ACTE I, SCENE IV. ii
Et qu'il soit des malheurs où vous êtes heureux.
V OR CE STB E.
Heureux ! que dites-vous? apparence trop vajine ! Le bonheur est-il fait pour le rang qui m'enchàîn."? Vous ne pénétrez point les sombn s profondeurs Des maux qui sont cachés sous l'éclat des grandeurs. Quel accablant fardeau ! toutprévoir, toutcouduuc , Entouré d'envieux unis pour tout détruire, Responsable du sort et des événements , Des misères du peuple, et des brigues des grands; Réunir seul enlin , par nn triste avantage , Tous les soins , tous les maux que l'empire parîage : Yoilà le joug brillant auquel je suis lié; Sort toujours déplorable et tonjours envié! C'est peu que les périls , l'esclavage , et la peine Que dans tous les états le ministère entraine : .lugez quels nouveaux soins exigent mes devoirs , Ministre d'un empire où régnent deux pouvoirs , Où je dois, nnissant le trône et la patrie, Sauver la liberté, se.-vir la monarchie, Affermir l'un par i'autr?, et former le lien D'un peuple toujours libre, et d'un roi citoyen. Ma fortune est un poids que chaque jour aggrave : Maître et juge de tout , de tout ou est esclave ; Et régir des mortels le destin inconstant jN'est que le triste droit d'apprendre à chaque instant Leurs méprisables vœux, leurs peines dévorantes, Leurs vices trop réels, leurs vertus apparentes, Et de voir de plus, près l'affreuse vérité Du néant des grandeurs et de l'humanité. Mais le roi vient. Allez, consolez Eugénie : Vous verrez par mes soins votre peine adoucie.