‹ uvres de GressetChapitre 15 sur 215 · ACTE I, SCENE VI. ig · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VI. ig

VORCESTRE.

L'orgueil n'aveugle point ceux que l'honneur éclairé, Et je suis citoyen avant que d'être père. Mon saug seroit en vain par le sceptre illustré Si moi-même à mes yeux j'étois déshonoré ; Ces titres de l'orgueil, les rangs, les diadèmes, Idoles des humains, ne sont rien par eux-mêmes : Ce n'est point dans des noms que réside l'honneur, Et nos devoirs remplis font seuls notre grandeur. Mais de vos sentiments je conuois la noblesse ; Maitre devons, seigneur, vainqueur d'une foiblesse, Vous n'immolerez point vos premières vertus, Et la paix, et la gloire, et peut-être encore plus. Oui , j e crains tout pour vous ; vieilli sur ces rivages , .l'en connois les écueils , j'en ai vu les naufrages. La plus foible étincelle embrase ce climat, Et rien dans ces moments n'est sacré que l'état. Qui vous en diroit moins dans ce pi-ril extrême Trahiroit la patrie , et l'honneur, et vous-même.

Votre zèle m'est cher; mais un injuste effroi Vous fait porter trop loin vos alarmes pour moi. Elevé dans la paix, nourri dans des maximes Dont le préjugé seul fait des droits légitimes, Vous pensez qu'y souscrire et régner faiblement Est l'unique chemin pour régner sûrement ; Mais des maîtres du monde et des âmes guerrières Le ciel étend pins loin l'espoir et les lumières ; Et , courounant nos faits, il apprend aux états Qu'un vainqueur fait les lois, et qu'il n'en reçoitpas. Par quel ordre en effet faut-il que je me lie Aux exemples des temps qui précèdent ma vie ; Qu'esclave du passé, souverain sans pouvoir, Dans les erreurs des morts je lise mon devoir. Et que d'un pas tremblaut je choisisse nirs guides Dans ee peuple oublié de monarques timides,

ao EDO l'A RD III.

Qu'on a vus, l'un de l'antre imitateurs bornés,

Obéir sur le t rcme, esclaves couronnés

^ ons savez mes desseins . c'est i vous d'y répondre.

On m'apprend qu'Ëngénieesl p êteà quitter Londre:

Qu'elle ri ste en ces lieux. Vous-même en cet instant

Allez lui déclarer qne le trône L'attend :

liez-vous à mon sort, à qnelqne renommée,

Ou, s'il le faut enfin . an pouvoir d'une année,

De la force des lois qne ma voix prescrira,

lit du soin d'y ranger qui les méconnoitra.

VORCESTRE.

Vous voulez accabler un peuple magnanime; Voua voyez devant vous la première victime: Oui, de mes vrais devoirs instruit et convaincu , S'il laul les violer . prononcez, j'ai vécu. .1, connois Eog< nie, et j'ose attendre d'elle Qu'à tous mes sentiments elle sera fidèle : Elle n'a pour ai ux rjuc (le vrais citoyens , Des droits de la patrie inflexibles soutiens: Et Le si eptre s ss yeux sei i d'un moindre lustre Qu'un refus bonorable, ou qu'un trépas illustre : Mais m , i rompant mes soins , ma fille ol>< - Si , changé jusque-là, sou cœur se trahissoit... Eu exil éternel...

Arrêtez, téméraire; Exécutez mon ordre , on craignez ma colère. Quant aux soins de l'état , je saurai commander ; Et je n'ai plus ici d'avis à demander.

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