tous ceux qui Tassaveurent,
Quels mixtions et espices y cueurent.
Vous imputez charge et blâme importables.
Dont à Dieu seul on remet les vengeances ; Et aggrevez par dits très-lamentables Celui du monde où plus a biens notables.
Plus de vertus et moins de reprouvances.
Et qui pour cent non millions de Frances,
Non pas pour Dieu, ne pour son paradis, Faire voudroit dont il fust enlaidis.
Tournez, virez, perquirez ses légendes, Le droit, Tenvers de sa vie honorée; Mais en fouillant ses fautes et amendes Retournez-vous sur vos propres kalendes.
Là dont lecture est assez proférée.
L'on vous dit bien : Ciel et terre ont durée ; Mais plus possible est demain tous deux rompre Que son haut cœur de mauvaisté corrompre.
LYin.
Ne tous vos clercs, ne toutes leurs contreuves, Ne tous les haulx engins qui vous soustiennent. Et fussent-ils plus abondans que fleuves, Plus infinis que les gouttes des pleuves , Et plus subtils que ceux qui d'enfer viennent, Si contre honneur et vérité ne tiennent, Faire apparoir eux tous ils ne sauroient, De quoy d'un grain sa gloire temiroient.
Mesmes le siècle et tout l'univers monde , Vous excepté, le tiennent à preud'homme.
Et n'a haut roy, ne prince autre en la ronde, Qui tout son temps ne Tait tenu la bonde Dont d'honneur vrai se trait la pure gomme.
Vous donc, hélas ! que le siècle tant nomme Haulx et fameux, et le juste aggravez !
! et pensez quel los propre y avez.
LE DIT DK YiRlTÉ. ^9
Lui mouvoir guerre, il vous est bien possible , Dont le pour&t gît célô* en fortune; Mais si la cause en est juste et loisible , Ne s'elle est moins à faire ou plus taisible, Cela sçait Dieu qui règne sur la lune. Mais soit ou claire ou noire ou toute brune, Quand vous viendrez pour sa hauteur confondre , Il est non roy, mais duc pour vous respondre.