‹ uvres de GressetChapitre 202 sur 215 · A L'ACADEMIE · texte numérisé non relu

A L'ACADEMIE

cours de la confiance , tous les conseils du goût , tous les jugements de l'impartialité; ne voit point un ennemi dans nn concurrent; applaudit tout liaut aux vrais succès, sans se réserver à les déprimer tout bas; et ne cherche que le bien, le progrès , et l'embellissement des arts. Voilà, messieurs, l'esprit respectable qui vous anime ; voilà les lois et l'appui , ainsi que les premiers fondements de J.académie francoise. En ouvrant ses annales, monuments de la vertu ainsi que de la gloire littéraire , on voit avec un sentiment de plaisir qui n'échappe point aux âmes généreuses, on voit , dis-je, que l'amitié éclaira la naissance de l'académie. C'est sur une société choisie de sages qui s'aimoient et s'instruisoieut réciproquement que le cardinal de Richelieu , ce vaste et profond génie à qui rien u'échappoit de tous les movens d'illustrer un empire, conçut le plan de cet établissement si honorable à sa mémoire , et si utile aux lettres et à la France.

A ce spectacle , messieurs, au souvenir de votre origine, frappé de tout l'éclat de ce moment illustre, le premier d'une carrière immortelle, je me piaindrois de l'insnfnsance de l'art à rendre en ce jour d'aussi brillantes images, et sur-tout à peindre dignement les traits des deux premiers protecteurs de l'académie , si leur juste éloge ne venoit de vous être tracé en ce moment par un homme né pour parler des hommes d'état, pour leur ressembler, pour leur appartenir par les taleuts comme par la naissance, et né également pour appartenir aux lettres et aux arts par un goût héréditaire.

Assez d'autres, en rendant hommage à l'académie dans un jour semblable , ont vanté plus heureusement que je ne pourrois faite sa fondation,, ses accroissements, ses ouvrages immortels, et ses autres attributs: pour moi, messieurs , si l'honneur

.:.• vons appartenir me donne quelque droit de \ as rendre compte de moi-même , j'avouerai que . toujours indigné des inimitiés basses et dis divisions indécentes dont L'empire des lettres est quelquefois agité . |" ii' I ré de vénéiation pour les exemples contraires pie présente l'académie . j'ai cru ne pouvoir miens satisfaire an tribut public que je lui dois qu'en m'étcndant à faire remarquer et respecter cet le beureuse amitié, j)artie sans doute de vos fastes . puisqu'elle est l'bistoire de la vertu , et que la vertu . dans l'ordre du bonheur public . marcbe avant les talents. .

Cette union qui, en assurant vos progn- . présageoil toute votre gloire , attira plus particulier i émeut sur vous l'attention du souverain. L"i:i> \l \ aux noms sublimes de conquérant et de monarque voulqt joindre le titie de votre protecteur, ht «pii peut douter que le sentiment généreux «le la confiance, et ce concours de forces et de clartés toujours réunies par l'amour de l'intérêt commua, n'aient heureusement contribu aux progr « pari iruliers de tant de grands hommes qui ont illustré Le dernier règne et la nati »n, et porte à un si haut degré de splendeur L'éloquence et la poésie-, ainsi ijue la pureté . l'énergie . et l'élégance de la langue Fran< Oise . devenue par eux la langue de l'Europe? Différents dans Leurs genres, nuis placés dans la même cai riere, rivaux sans division, concurrents dignes de s'estimer, simples et modestes, pareequ'ils étoient vraiment grands, les Corneille, les Bossuet, le.s Racine, les Fénélon, les La Fontaine, les Despréànx , les Flécbier, les Labruyere , lurent toajours Les exemples de, ce caractère d'égalins et d'union qu'ils vous ont transmis. Pourrois-je ne point leur associer dans cet éloge leur contemporain, leur ami . leur rival , que uous avons la douceur

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