ADIEUX AUX JESUITES
A M. L'A BBÉ PARQUET.
Li a prophétie est accomplie , Cher abbé, je reviens à toi ; La métamorphose esl finie, Et mes jours enfin sont à moi.
Victime, tu le sais, d'un âge où l'on s'ignore . Porté du berceau sur l'autel , Je m'entendois ,'i peine encore 5
Quand j'y vins bcgayei rengagement cruel...
2a4 ADIEUX
Nos goûts font nos destins : l'astre de ma naissance
Fnt la paisible liberté ; Pouvois-j e en fuir l 'attrait ? Né pour l'indépendance , Devois-je plus long-temps souffrir la violence
D'une lente captivité?
C'en est fait ; à mon sort ma raison me ramené : Mais, ami, t'avouerai-je un tendre sentiment, Que ton cœur généreux reconnoitra sans peine? Oui, même en la brisant, j'ai regretté ma chaîne, Et je ne me suis vu libre qu'en soupirant. Je dois tous mes regrets aux sages que je quitte ; .l'en perds avec douleur l'entretien vertueux ; Et, si dans leurs foyers désormais je n'habite,
Mon cœur me survit auprès d eux ; Car ne les crois pas tels que la main de l'Envie
Les peint à des yeux prévenus ; Si tu ne les connois que sur ce qu'eu publie i La ténébreuse Calomnie ,
Us te sont encore inconnus.
Lis, et vois de leurs mœurs des traits plus ingénus. Qu'il m'est doux de pouvoir leur rendre un témoignage Dont l'intérêt, la crainte , et l'espoir , sont exclus !
A leur sort le mien ne tient plus ; L'impartialité va tracer leur image.
Oui, j'ai vu des mortels, j'en dois ici l'aveu ,
Trop combattus , connus trop peu ; J'ai vu des esprits vrais, des cœurs incorruptibles , "Voués à la patrie, à leurs rois , à leur Dieu ,
A leurs propres maux insensibles , Prodigues de leurs jours, tendres, parfaits amis,
Et souvent bienfaiteurs paisibles
De leurs plus fougueux ennemis; Trop estimés enfin pour être moins hais. Que d'autres s'exhalant,i 'ans leur bai ne ittseasée ,
En reproches injurieux ,