‹ uvres de GressetChapitre 118 sur 215 · ACTE II, SCENE III. i >, i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III. i >, i

Et pour me ramener ne négligeant plus rien , Vous le verrez linir par m'assnrer son bien. An reste \ous savez pourquoi je le désire.

c l É o îf .

Vous connoissez aussi le motif qui m'inspire, Madame : ce n'est point du bien que je prétends , Et mon goût seul pour vous fait mes engagements. Des amants du commun j'ignore le langage, Et jamais la fadeur ne fut à mon usage ; Mais je vous le redis tout naturellement , Votre genre d'esprit me plaît infiniment ; Et je ne sais que vous avec qui j'aie envie De penser, de causer, et de passer ma vie ; C'est un goût décidé.

FLÛBISE.

Puis-je m'en assurer ?

Et loin de tout ici pourrez-vous demeurer? Je ne sais, répandu , fêté comme vous l'êtes , Je vois plus d'un obstacle au projet que vous faites: Peut-être votre goût vous a séduit d'abord; Mais tout Paris...

et É ON.

Paris ! il m'ennuie à la mort.

Et je ne vous fais pas un fort grand sacrifice En m'éloignant d'un monde à qui je rends justice; Tout ce qu'on est forcé d'y voir et d'endurer Passe bien l'agrément qu'on peul j rencontrer; Trouver à chaque pas des gens Ln6up] ortables, Des flatteurs, des valets, des plaisants détestables , Des jeunes gens d'un ton, d'une stupidité!... Des femmes d'un caprice, el d'une fausseté.'... Des prétendus esprits souffrir la suffisance, Et la grosse gaieté de L'épaisse opulent e , Tant de petits talents <>u je n'ai pas de foi ; Des réputations on ne sait pas pourquoi ; Des protégés si bas ! des protecteurs si bêtes...

i?2 LE MÉCHANT.

Des ouvrages vantés qui n'ont ni pieds ni têtes ;

Faire des soupers fins où l'on périt d'ennui ;

Veiller par air, enfin se tuer pour autrui ;

Franchement , des plaisirs , des biens de cette sorte ,

Ne font pas, quand on pense, une chaîne bien forte:

Et, pour vous parler vrai, je trouve plus sensé

Un homme sans projets dans- sa terre fixé,

Qui n'est ni complaisant , ni valet de personne ,

Que tous ces gens brillants qu'on mange, qu'où frip-

poune, Qui, pour vivre à Paris avec l'air d'être heureux , Au fond n'y sont pas moins ennuyés qu'ennuyeux.

FIORISÏ,

J'en reconnois grand nombre à ce portrait fidèle.

CLÉ ON

Paris me fait pitié, lorsque je me rappelle Tant d'illustres faquins, d'insectes freluquets...

FLOKISE.

Votre estime, je crois, n'a pas fait plus de frais Pour les femmes?

CLÉ O N

Pour vous je n'ai point de mystères , Et vous verrez ma liste avec les caractères : .J'aime l'ordre, et je garde une collection Des lettres dont je puis faire une édition. Vous ne vous doutiez pas qu'on put avoir Lesbie ; Vous verrez de sa prose. Il me vient une envie Qui peut nous rejouir dans ces lieux écartés , Et désoler là-bas bien des sociétés ; Je suis tenté, parbleu, d'écrire mes mémoires; J'ai des traits merveilleux, mille bonnes histoires Qu'on veut cacher...

FLO RI SE

Cela sera délicieux.

CtÉON.

J'y ferai de* portraits qui sauterout aux yens.

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