ACTE II, SCENE ï. i
Point chassés, mais priés de ae pkis revenir. Ci )inment n'airaez-vons pas un commerce plus s table? Avec tout votre esprit, et pouvant être aimable , INe prétendez-vous donc qu'au triste amusement De vous faire haïr universellement?
OLÉON.
Cela m'est fort égal : on me craint , ou m'estime ;
C'est tout ce que je veux ; et je tiens pour maxime
Que la plate iimitié, dont on fait tant de cas,
Ne vaut pas les plaisirs des gens qu'on n'aime pas :
Etre cité, mêlé daus toutes les querelles,
Les plaintes, les rapports, les histoires nouvelles,
Etre craint à la fois et désiré par-tout ,
Voilà ma destinée et mon unique goût.
Quant aux amis, crois-moi, ce vain nom qu'on se
donne Se prend chez tout le monde, et n'est vrai chez per
sonne ; J'en ai mille , et pas un. Veux-tu que limité An petit cercle obseur d'une société, J'aille m' ensevelir dans quelque coterie? Je \nis où l'on me plaîl , je pars quand on m'ennuie . Je m'établis ailleurs, rue moquant an surplus Dîne haï des gens chez qui je ne vais plus: C'est ainsi qu'en ce lien, si La chance varie, Je compte planter là toute la compagnie.
FB O NT I N.
Cela vous plaît à dire, et ne m'arrange pas : De voir toul l'univers vous pouvez faire cas : Mais je suis las, monsieur, <lc oette vie errante: Toujours visages neufs, cela m'impatiente; On ne peut , grâce > vous, conserver un ami ,
» )n est tantôt au nord , cl tantôt au midi : Quand je vous crois logé , j'y compte , je me lia Aux femmes de madame, et je Fais lent partie , .''ose même avancer que je vous lais nonneui
i36 LE MECHANT.
l'oint du tout , on vous chasse , et votre serviteur. Je ne puis plus souffrir cette humeur vagabonde, Et vous ferez tout seul le voyage du inonde. Moi, j'aime ici, j'y reste.