EXPOSÉS A L'ACADÉMIE
Le peintre de la Volupté , Et Nattier, l'élevé des Grâces, Et le peintre de la Beauté.
Quel présage pour Polymnie !
La gloire des dieux du pinceau A la reine de l'harmonie Annonce un triomphe nouveau.
Après les exploits de Rellone, Sous le règne du dernier Mars , La même main guidoit au trône Les Racines et les Mignards.
Vous donc, et l'aine et le Mécène Des progrès d'un art fortuné , Ouvrez des Muses de la Seine Le sanctuaire abandonné; Des amants de la poésie Qu'on y dépose les travaux, Et que , sans Lasse jalousie , Admirateurs de leurs rivaux, Ils y partagent l'ambrosie.
Par de réciproques secours Augmentant leur clarté féconde, Les astre- éclairent le monde * Sans se combattre dans leur cours.
Grébillon des royaumes sombres (i) Nous peindra les plaintives ombres, Et les célèbres malheureux ; Voltaire du tendre Elysée (2) Peindra les mânes généreux ; Et, descendu de l'Empyrée, Rousseau viendra peindre les dieux (3).
Quelques favoris de Thalie Sauront avec légèreté
(1) La tragédie, (a) Le poème épique. (5) L'ode
aaS SUR LES TABLEAUX.
Crayonner l'Erreur, la Folie (i), L'histoire de l'humanité.
Des Heurs , un myrte , une bergère , Seront les jeux de mes crayons; Ou, si Calliope m'éclaire Et m'échauffe de ses rayons , .l'offrirai l'image chérie D'un ministre à qui la patrie , Dans ses combats et ses succès , Dut l'abondance, l'industrie, Et l'éclat des jours de la paix ; Et qui , protecteur du génie , Va , dans le silence de Mars , Rendre les beaux arts à la vie , Et rendre Colbert aux beaux arts.
Ut rtictura poesis erit. Horat.
A M. L'ABBE DE CIIAUVELIA
io mars i
.on cher prieur, c'est le mot nécessaire, Car en ce jour , content du prieuré , Je n'aurai nullement affaire Da chanoine ni de l'abbé :
Cette rime est un peu légère, Mais enfin que voulez-vous faire ?
Après deux mois de diète entière Tout Apollon est bien tombé.
Cette parenthèse conclue, Voulez-vous bien , la présente reçue , Vous qui pouvez donner la loi
(i) La comédie.
A H. L'ABBE DE CHAU VELIN, ii
Par l'autorité priorale
Dans vos états du Grand-l-'resnoy , Envoyer le cordon et la lettre fatale
Pour six perdrix de bon aloi
Dont le tombeau sera cbez moi?
Si quelque lièvre et quelques prives, Ennuyés de la vie et d'un triste pavs ,
Veulent jusques aux sombres rives
Accompagner les six perdrix ,
Ordonnez qu'il leur soit permis
De s'enterrer à leurs obsèques ,
Ainsi que le faisoieut jadis
Les esclaves, les pédisseques,
Des reines persanes et grecques
Dont on alloit brûler les corps ,
Et qui, se dévouant aux Gammes,
De compagnie avec leurs dames
Kaisoieat Le voyage des mort. s.
Cependant de la bienfaisance
Observez le solide effet:
Votre don durera moins que sa récompense ; Vous jouirez encor de la reconnoissance
Quand j'aurai manu'é le bienfait...
Que de mots pour un rien ! style île nos ancêtres. Rien n'est plus dangereux que l'exemple îles maîtres : In babil séduisant les entraine à 1 écart ;
Vingt- juatre ebants pour nous apprendre
Qu'une incoque fut en cendre !
Douze autres ebants , d'une autre part ,
i'our conduire un saint geutilboiuine
De la Sicile dont il pu i
A. la Grenouillère de Home :
Les exemples des grands entraînent les petits:
Combien de vers? quarante-six ; Pourquoi? pour demander un lièvre et six perdrix.
a3o VERS A M. VAL LIER.