‹ uvres de GilbertChapitre 7 sur 43 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

Que j'aime ces bois solitaires !

Aux bois se plaisent les amants ; Les nymphes y sont moins sévères, Et les bergers plus éloquents.

Les gazons, l'ombre, le silence Inspirent les tendres aveux; L'Amour est aux bois sans défense , C'est aux bois qu'il fait des heureux.

0 vous, qui, pleurant sur vos chaînes, Sans espoir servez sous ses lois,

Pour attendrir vos inhumaines, Tâchez de les conduire aux bois.

Venez aux bois, beautés volages; Ici les amours sont discrets :

Vos sœurs visitent les ombrages , Les Grâces aiment les forêts.

Que ne puis-je, aimable Glycère, M'y perdre avec vous quelquefois !

Avec la beauté qu'on préfère Il est si doux d'aller aux bois !

Un jour j'y rencontrai Thémire, Belle comme un printemps heureux ; Ou son amant, ou le Zéphyre Avait dénoué ses cheveux.

Je ne sais point quel doux mystère Ce galant désordre annonçait ; Mais Lycas suivait la bergère, Et la bergère rougissait.

Doucement je l'entendis même Dire au berger, plus d'une fois :

0 mon bonheur î ô toi que j'aime !

Allons toujours ensemble aux bois.

DIDON A ENEE

Page 1