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de voir ici, cet homme adoré de leur siècle et du nôtre, modèle comme eux d'une vie rendue constamment heureuse par la raison, les grâces, et la vertu; d'une vie qui ne peut être trop longue au gré de nos désirs et pour notre gloire?
Que ces hommes divins, qui ont éclairé le siècle que je viens de louer en les nommant , servent plutôt à l'émulation qu'au découragement du nôtre, et que tous ceux qui cultivent les lettres apprennent , messieurs, par Ls exemples qu'ils ont reçus de vous , et qu'ils en recevront toujours , qu'il est dans tous les temps de nouveaux lauriers.
Pour nous élever au grand , dans quelque genre qne ce soit, ne partons point de l'humiliant préjugé que nous sommes désormais réduits au seul partage d'imiter, et au foible mérite de ressembler : les progrès de la raison, des talents et du goût , loin de marquer les bornes de l'art aux yeux des âmes supérieures , ne sont pour elles que dé r -uveaux degrés d'où elles osent s'élancer. Des astres ignorés , un nouveau monde inconnu à l'antijuité, n'auroient point été découverts dans les ùeux siècles qui précèdent le nôtre si cette courageuse émulation n'avoit tracé la route. Par quel asservissement désespérerions-nous de voir éclore de nouveaux prodiges de l'esprii humain, de nouveaux ge.uvs de beautés et de plaisirs, de nouvelles créations ? Le génie connoit-il des bo'rnes? atteadrionsn jus moins de son empire illimité que des combinaisons de la matière, qui, toute bornée qu'elle est par son essence, est si riche , si inépuisable dans les formes qui la varient successivement ? D'autres hommes ont vécu : nous qui les remplaçons , qui ne marchons que sur des ruines , ne voyons- non s pas le spectacle de l'univers toujours nouveau au milieu même des ruines qui le couvrent? Les dé-
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couvertes inespérées, les événements Les pins imprévus , les objets les pins Frappants, sont -il s refusés à nos regards? De nos jour-, nne ville entière du nouvean monde vient de rlisparohre dans la profondeur des mers , nulle trace ne laisse soupçonner qu'elle Mil existé; une autre ville de noire hémisphère, cachée aux regards du soleil depuis dix-sept siècles, sort de son tombeau, revient i la lumière , nous offre ses monuments ; et, nom rappeler des traits plus intéressants, nos jours n'ontils pas vu l'heureuse expérience aller aux extrémités de la terre, interroger la nature, et dévoiler des mystères ignorés des antres siècles? Si après nne anssi longue durée de ce globe que nous habitons la nouveauté peut encore régner sur les êtres matériels, maigre leurs limites, quelle étendue, Cpuelle supériorité de puissance n'a-t-elle pas encore sur les productions, l'essor et les succès de la raison et de l'esprit . sur-tout dans la carrière immense de cet art créateur qui sait franchir les barrières du monde ?
Les esprits frivoles et superficiels désavoueront mon espérance , les esprits foibles et timides ne s'élèveront pas jusqu'à elle ; c'est au génie qu'appartient le droit d'accepter l'augure et l'honnenr de le justifier.
Quelle époque plus favorable pour former cet heureux présage , qui m'est bien moins suggère par le téméraire espoir de le remplir que par iu< in amour pour les arts , et par ceux qui m'écontent . et le temps ou je parle ? quelle plus vaste et pins brillante carrière pour l'histoire, l'éloquence, et la poésie , qu'un règne qui leur offre tant de gloire et de grandeur a immortaliser?
Que pourrois-je ajouter, messieurs, i la force et à la vérité des traits sous lesquels on vient de nous
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offrir L'image de votre auguste protecteur? vous y avez admiré la valeur et la victoire unies à la modération et à l'amour de la paix ; la royauté parée de tous les caractères qui font le père de la patrie ; l'humanité enfin avec tous les titres du .sage et de l'hora me adoré. Après ce tableau si ressemblant , où ma (oiblesse n'auroit pu s'élever, qu'il me soit seulement permis . pour l'honneur des beaux arts , de rappeler et d'éterniser ici les bienfaits dont le Sophocle de notre âge vient d'être honoré.
Puissent nos travaux immortaliser les sentiments d'admiration , de respect et d'amour dont nous sommes pénétrés pour notre monarque auguste ! La postérité célébrera comme nous ses vertus ; et dans les siècles suivants tous ceux qui, dans un jour semblable , rendront ici comme moi leur premier hommage à l'académie , en qgpimant f-es protecteurs , s'arrêteront avec complaisance sur l'éloge d'un souverain qui n'aura jamais été loué que par la vérité.
A ré venu de tout temps, messieurs, contre le style du panégyrique, je ne prêterois point aujourd'hui ma voix à des louanges si ce n'étoit en faveur d'un art au-dessus des louanges mêmes ; art brillant , art consacré dans tous les âges par l'amour de tous les peuples ; art suhlime par qui la terre s'entretient toujours avec les cieux, et paie encore aux immortels le tribut de ses hommages. A ces traits de lumière qui peut méconnoître l'harmonie ? Vos
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goûts réunis pour elle feront plus ici (jue n" pourraient faire tous ces mensonge brillants / core du nom d'éloquence. La réflexion suit volontiers la pente on le sentiment la mené, et toujours l'esprit souscrit rapidement ao i trite de ce que Je cœur adore. .le ne viens point prouver qoe la rausiqoe doit plaire . c'est une de ces vérités cl.- la nature dont chacun porte l.i preuve écrite dans son aine. je ne viens point expliquer comme elle plaît . c'est un tic ces pli isirs intimes dont il faut jouir avec transport sans analyser froidement ses causes: je veux: seulement développer, d'abord la dignité de
l'harmonie aux veux de ceux qui la chérissent pai
instinct sans avoir réfléchi sur son pri v ; je v. u\ ensuite démontrer les noinbr u ^ avantages de cette science t ceux qui ne la croient que riant vde, fortifier le goût dlftes amateurs , loi Lier ses adversaires , a'ven peut être; foilà m ;i projet. La noblesse de l'barm inic , l'ntiUté de !■'■■'■ monie; c'est sous ces deu\ i.lees que je vais réunit et ranger tous ses attributs et touti - clamations emphatiques, métaphores ampoulées, fastueuses hyperboles , dispa
tés et les dieux du pédantisme ; la vérité sera ma seule éloquence. Heureux un ait dout l'histoire est l'éloge '.