ACTE V, SCENE IV
Sans me cacher ; je veux qu'il sache que c'est moi : Un rapport clandestin n'est pas d'un honnête
homme ; Quand j'accuse quelqu'un , je le dois, et me nomme.
Non ; si vous m'en croyez , laissez-moi tout le soin De l'éloigner de nous sans éclat, sans témoin. Quelque peine que j'aie à soutenir sa v ne . Je veux l'entretenir, et dans cette entrevue Je vais lui faire entendre intelligiblement Qu'il est de trop ici: tout autre arrangement Ne réussiroit pas sur l'esprit de mon frère ; Cléon plus que jamais a le don de lui plaire ; Ils ne se quittent plus, et Géronte prétend Qu il doit à ja prudence un service important. Enfin, vous le voyez, vous avez eu beau dire Qu'on sonpçonnoit Cléon d'une affreuse satire , Géronte ne croit rien: mil doute, nul soupçon N'a nu faire snr lui la moindre impression... Mais ils viennent, je crois : sortons, je vais attendre Que Cléon soit tout seul.