‹ uvres de GilbertChapitre 29 sur 43 · A M. DORAT · texte numérisé non relu

A M. DORAT

Un jour, pour dissiper l'ombre de ma tristesse,

J'errais dans les détours de ces bois de lauriers,

Immortels ornements des coteaux du Permesse ;

Devant moi s'avançaient des poètes altiers,

Leurs pinceaux à la main , le lierre sur la tête :

Ce spectacle m'attire, et déjà je m'apprête

A porter plus avant mes pas audacieux ,

Quand un mortel frappe mes yeux.

La douce Volupté mollement étendue,

Près de lui sur des fleurs reposait demi-nue;

Et tandis qu'à l'écorce il confiait ses chants,

L'Amour, au doux sourire, aux yeux vifs et touchants,

La tête sur son corps indolemment penchée ,

Lui soufflait tous les feux dont il brûle les cœurs.

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