A R I S TE
Méprisez-le à jamais , vous ne le craindrez pas. Voulez- vous avec lui vous abaisser à feindre? Vous l'honoreriez trop en paroissant le craindre ; Osez l'apprécier: tous ces gens redoutés, Fameux par les propos et par les faussetés, Vus de près ne sont rien ; et toute cette espèce N'a de force sur nous que par notre foiblesse. Des femmes sans esprit, sans grâces, sans pudeur , Des hommes décriés , sans talents , saus honneur , Verront donc à jamais leurs noirceurs impunies , Nous tiendront dans la crainte à force d'infamies. Et se feront un nom 8'une méchanceté Sans qui l'on n'eût pas sn qu'ils avoient existé ! Non ; il faut s'épargner tout égard , toute feinte ; Les braver sans foiblesse , et les nommer sans crainte. Tôt ou tard la vertu , les grâces , les talents , Sont vainqueurs des jaloux , et vengés des méchants.
FLO R IS E
Mais songez qu'il peut nuire à toute ma famille , Qu'il va tenir sur moi , sur Géronte et ma fille , Les plus affreux discours...
AKISTf.
Qu'il parle mal ou bien ; Il est déshonoré, ses discours ne sont rien ; Il vient de couronner l'histoire de sa vie : Je vais mettre le comble à son ignominie En écrivant par-tout les détails odieux De la division qu'il semoit en ces lieux: Autant qu'il faut de soins , d'égards , et de prudence Pour ne point accuser l'honneur et linnocence, Autant il faut d'ardeur, d'inflexibilité Pour déférer un traître à la société; Et l'intérêt commun veut qu'on se réunisse Ponr flétrir un méchant, pour en faire justice, .l'instruirai l'univers de sa mauvaise foi