ACTE I, SCENE VI. ii
Un peuple libre et vrai vous parle par ma voix, la guerre fut long-temps un malheur nécessaire : L'Ecosse étoit pour vous un trône héréditaire ; Les droits que votre aieul sur elle avoit acquis Exigeoient que par vous ce bien fut reconquis : Vous y régnez enfin : mais pour finir la guerre Dont ce peuple , indocile au joug de l'Angleterre , Nous fatigue toujours , quoique toujours vaincu , Vous savez à quels soins l'état s'est attendu ; Vous avez consenti d'unir par lhyraénée L'héritière d'Ecosse à votre destinée, Sûr que ce peuple altier adoptera vos lois En voyant près de vous la lille de ses rois. Je sais que ce royaume , affoibli par ses pertes, Compte peu de vengeurs dans ses plaiues désertes; Tout retrace à leurs yeux vos exploits, leur devoir, L'image de leur joug et de votre pouvoir : IVlais, armant tôt on tard ses haines intestines, L'Ecosse peut encor sortir de ses ruines , Surprendre ses vainqueurs, rétablir son destin ; Un bras inattendu porte un coup plus certain. Jamais dans ces climais on n'est tranquille esclave , Et pour la liberté le plus timide est brave. Tous leurs chefs ont péri; mais en de tels complots Le premier téméraire est un chef, un héros. Sous l'astre dominant de cette destinée Qui tient à vos drapeaux la victoire enchaînée On craint peu, je le sais, leurs efforts superfins ; Leur révolte est pour vous un triomphe de plus : Mais le plus beau triomphe est un honneur funeste. La victoire toujours fut un fléau céleste ; Et tous les rois au ciel, qui les laisse régner, Sont comptables du sang qu'ils peuvent épargner. Remplissez donc, seigneur, l'espoir de l'Angleterre. Vos essais éclatants ont appris à la terre Que vous pouviez prétendre au nom de conquérant :
if> £DOUA,RD III.
Passez U* héros mèm • : an roi juste est plus grand.
ius d'obtt uir ce respectable titre :
Parlez, donnez la paix, dont vous «'tes l'arbitre ;
I t pour i-ii resseï rer l<^ durables Lu
Que vos ambassade m s aux champs norvégiens i- '.\ \ es dès demain demandent la pcincease. C'est l'espoir de l'étal . et c'est votre promesse.
Edouard.
Qn die image à mon cœur venez-vous retracer? Quelb.ymen.iIN ■ il n'y faut plus penser.
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Seigneur, que dites-vous? quelle triste nouvelle !... Mais non. .i la vertu votre grand çceui îidele. Se respectant lui-même en ses engagements, Ne démentira point ses premiers sentiments. Votre parole auguste an trône appelle Al/.oucle ; La parole deà rois est l'oracle clu monde. D'ailleurs .vous le savez, la patrie a parlé ; Confirmé par La voix de l'étal assemblé, Votre choix par ce frein devient inviolable : D'affreux dangers suivroient un changeineaJ semblable.
Ce peuple ep sa fureur ne connoît plus ses rois Dès qu'ils ont méconnn l'autorité des lois : Le troue est eu ces lieux an bord d'un précipice,
II tombe quand pour base il u'a plus de justice : Il si mon zèle ardent pour votre sûreté M'autorise à parler avec sincérité, Contemplez les malheurs des jours de nos ancAtres ; Leurs v ertus sont nos lois , leurs malheurs sont nos
maîtres.
Je dis plus ; au-dessus des timides détours , J'ose \ ■us rappeler 1 exemple de nos jours: Nous, avons vu , seigneur, tomber ce diadème ; Du trône descendu, votre père lui-même Avant ses jours a vu sou règne terminé :