‹ uvres de GressetChapitre 117 sur 215 · ACTE II, SCENE III. i3g · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III. i3g

Il faudra, ce me semble, un peu de signature De voire part; ainsi tout dépendra de vous : Refusez de signer, grondez, et boudez-nous ; Car, pour me conserver toute sa confiance, Je serai contre vous moi-même en sa présence, Et je me fàcherois, s'il en étoit besoin : Mais nous l'emporterons sans prendre tout ce soin. Il m'est venu d'ailleurs une assez bonne idée , Et dont , faute de mieux , vous pourrez être aidée... Mais non; car ce seroit un moyen unpeu fort : J'aime trop à vous voir vivre de bon accord.

FLORISE

Oh ! vous me le direz. Quel scrupule est le vôtre ? Quoi ! ne pensons-nous pas tout baut l'un devant

l'autre?

Vous savez que mon goût tient plus à vous qu'à lui ; Et que vos seuls conseils sont ma règle aujourd'bui . Vous êtes bonnète homme , et j e n'a i point à era i ml re Que vous proposiez rien dont je puisse me plaindre ; Ainsi , confiez-moi tout ce qui peut servir A combattre Géronte, ainsi qu'à nous unir.

CL EON

Au fond je n'y vois pas de quoi faire un mystère... Et c'est ce que de vous mérite votre frère. Vous m'avez dit, je crois, que jamais mu lesbieus On n'avoit éclairci ni vos droits ni Les siens, Et que, vous assurant d'avoir son héritage, Vous aviez au hasard réglé votre partage : Vous savez à quel point il déteste un procès, Et qu'il donne Cbloé pour acbeter la paix : Cela fait contre lui la plus belle matière, Des biens à répéter, des partages à faire , Vous voyez que voilà de quoi Le met tic aux champs En lui faisant prévoir un procès de dix ans : S'il va donc s'obstiner, malgré vos répugnances, A l'établissement qui rompt nos espérances,

i/,o LE MECHANT.

Partons d'ici, plaidez; une assignation Détruira le projet de la donation:

Il ne peut pas souffrir d'être seul; vous partie , On ne me verra plus lui tenir compagnie ; Et quant à vos procès, ou vous les gagnerez , Ou vous plaiderez tant que vous l'achèverez.

FLÛ8ISE.

Contre les préjugés dont votre ame est exempte La mienne , par malheur , n'est pas aussi puissante , Et je vous avouerai mon imbécillité :

le n' ii ois pas sans peine à cette extrémité, fl m'a toujours aimée, et j'aimois à lui plaire; El soit cette habitude, ou quelque autre obi m.', .le ne puis me résoudre à le désespérer: Mais votre idée au moins sur lui peat opérer; Dites-lui qu'avec vous, paroissant fort aigrie, J'ai parlé de procès, de biens, de hronillerie, De départ; et qu'enfin , s'il me poussoit ,i bout , Vous avez entrevu que je suis prête à tout.

CLÉnx.

S'il s'obstine pourtant, quoi qu'on lui puisse dire... Ou pourroit consulter pour le faire interdire, Ne le laisser jouir que d'une pension:

Mon procureur fera cette expédition ; C'est un homme admirahle , et qui , par son adresse , Auroit fait enfermer les sept sages de Grèce, S'il eût plaidé contre eux. S'il est quelque moyen De vous faire passer ses droits et tout son hien , L'affaire est immanquable, il ne faut qu'une Lettre De moi.

FIORISE.

Non , différez.... Te crains de me commetl n ■ Dites-lui seulement, s'il ne veut point céder, Que je suis, malgré vous, résolue ;i plaidei . De l'humeur dont il est, je crois être bien Que sans mon agrément il craindra de conclure ;

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